PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
de taille d’autant plus grande que le climat est plus froid, ce qui diminue
la valeur de leur rapport « surface/poids » et facilite leur défense contre le
froid. La loi d’Allen précise de son côté que l’importance relative des extrémités (oreilles en particulier) est, dans un même groupe, très grande dans
les espèces méridionales (facilitant ainsi la lutte contre le chaud par évaporation), et réduite dans les régions nordiques (facilitant ainsi la défense
contre le froid).
Bien que ces lois soient sans objet, dans leur principe, pour les organismes
aquatiques à sang froid, certaines analogies curieuses peuvent être signalées
dans le cycle saisonnier des métamorphoses de petits invertébrés aquatiques
tels les cladocères. Selon Coker (1939) ces différences morphologiques
seraient la conséquence des variations provoquées par la température sur
Fig. 5.6. — Cycle des variations morphologiques dans les cladocères montrant
la réduction des extrémités dans les formes hivernales.
(Avec la permission de Coker « Slreams, Lakes and Ponds », 1939,
Univ. N. C. Press.)
la viscosité et la « portance » de l’eau. Avec des eaux chaudes, plus légères
et plus fluides, les grandes protubérances peuvent faciliter la flottaison,
de même qu’elles peuvent mieux faciliter l’équilibre de ces organismes à
la manière d'une quille ou d’empennages.
Pour le cas particulier des poissons, nous avons déjà vu l’action morphologique de la température (4.3), action à laquelle peut se superposer celle
d'autres facteurs tels que la salinité, et cela sans oublier le facteur hérédité :
A l'intérieur d’un même genre les espèces méridionales ont le nombre
de vertèbres le plus faible, les espèces nordiques le nombre le plus élevé
(règle de Jordan, 1891).
A l'intérieur d'une même espèce le nombre moyen de vertèbres s’accroît
en allant du sud au nord.
A l’intérieur d’une même classe d’àge, en un même lieu, le nombre moyen
de vertèbres s’accroît des plus petits individus aux plus grands, c’est-à-dire
que ceux qui sont nés tard en saison se rapprochent des individus des régions
les plus méridionales, et que ceux qui sont nés tôt en saison, s’apparentent
aux individus des localités plus nordiques (cette dernière proposition prêtant encore à discussion).
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