HYDROCARBURES-CPG-CLHP (ORGANISMES)
CHAPITRE XXXI
CARACTÉRISATION DES HYDROCARBURES
DANS LA MATIÈRE VIVANTE
PAR MÉTHODES CHROMATOGRAPHIQUES
HAUTE RÉSOLUTION
F BERTHOU
De nombreux exercices d’intercalibration ont montré que l’évaluation
du niveau de concentration en hydrocarbures d’origines pétrolière ou fossile
dans la matière vivante est un problème difficile. Les divergences entre les
résultats proviennent essentiellement du fait que les hydrocarbures dosés
sont différents selon la méthode de dosage utilisée. En effet, il est clair que
la spectrométrie infrarouge, la gravimétrie, la spêctrofluorimétrie ultraviolette, la chromatographie liquide haute performance (CLHP) et la chromatographie en phase gazeuse (CPG) font appel à des propriétés physicochimiques différentes des classes d’hydrocarbures et mettent en évidence
de façon préférentielle une famille plus qu’une autre?De plus, trop souvent
la pollution est évaluée par une teneur exprimée efi hydrocarbures totaux,
incluant donc les hydrocarbures biogéniques d’origines marine et terrestre.
Le protocole analytique présenté ci-après a été développé dans le but de
caractériser les hydrocarbures d’origine fossile et de les quantifier. Ce protocole
complexe ne peut être bien entendu considéré comme une méthode de routine
mais plutôt comme une méthode de référence ; il donne un aperçu des difficultés d’identification des hydrocarbures.
En fait, le dosage des polluants hydrocarbonés dans la matière vivante
reste difficile malgré la sophistication des méthodes d’analyses. En effet, il
faut être capable de différencier les hydrocarbures qui résultent d’une pollution d’origine fossile ou anthropogénique et les hydrocarbures biogéniques
naturels. La complexité de la tâche apparaît si l’on veut examiner l’ensemble
des constituants d’un brut pétrolier. Cependant, à l’heure actuelle, l’estimation
des hydrocarbures polyaromatiques est la seule qui soit réellement significative de l’état de pollution des organismes marins et surtout de 1 impact
écotoxicologique d’une pollution. En effet, la fraction aromatique ne contient
pas ou contient très peu d’hydrocarbures biogènes, car les hydrocarbures
d’origine biogénique sont très peu riches
5 %) en hydrocarbures polyaromatiques (HPA). De plus, certains HPA sont reconnus comme étant
d’une grande toxicité tant pour le consommateur que pour 1 écosystème.
Force est de reconnaître que des progrès importants sont encore à réaliser, notamment quant à l’évaluation des composés aromatiques polaires et
des polymères de haut poids moléculaire qui échappent aujourd hui totalement à l’analyse.
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