Les dunes littorales
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sable libéré par de vastes affleurements de granité profondément altéré. Ici encore,
à l’intérieur d’un même champ de dunes, les formes éoliennes se groupent en des
ensembles qui se succèdent, toujours selon le même ordre, de la plage vers l’intérieur des terres (Paskoff, 1970).
On rencontre d’abord, non pas une véritable avant-dune mais une série de
monticules sableux, nebkas buissonnantes hautes de 1 à 3 m, dues à une plante
fixatrice, Ambrosia chamissonis, espèce originaire de la côte pacifique des U.S.A.
et introduite involontairement au Chili à la fin du XIXe siècle (photo 21). Des
couloirs de déflation, orientés dans le sens du vent efficace qui souffle ici du sudouest, séparent les monticules. Ce premier ensemble se termine par un front très
net au-dessus d’un couloir large de 100 à 200 m, parallèle à la plage, au plancher
humide parce que le toit de la nappe phréatique est proche. La végétation y est
rare. Le sable venu de l’estran y transite sans s’arrêter. Exceptionnellement, des
barkhanes isolées peuvent s’y former (fig. 36).
Au-delà de ce couloir, commence un grand massif dunaire transgressif, privé de
toute végétation, dont le trait topographique majeur est représenté par des crêtes
dissymétriques, transversales par rapport au vent dominant et assemblées en
vagues mouvantes. L’épaisseur du sable dépasse en certains endroits 50 m. La
topographie de détail est complexe. Les crêtes peuvent être reliées entre elles par
des arêtes obliques; parfois, elles sont précédées par des entonnoirs géants.
Cet ensemble de dunes vives chevauche souvent une unité éolienne plus
ancienne, d’âge holocène, caractérisée par des remparts longs et minces qui sont
colonisés par la végétation et séparés entre eux par d’étroits couloirs allongés dans
le sens du vent dominant. Il s’agit de dunes en traînées dont le sable gris est localement remis en mouvement à l’occasion d’années sèches, d’incendies ou de
surpâturages. Apparaissent alors des langues mobiles de forme parabolique.
Plus loin, s’étendent des constructions dunaires plus anciennes encore, d’âge
pléistocène, qui ont perdu leur morphologie originelle parce qu’elles n'ont pas été
consolidées en grès. Elles donnent une topographie molle de collines surbaissées.
Fig. 36. — Coupe transversale à travers un champ de dunes littorales du Chili semi-ai ide
(d’après C. Castro. 1984-1985).
A . dunes actives. B : dunes fixées. C : dunes holocènes. D : dunes pléistocènes.
1 : nehkas buissonnantes. 2 : couloir. 3 : dunes mobiles transversales. 4 : abrupt d envahissement. 5 : dunes en traînées.
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