HYDROCARBURES-CLHP-FLUORESCENCE (ORGANISMES)
CHAPITRE XXX
DOSAGE GLOBAL DES HYDROCARBURES AROMATIQUES DANS LES ORGANISMES MARINS
PAR CLHP-FLUORESCENCE
P. MICHEL
La présence d’hydrocarbures aromatiques en milieu marin est essentiellement anthropogène. Les produits pétroliers rejetés de façon chronique
ou accidentelle en contiennent souvent de 10 à 60 %. Les résidus de la combustion incomplète du pétrole et la pyrolyse de composés naturels en sont aussi
une source importante. Dans une revue critique consacrée aux hydrocarbures
polyaromatiques, Neff (1979) estime que l’origine de ces composés en milieu
marin est due pour 74 % aux rejets pétroliers, 22 % aux retombées atmosphériques, 3 % aux rejets terrigènes et 1 % à la biosynthèse.
Il est démontré que tous les hydrocarbures sont susceptibles d’être
accumulés par les organismes et il est admis que se sont essentiellement les
hydrocarbures aromatiques (parmi lesquels les dérivés du dibenzothiophène)
et leurs métabolites qui sont la cause principale des effets toxiques sur les
espèces marines et les écosystèmes. On peut trouver dans les moules et les
huîtres des teneurs en hydrocarbures aromatiques entre 2 et 50 mg. kg"1 selon
la proximité de zones industrielles ou portuaires. Dans les poissons les valeurs
obtenues sont très souvent inférieures au seuil de sensibilité. Toute étude
d’impact doit donc appréhender l’importance de ces composés aromatiques
dans le milieu et particulièrement dans les mollusques.
Pour cette analyse des hydrocarbures aromatiques, il existe plusieurs
approches possibles en fonction des objectifs recherchés.
— La chromatographie en phase gazeuse sur colonne capillaire, après
partition des hydrocarbures aromatiques et saturés, permet dans les meilleurs cas l’identification et la mesure d’une trentaine de composés hydrocarbonés. Ceci n’est toutefois possible que dans le cas d'une contamination
récente lorsque la proportion de ces hydrocarbures aromatiques est importante : après quelques mois, les hydrocarbures aromatiques ainsi identifiables ne représentent qu’une fraction négligeable de l’ensemble des aromatiques (Atlas et al., 1981). Par ailleurs une intercalibration sur des échantillons de matière vivante (rno-istpm, 1981 ; non publié) a montré la difficulté
d’identification et de quantification des hydrocarbures aromatiques par
cette méthode dans une matrice complexe.
3 — Le couplage GCfMS (chromatographie gazeuse/spectrométrie de
masse) "permet des identifications beaucoup plus précises, bien que la différentiation entre les isomères de même masse moléculaire soit rarement possible. A titre d’exemple, on peut citer la série des alkyls dibenzothiophènes .
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