Les îlots de chaleur urbains
Le plus significatif des microclimats d'origine humaine
est l'ilôt de chaleur urbain. À mesure que les villes se
sont étendues, les différences de température entre
ces agglomérations et les zones rurales se sont accrues.
Ik'ton. brique et asphalte absorbent le rayonnement
solaire le jour et restituent cette chaleur la nuit dans
l’atmosphère, qu elle réchauffe. La chaleur des usines,
des appareils de climatisation et de réfrigération,
le chauffage central et les pots d'échappement
contribuent au phénomène. La chaleur est en outre
retenue entre les immeubles élevés. Chaussées et
trottoirs ne retiennent pas l'humidité - canalisée par
les réseaux de collecte des eaux pluviales - de sorte
qu'ils restent chauds. Le différentiel de température,
évident toute l'année, est encore plus prononcé en
hiver. Des différences de température allant jusqu’à
10 °C ont ainsi été relevées. Une caractéristique
de l'effet d’ilôt de chaleur urbain est que, lorsque
la pluie tombe en été. c’est parfois sous forme
d orages torrentiels, en conséquence du processus
de convection. La vapeur d’eau a besoin de « noyaux
hygroscopiques » autour desquels se condenser pour
former des gouttes d’eau ; il s’agit habituellement de
particules de poussière, abondantes dans l’atmosphère
au-dessus des villes. Ceci, s’ajoutant aux températures
élevées qui régnent sur ces villes, fait qu’un air
humide et en élévation rapide se condense, forme
soudainement des nuages et engendre des orages.
Aux États-Unis, les recherches de la Nasa ont montré
que certaines villes avaient une propension à recevoir
de très violents orages que les zones rurales
avoisinantes ne connaissaient pas.
Ci-dessus : l’effet d’ilôt de chaleur urbain est à l’origine de pluies
torrentielles qui provoquent parfois des inondations. L'on voit ici
des habitants en train d'évacuer de leurs maisons des meubles
endommagés par une crue subite. Le 8 janvier 2005, des pluies
abondantes sont tombées sur Carlisle, en Cumbrie, dans le nord
de l'Angleterre. L'équivalent d'un mois de précipitations, soit plus
de 100 mm, est tombé en 36 heures ; l'Eden et ses affluents ont
quitté leur lit : trois personnes sont mortes et 3 000 propriétés
ont subi pour plusieurs millions de livres sterling de dégâts.
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