PÊCHES CONTINENTALES
grâce à leur chlorophylle, se constituent directement à partir des sels minéraux existant dans l'eau et dans la vase. Corps et cadavres des organismes
réintroduire dans un cycle sans fin. Les produits de déchet de tous ces organismes s’accumulent et s’incorporent plus ou moins à l’habitat dont ils
provoquent le vieillissement comme en physiologie végétale ou animale
(5.66 — 7.0 — 7.4).
A l’instar des sécrétions endocrines en physiologie, certains produits
de déchets ont en outre une action spécifique sur la physiologie de certains
organismes et reçoivent pour cela depuis peu le nom d’ectocrines (5.66).
Au total le complexe « habitat + communauté » correspondant à notre lac,
que les écologistes baptisent écosystème (2.0), peut être considéré comme
un superorganisme vivant (6.0).
Nos actions de pèche opèrent des prélèvements sur ce superorganisme.
N’entraînant aucune mutilation, ces prélèvements peuvent être comparés
à des prises de sang. Dans un organisme animal, ces saignées, lorsqu’elles
sont modérées, sont rapidement compensées par les organes générateurs
des éléments du sang. Ceux-ci ont en effet une potentialité de production
suffisamment excédentaire pour faire face d’une part aux besoins normaux
de remplacement des cellules âgées, d'autre part aux accidents, aux pertes
de sang qui ne dépassent pas une certaine ampleur.
Dans le superorganisme pêcherie, les captures raisonnables de poissons
ou d'autres organismes aquatiques sont également rapidement compensées.
Ces derniers disposent eux aussi d’une potentialité de reproduction suffisamment excédentaire pour faire face d’une part aux besoins normaux de
remplacement des sujets décédés de mort naturelle, d’autre part aux accidents (mortalités par pêche entre autres), pourvu que ceux-ci ne soient
pas exagérés. Si les pertes accidentelles dépassent la capacité de régénération en réserve, appelée résilience (2.5), le superorganisme pêcherie fait une
anémie nécessitant un repos plus ou moins complet (restriction ou suppression de l'action de pêche : 11.0), voire une transfusion de sang (repeuplement : 10.0).
Le problème posé par cette saignée se complique du fait que les pêcheurs
font des prélèvements sélectifs de tel ou tel organisme, de telle ou telle
taille, au lieu de faire un prélèvement représentatif de l’ensemble des organismes vivant dans la pêcherie. Cette sélection risque de perturber la physiologie de la pêcherie, en opérant des prélèvements ne respectant pas les
proportions de ses divers constituants.
En fait, outre les fonctions relatives à chacun des individus des populations qu elle renferme, une pèche continentale, tout comme un véritable
organisme, possède ses fonctions propres de respiration, d’assimilation, de
circulation et d excrétion. I ont comme un véritable organisme, elle naît,
se développe, puis vieillit et meurt (chap. 7).
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