ENVIRONNEMENT. BASSINS VERSANTS
295
par une étude d’un ensemble d’espèces, en analysant leurs associations d’après
le système des « saprobies » de Kolkwitz (1908, 1950). Le long d'une rivière
sujette à une importante pollution organique, on peut, dans un système,
identifier cinq zones de «saprobies », caractérisées par les réactions de leurs
micro-organismes vis-à-vis des produits de putréfaction des matières organiques.
En amont du point de pollution existe une zone non polluée, ou zone
des oligosaprobies. La teneur en oxygène est voisine de la saturation. La
teneur en azote est inférieure à 1 ppm. Les petits organismes animaux sont
représentés par des gammares, des planaires, des hydracariens, des daphnies,
des larves d’insectes, éphéméroptères, perlides. etc. Les algues dont l’identification relève d’un spécialiste sont des Ghlorophycées ou des Rhodophycées.
La zone des polysaprobies, zone de pollution maximum, apparaît à l'aval
du point de déversement des eaux résiduaires organiques, souvent à une
certaine distance seulement de celui-ci, une fois seulement que les phénomènes
de putréfaction ont eu le temps de se faire pleinement sentir. Cette zone est
caractérisée par une eau riche en matières organiques, dépourvue d’oxygène,
et où se forment du gaz carbonique, de l’hydrogène sulfuré et du sulfure de
fer. Les associations végétales caractéristiques sont essentiellement constituées par des bactéries et des champignons. Dans les zones plus ou moins
stagnantes, les bactéries sulfuraires, Beggiatoa et Thiothrir, sont facilement
reconnaissables par le voile blanc plus ou moins épais qu’elles forment sur
un fond de vase noir. Dans les parties courantes, la bactérie Spkaerotilus et
le champignon Leptomitus forment des touffes, ou « queues d’agneau », blanchâtres, roses ou quelquefois brunâtres, par suite d’incrustation de fer. Ces
touffes se fixent sur les plantes aquatiques, les branches, les pieux, les murs,
etc., et flottent dans le sens du courant, en attendant que ce dernier les
entraîne et dépose, tout ou partie de leur masse gélatineuse, sur les filets et
engins des pêcheurs. Outre des flagellés et des infusoires, les associations
animales sont essentiellement constituées par des vers rouges ou Tubijei,
des larves de chironomes, auxquels s’ajoutent des sangsues, l’isopode Asellus
aquaticus, des mollusques, et des larves d’insectes telles que Sialis luteria. Il
y a plusieurs centaines de milliers de bactéries par centimètre cube.
Plus à l’aval, on distingue la zone des mésosaprobies a. Elle contient des
matières organiques déjà transformées en acides aminés, sels ammoniacaux et
nitrites, et une plus forte dose d’oxygène. Les associations animales sont
toujours constituées de Tubifex et de larves de chironomes. auxquels s'ajoutent
des sangsues, l’isopode Asellus aqualicus, des mollusques, et des larves d'insectes telles que Sialis lutaria. Il y a encore plusieurs centaines de milliers
de bactéries par centimètre cube.
Dans la zone des mésosaprobies 3 qui lui succède, les composés ammoniacaux sont presque tous transformés en nitrites et nitrates. Les associations
animales comprennent les mêmes organismes que dans la zone précédente,
Précédent

- 322/752

Suivant