Les vagues de chaleur
Environ 740 morts à Chicago durant l’été 1995. 15 000
en France à l’été 2003 : ces décès et bien d’autres ont
etc attribues à des vagues de chaleur d’une intensité
inhabituelle. De tels chiffres paraissent alarmants, et
pourtant de nombreux climatologues pensent que nous
devrions nous attendre à les voir se répéter.
Un organisme américain, le National Center for
Atmospheric Research (NCAR), s’est servi de techniques
de modélisation des climats pour prédire la géographie
des vagues de chaleur à venir, et en a conclu que
l'Europe et l’Amérique du Nord étaient les plus à même
de connaître des canicules fréquentes, longues et
intenses. Ceci devrait coïncider avec un accroissement
de la circulation atmosphérique lié à une augmentation
de la présence de gaz à effet de serre.
Des vagues de chaleur très sévères devraient se
produire le long d’une bande s’étendant vers le nord
à partir de la Méditerranée et de l’ouest des États-Unis.
Les Balkans, la France et l’Allemagne pourraient être
de plus en plus exposés à des canicules comme celle
de 2003. Chicago devrait subir un accroissement de
25 % de tels événements, cependant que Paris verrait
les épisodes caniculaires augmenter de 31 %.
Chicago 1995
En juillet 1995, le thermomètre est monté jusqu’à
41 °C dans cette ville, alors que les températures
nocturnes ne descendaient guère au-dessous de
25 °C. Une humidité record s’installa en outre, qui
rendit les conditions de vie presque insupportables
pour la population. Les habitants équipés de systèmes
de climatisation s’en tirèrent mieux que les autres.
Ceux qui souffrirent le plus - et qui contribuèrent
le plus au total des décès - furent les pauvres et les
personnes âgées, qui même s’ils disposaient de
climatiseurs n’avaient pas les moyens de s’en servir
quotidiennement ou craignaient de laisser leurs
fenêtres ouvertes par peur d’actes de délinquance.
La répartition géographique des décès est à cet
égard instructive : les quartiers les plus pauvres
furent les plus rudement touchés.
Dans une ville comme Chicago, l’effet « îlot de
chaleur » contribue au problème. Les édifices absorbent
la chaleur le jour et la restituent lentement la nuit.
Par conséquent, les villes chauffent et restent chaudes.
De plus, une inversion de température se dessine ; la
température de l’air est plus fraîche au niveau du sol,
ce qui va à l’encontre du schéma habituel. L’air frais,
donc plus dense, retient les polluants au niveau du
sol. Cette situation apparaît en l’absence (ou la quasiabsence) de vent, de sorte que les polluants ne se
dispersent pas - d’où une aggravation du problème.
Chicago n’était absolument pas prêt à faire face
à de telles circonstances ; il y eut des coupures
d’électricité, les services d’intervention médicale
d’urgence furent bientôt débordés, ainsi que les
hôpitaux. Or, une telle situation est appelée à se
reproduire de plus en plus souvent. Les événements
de 1995 auront-il servi de leçon ?
Paris 2003 et 2006
À la fin de juillet et au début d’août 2006, des records
de températures furent enregistrés dans toute l’Europe.
Paris et Berlin atteignirent les 35 °C, et l’on releva
36,5 °C dans les faubourgs de Londres. Plusieurs
centaines de personnes en seraient mortes, mais ce
bilan n’est rien si on le compare aux quelque
35 000 morts de l’été 2003Avec des températures diurnes de 40 °C dans un
pays où l’air conditionné est aussi rare que de telles
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Environ 740 morts à Chicago durant l’été 1995. 15 000
en France à l’été 2003 : ces décès et bien d’autres ont
etc attribues à des vagues de chaleur d’une intensité
inhabituelle. De tels chiffres paraissent alarmants, et
pourtant de nombreux climatologues pensent que nous
devrions nous attendre à les voir se répéter.
Un organisme américain, le National Center for
Atmospheric Research (NCAR), s’est servi de techniques
de modélisation des climats pour prédire la géographie
des vagues de chaleur à venir, et en a conclu que
l'Europe et l’Amérique du Nord étaient les plus à même
de connaître des canicules fréquentes, longues et
intenses. Ceci devrait coïncider avec un accroissement
de la circulation atmosphérique lié à une augmentation
de la présence de gaz à effet de serre.
Des vagues de chaleur très sévères devraient se
produire le long d’une bande s’étendant vers le nord
à partir de la Méditerranée et de l’ouest des États-Unis.
Les Balkans, la France et l’Allemagne pourraient être
de plus en plus exposés à des canicules comme celle
de 2003. Chicago devrait subir un accroissement de
25 % de tels événements, cependant que Paris verrait
les épisodes caniculaires augmenter de 31 %.
Chicago 1995
En juillet 1995, le thermomètre est monté jusqu’à
41 °C dans cette ville, alors que les températures
nocturnes ne descendaient guère au-dessous de
25 °C. Une humidité record s’installa en outre, qui
rendit les conditions de vie presque insupportables
pour la population. Les habitants équipés de systèmes
de climatisation s’en tirèrent mieux que les autres.
Ceux qui souffrirent le plus - et qui contribuèrent
le plus au total des décès - furent les pauvres et les
personnes âgées, qui même s’ils disposaient de
climatiseurs n’avaient pas les moyens de s’en servir
quotidiennement ou craignaient de laisser leurs
fenêtres ouvertes par peur d’actes de délinquance.
La répartition géographique des décès est à cet
égard instructive : les quartiers les plus pauvres
furent les plus rudement touchés.
Dans une ville comme Chicago, l’effet « îlot de
chaleur » contribue au problème. Les édifices absorbent
la chaleur le jour et la restituent lentement la nuit.
Par conséquent, les villes chauffent et restent chaudes.
De plus, une inversion de température se dessine ; la
température de l’air est plus fraîche au niveau du sol,
ce qui va à l’encontre du schéma habituel. L’air frais,
donc plus dense, retient les polluants au niveau du
sol. Cette situation apparaît en l’absence (ou la quasiabsence) de vent, de sorte que les polluants ne se
dispersent pas - d’où une aggravation du problème.
Chicago n’était absolument pas prêt à faire face
à de telles circonstances ; il y eut des coupures
d’électricité, les services d’intervention médicale
d’urgence furent bientôt débordés, ainsi que les
hôpitaux. Or, une telle situation est appelée à se
reproduire de plus en plus souvent. Les événements
de 1995 auront-il servi de leçon ?
Paris 2003 et 2006
À la fin de juillet et au début d’août 2006, des records
de températures furent enregistrés dans toute l’Europe.
Paris et Berlin atteignirent les 35 °C, et l’on releva
36,5 °C dans les faubourgs de Londres. Plusieurs
centaines de personnes en seraient mortes, mais ce
bilan n’est rien si on le compare aux quelque
35 000 morts de l’été 2003Avec des températures diurnes de 40 °C dans un
pays où l’air conditionné est aussi rare que de telles
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