MERCURE (EAU)
CHAPITRE XIX
dosage du mercure minéral dissous
P COURAU
Le mercure représente, depuis l’accident de Minamata, le type même du
polluant minéral dont la surveillance s’impose. Grâce aux travaux récents,
en eaux côtières et en haute mer, nos connaissances sur la distribution de ce
métal ont été précisées. En termes de bilan, il est clairement admis que l’ensemble des rejets anthropogéniques reste à l’échelle planétaire négligeable
devant les apports purement naturels, liés aux phénomènes volcaniques,
tectoniques et géothermiques. Aussi, sans négliger l’importance des contrôles
en sites côtiers, où le mercure peut être présent sous une forme particulièrement toxique, l’interprétation des mesures doit aussi se référer aux eaux du
large comme causes possibles de variations naturelles et incontrôlables. Il est
d’ailleurs difficile de fixer les limites de variation des concentrations naturelles
du mercure dans l’eau de mer. Alors qu’un certain consensus se précise dans
l’intervalle de 1 à 10 ng. I-1 pour des eaux d’origines diverses : Pacifique NordOuest (Matsunaga et al., 1975), Atlantique Nord (Fitzgerald, 1975 ; Olafsson, 1982), Méditerranée (Courau et aï., 1980), d’autres mesures menées à
grande échelle océanique (Robertson, 1976) font état d’un écart plus ouvert (1 -
200 ng.l-1); si les valeurs les plus basses (2-20 ng.l-1) trouvées en Atlantique tropical confirment l’intervalle précédemment cité, des concentrations
beaucoup plus fortes (100-400 ng.l-1) ont été observées en Atlantique Nord
dans des masses d’eau d’origine polaire, en concordance avec les valeurs
élevées (50-150 ng.l-1) obtenues en Antarctique (Williams et al., 1974).
1. MÉTHODE DE DOSAGE
1.1. PRINCIPES DE LA MÉTHODE
Le mercure dissous, minéral ou minéralisé, est réduit à l’état métallique
Hg(0) par l’étain Sn(II), puis entraîné en phase gazeuse par barbotage et fixé sur
un piège d’or ; quelques minutes suffisent pour recueillir ainsi sur le piège la
totalité du mercure. Un chauffage rapide de l’or vaporise à nouveau le mercure,
qui, libéré dans un volume gazeux réduit, circule à travers une cellule de section
volontairement restreinte, constituée par un tube ouvert à ses deux extrémités et
disposée dans le faisceau optique d’un spectrophotomètre d'absorption atomique. En mesurant l’atténuation lumineuse transitoire à 253,7 nm. on détermine, d’une façon absolue, la masse de mercure mise enjeu au cours du dosage.
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CHAPITRE XIX
dosage du mercure minéral dissous
P COURAU
Le mercure représente, depuis l’accident de Minamata, le type même du
polluant minéral dont la surveillance s’impose. Grâce aux travaux récents,
en eaux côtières et en haute mer, nos connaissances sur la distribution de ce
métal ont été précisées. En termes de bilan, il est clairement admis que l’ensemble des rejets anthropogéniques reste à l’échelle planétaire négligeable
devant les apports purement naturels, liés aux phénomènes volcaniques,
tectoniques et géothermiques. Aussi, sans négliger l’importance des contrôles
en sites côtiers, où le mercure peut être présent sous une forme particulièrement toxique, l’interprétation des mesures doit aussi se référer aux eaux du
large comme causes possibles de variations naturelles et incontrôlables. Il est
d’ailleurs difficile de fixer les limites de variation des concentrations naturelles
du mercure dans l’eau de mer. Alors qu’un certain consensus se précise dans
l’intervalle de 1 à 10 ng. I-1 pour des eaux d’origines diverses : Pacifique NordOuest (Matsunaga et al., 1975), Atlantique Nord (Fitzgerald, 1975 ; Olafsson, 1982), Méditerranée (Courau et aï., 1980), d’autres mesures menées à
grande échelle océanique (Robertson, 1976) font état d’un écart plus ouvert (1 -
200 ng.l-1); si les valeurs les plus basses (2-20 ng.l-1) trouvées en Atlantique tropical confirment l’intervalle précédemment cité, des concentrations
beaucoup plus fortes (100-400 ng.l-1) ont été observées en Atlantique Nord
dans des masses d’eau d’origine polaire, en concordance avec les valeurs
élevées (50-150 ng.l-1) obtenues en Antarctique (Williams et al., 1974).
1. MÉTHODE DE DOSAGE
1.1. PRINCIPES DE LA MÉTHODE
Le mercure dissous, minéral ou minéralisé, est réduit à l’état métallique
Hg(0) par l’étain Sn(II), puis entraîné en phase gazeuse par barbotage et fixé sur
un piège d’or ; quelques minutes suffisent pour recueillir ainsi sur le piège la
totalité du mercure. Un chauffage rapide de l’or vaporise à nouveau le mercure,
qui, libéré dans un volume gazeux réduit, circule à travers une cellule de section
volontairement restreinte, constituée par un tube ouvert à ses deux extrémités et
disposée dans le faisceau optique d’un spectrophotomètre d'absorption atomique. En mesurant l’atténuation lumineuse transitoire à 253,7 nm. on détermine, d’une façon absolue, la masse de mercure mise enjeu au cours du dosage.
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