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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
quent au maximum de productivité, ne se trouve pas très éloignée du maximum île température compatible avec la vie de l’espèce.
A cette notion de Verworn se rattache fort bien l’hypothèse de Rubner
selon laquelle, à l’intérieur d’une espèce déterminée, la durée de la vie varie
en raison inverse de l’activité du métabolisme, c’est-à-dire finalement du
taux de croissance. A la limite méridionale de leur aire de répartition, où
ils ont une croissance rapide, surtout pendant leur jeunesse en eau douce,
les saumons atlantiques ne dépassent guère six à sept ans (un, deux ou
trois ans d’eau douce au maximum et trois à quatre ans de mer). En Norvège,
les mêmes saumons arrivent à douze ans (quatre à cinq ans d’eau douce
et six et sept ans de mer). Notions et hypothèses en parfaite concordance
avec les expériences de Mc Cay (1935) qui, sur des rats et sur des ombles
de fontaine, mirent en évidence le fait qu’une croissance rapide était incompatible avec la longévité. Outre la rapidité de croissance de la première jeunesse, l’un des phénomènes prépondérants en la circonstance semble être
le plus ou moins de précocité de la maturation sexuelle. On sait en effet
que chez les mammifères la maturation sexuelle arrête pratiquement la croissance, et que chez les poissons qui ne s’arrêtent jamais de grandir, elle la
ralentit considérablement. C’est un fait qu’en général les espèces d’eaux
froides sont plus grandes que les espèces voisines d’eaux chaudes, mais il
ne s’ensuit pas que la productivité des eaux froides soit plus grande.
De ces considérations à la notion d’une température optimum pour
chaque espèce il n’y a qu’un pas qui ne saurait cependant être franchi et
cela pour diverses raisons.
Une telle température optimum correspondrait en principe au maximum
des activités vitales ; or, dans une même espèce, le maximum des diverses
activités vitales correspond à des températures différentes, et pour la même
activité vitale le maximum correspond également à des températures différentes au cours des diverses étapes du cycle biologique de cette espèce.
C’est ainsi que si une température de 8 °C correspond à peu près à l’optimum de développement des œufs de truites, leur optimum de croissance
semble voisin de 16 °C, tout au moins pour les espèces américaines.
I ne température, même optimum, si elle est constante, risque d’être
préjudiciable à la rusticité de l’espèce. Siielford (1929) et Parker (1930),
entre autres, ont mis en évidence l’importance écologique considérable des
variations de température sur la croissance et la rusticité. Avec Odum(1953)
il faut retenir « que l’on ignore encore si c’est la variation de température
qui est bénéfique ou si la pointe supérieure de température cause plus de bien
que la pointe inférieure ne fait de mal». De toute façon l’action stimulante
des variations de température, au moins dans les régions tempérées, peut
être retenue comme un principe écologique fondamental ; principe qu’il
faut d autant moins négliger que l’on a presque toujours eu tendance à
poursuivre les études de laboratoire à température constante.
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