ORGANISATION SOCIALE. COMMl'NMTÉ
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6.2. ÉTUDE D’UNE COMMUNAUTÉ
6.20. Concept et définitions relatifs aux communautés
Nous avons déjà défini la communauté comme l’ensemble des populations végétales et animales peuplant un habitat déterminé ; le complexe
« habitat -j- communauté » constituant l’écosystème (2.0 — 6.0).
Essayons de voir ce qu’implique cette définition brutale, résultat d’une
observation statique d’un ensemble éminemment dynamique.
En fait plantes et animaux vivant dans tout habitat naturel forment
un complexe dans lequel chaque individu trouve pour le moins l’essentiel de
ses besoins vitaux. La présence, sinon de tous, tout au moins d’un bon nombre des organismes est nécessaire pour que les autres trouvent eux-mêmes
les conditions favorables à leur existence. Bien que des antagonismes existent
assurément entre certaines espèces, il n’en reste pas moins que toutes celles
qui font effectivement partie de ce complexe s’en sont accommodées. Les
phénomènes de mutuelle tolérance et d’interactions bénéfiques (5.65 — 5.66)
entre espèces ont fait de leur complexe une entité vivante que l’on peut
jusqu’à un certain point considérer comme un «superorganisme » (6.0).
C’est ce complexe de végétaux et d’animaux adaptés les uns aux autres
et avec l’habitat qu’ils occupent que l’on nomme communauté ou en termes
plus précis biocénose (Cléments et Shelforo, 1939; Odum, 1953;
Clarke, 1954) en souvenir du terme biocenosis que Mobii s proposait ainsi
en 1880 :
«Chaque banc d’huîtres est ainsi, jusqu'à un certain point, une communauté d’êtres vivants, une collection d’espèces et un rassemblement d’individus, qui trouvent tous les éléments nécessaires à leur croissance et à
leur reproduction, tels que sol convenable, nourriture suffisante, salure adéquate et température favorable à leur développement.
« La science ne possède jusqu’à présent aucun terme pour désigner une
telle communauté d’êtres vivants ; aucun terme pour désigner une communauté dont l’ensemble des espèces et des individus, mutuellement limités
et sélectionnés par les conditions externes de vie, s’est maintenu de générations en générations dans un habitat bien défini, .le propose le terme de
biocenosis pour une telle communauté. »
Ce que Môbius ne prévoyait pas, c’est qu'avec les années le terme général
de communauté prendrait également, au sens étroit, la même signification
que le terme spécifique de biocenosis, devenu biocénose, qu’il proposait.
Par ailleurs, lorsqu’il existe, un habitat réellement typique d’une biocénose
déterminée reçoit le nom de biotope.
Un étang, un lac, constituent un excellent exemple d'écosystème, ses
composants, habitat inorganique et communauté organique, étant bien
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