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Les littoraux
littoral d’une part, par l’occurrence de vents suffisamment fréquents et forts pour
permettre une déflation active d’autre part. Ainsi s’explique la présence de vastes
champs de dunes littorales sur les côtes de l’Europe nord-occidentale, et sur celles
du nord-ouest des U.S.A. La végétation oppose un obstacle à la propagation des
sables vers l’intérieur des terres.
5. Les différentes générations de dunes littorales
Il est généralement possible de distinguer dans un même secteur de côte différentes générations de dunes littorales. L’étude du terrain montre que, souvent, les
dunes actuelles, mobiles, aux formes pures, de couleur claire, voisinent ou chevauchent des constructions éoliennes fixées par la végétation, aux contours émoussés
mais encore reconnaissables, de teinte grise, d’âge holocène. A leur tour, celles-ci
jouxtent ou recouvrent des dunes plus vieilles encore. Sous climat pluvieux,
surtout lorsque la fraction calcaire du matériel était faible, ces dunes anciennes
sont restées meubles. Aussi leur modelé originel a-t-il laissé la place à une topographie bosselée et confuse. Des sols podzoliques se sont formés, caractérisés par
l’accumulation en profondeur d’oxydes de fer et de matière organique dans des
horizons indurés, appelés alios dans les Landes. Sous climat aride, en particulier
lorsque la fraction coquillière était importante, les dunes ont pu se lapidifier en
conservant parfois leur forme primitive. On les désigne sous le nom d’éolianites.
Des paléosols ou des couches colluviales intradunaires suggèrent que pendant le
Quaternaire des phases de rémission de l’activité éolienne ont interrompu à
plusieurs reprises les accumulations de sable sur les côtes.
Plus que des raisons climatiques qui ont aussi probablement leur part de responsabilité (accroissement ou ralentissement de l’efficacité du vent; augmentation ou
diminution des précipitations), ce sont avant tout des causes eustatiques qui
rendent compte de l’existence, un peu partout dans le monde, de différentes générations de dunes sur les littoraux. En effet, la mise en place d’accumulations
éoliennes implique la proximité d’un rivage fournisseur du sable. Il est donc
logique d’établir une relation entre ces accumulations et les périodes de haut
niveau marin proche de l’actuel, lorsque des régressions de faible ampleur, en élargissant les espaces littoraux sableux, favorisaient les phénomènes de déflation.
Ainsi, les séries d’éolianites qui affleurent sur les côtes de la Tunisie ont été mises
en corrélation avec des transgression intrawürmiennes qui, au cours des
80 000 dernières années, ont rapproché à plusieurs reprises le rivage de la position
qu’il occupe aujourd’hui (Paskoff, 1996). En tout état de cause, et contrairement à
ce que l’on a parfois soutenu, les périodes de grande régression, parce qu’elles ont
éloigné considérablement le trait de côte, n’étaient pas favorables à la genèse
d’importantes accumulations sableuses à proximité du littoral actuel.
Depuis qu’il est devenu éleveur et agriculteur, l’Homme, par le déboisement,
peut être à l’origine de poussées dunaires, sans doute limitées en comparaison de
celles dont la cause est naturelle. En Australie et au Chili, par exemple, des remises
en mouvement du sable sur les côtes ont correspondu à l’installation de colons
européens. À cet égard, le cas des dunes du Léon, en Bretagne occidentale, est
intéressant. Ces dunes se sont formées il y a environ 3 000 ans, lors d’une légère
régression qui est intervenue entre la fin de l’âge du bronze et l’âge du fer. La
remontée du niveau de la mer qui a suivi a tari la source d’approvisionnement en
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