ENVIRONNEMENT. BASSINS VERSANTS
307
(3) Provocation, comme réaction de défense du poisson, d'une sécrétion
de mucus sur le corps et surtout sur les branchies, sécrétion d’autant plus
abondante que la turbidité est plus forte. Si la forte turbidité n’est que passagère, cas des crues naturelles momentanées, la réaction de défense sauve
le poisson. La couverture mucus-vase, dont le corps et surtout les branchies
se sont recouverts, s’en va, par filaments, et le mucus protecteur se régénère
à dose normale. Si la forte turbidité se maintient, les branchies sont colmatées, et le poisson meurt par asphyxie. Ce dernier phénomène se trouve grandement amplifié si une pollution chimique se superpose à la pollution mécanique (9. 021).
C’est en se basant sur ces considérations précises, qu’après avoir étudié
un grand nombre de rivières, Ellis (1944) arriva à formuler les précisions
suivantes relatives aux espèces d’eau chaude des cours d’eau américains :
Toutes les particules solides introduites par l’homme, d’une dureté supérieure ou égale à l’unité (x), doivent être pulvérisées de façon à passer dans
une soie à bluter de mille mailles au pouce, et diluées de façon que la turbidité
résultante ne réduise pas à moins de cinq mètres la pénétration du millionième d’intensité lumineuse (1 2). La quantité de particules en suspension
doit encore être telle que la rivière puisse les entraîner, et éviter ainsi que le
fond ne s’en tapisse sur plus de six millimètres d’épaisseur.
(1) Unité standard des Services minéralogiques. En gros les minéraux ont une dureté supérieure à l’unité. Les produits organiques (matières fécales, résidus de conserveries, pulpes de
betteraves, pâtes à papier, etc.) ont en général une dureté inférieure à l’unité.
(2) Ellis mesure ici la turbidité par la méthode précise photoélectrique, en prenant comme
unité le niveau du millionième d’intensité, c’est-à-dire la profondeur à laquelle la lumière arrive
avec une intensité égale au millionième de son intensité à la surface de l’eau (Elus, 1934 ;
Welch, 1948). Les mesures peuvent être exécutées de façon pratique avec le « comparateur » de
WEEKs’et CuANDLER (1945).
Les particules de matières d’une dureté inférieure à l’unité (matières
organiques) posent un problème différent. Si elles sont suffisamment diluées
pour ne pas compromettre les exigences du poisson relatives à l’oxygène,
au pli, et à l’ammoniaque, elles disparaîtront rapidement, se transformant
en nitrates, nitrites, et phosphates, et augmenteront ainsi la capacité biogénique du cours d’eau. De grandes dilutions sont toutefois nécessaires pour
que ces déversements puissent être inscrits à l'actif et non au passif de la
rivière.
Les sciures de bois et pulpes de celluloses de toutes sortes ne devraient
jamais être déversées en rivière, vu la lenteur de leur décomposition, la
consommation d’oxygène qu’elles provoquent, et les complications bactériennes qu’elles entraînent.
Ces données (relatives aux rivières américaines peuplées d’espèces d’eaux
chaudes), sont insuffisantes pour chiffrer les dommages causés par une
pollution. Elles ont cependant l’avantage d’en permettre une estimation
approximative de façon pratique.
307
(3) Provocation, comme réaction de défense du poisson, d'une sécrétion
de mucus sur le corps et surtout sur les branchies, sécrétion d’autant plus
abondante que la turbidité est plus forte. Si la forte turbidité n’est que passagère, cas des crues naturelles momentanées, la réaction de défense sauve
le poisson. La couverture mucus-vase, dont le corps et surtout les branchies
se sont recouverts, s’en va, par filaments, et le mucus protecteur se régénère
à dose normale. Si la forte turbidité se maintient, les branchies sont colmatées, et le poisson meurt par asphyxie. Ce dernier phénomène se trouve grandement amplifié si une pollution chimique se superpose à la pollution mécanique (9. 021).
C’est en se basant sur ces considérations précises, qu’après avoir étudié
un grand nombre de rivières, Ellis (1944) arriva à formuler les précisions
suivantes relatives aux espèces d’eau chaude des cours d’eau américains :
Toutes les particules solides introduites par l’homme, d’une dureté supérieure ou égale à l’unité (x), doivent être pulvérisées de façon à passer dans
une soie à bluter de mille mailles au pouce, et diluées de façon que la turbidité
résultante ne réduise pas à moins de cinq mètres la pénétration du millionième d’intensité lumineuse (1 2). La quantité de particules en suspension
doit encore être telle que la rivière puisse les entraîner, et éviter ainsi que le
fond ne s’en tapisse sur plus de six millimètres d’épaisseur.
(1) Unité standard des Services minéralogiques. En gros les minéraux ont une dureté supérieure à l’unité. Les produits organiques (matières fécales, résidus de conserveries, pulpes de
betteraves, pâtes à papier, etc.) ont en général une dureté inférieure à l’unité.
(2) Ellis mesure ici la turbidité par la méthode précise photoélectrique, en prenant comme
unité le niveau du millionième d’intensité, c’est-à-dire la profondeur à laquelle la lumière arrive
avec une intensité égale au millionième de son intensité à la surface de l’eau (Elus, 1934 ;
Welch, 1948). Les mesures peuvent être exécutées de façon pratique avec le « comparateur » de
WEEKs’et CuANDLER (1945).
Les particules de matières d’une dureté inférieure à l’unité (matières
organiques) posent un problème différent. Si elles sont suffisamment diluées
pour ne pas compromettre les exigences du poisson relatives à l’oxygène,
au pli, et à l’ammoniaque, elles disparaîtront rapidement, se transformant
en nitrates, nitrites, et phosphates, et augmenteront ainsi la capacité biogénique du cours d’eau. De grandes dilutions sont toutefois nécessaires pour
que ces déversements puissent être inscrits à l'actif et non au passif de la
rivière.
Les sciures de bois et pulpes de celluloses de toutes sortes ne devraient
jamais être déversées en rivière, vu la lenteur de leur décomposition, la
consommation d’oxygène qu’elles provoquent, et les complications bactériennes qu’elles entraînent.
Ces données (relatives aux rivières américaines peuplées d’espèces d’eaux
chaudes), sont insuffisantes pour chiffrer les dommages causés par une
pollution. Elles ont cependant l’avantage d’en permettre une estimation
approximative de façon pratique.
