78
Les littoraux
Les traits sédimentologiques des dunes littorales mettent en évidence le caractère sélectif de l’action du vent. Les sables sont généralement fins à moyens et leur
médiane est logiquement inférieure à celle du matériel de la plage où ils ont été
prélevés. Leur classement est aussi meilleur et les courbes granulométriques, de
type sygmoïde, sont très redressées. Les grains de quartz sont peu ou pas éolisés
car le transport a été trop court pour leur permettre d’acquérir les marques de
l’empreinte éolienne. Lorsque la plage contient des particules biodétritiques, on les
retrouve dans les dunes, mais avec des tailles qui diminuent au fur et à mesure que
l’on s’éloigne de la côte, par suite d’une usure au cours du transport. Les dunes
incluent parfois des coquilles de gastéropodes terrestres, en particulier des Hélix,
et des fourreaux de racines, plus ou moins grésifiés, appelés rhizolithes. Le litage
est fin, oblique, souvent entrecroisé. Cette disposition interne originale s’explique
par des sautes dans la direction des vents et par des alternances d’érosion et
d’accumulation du sable. On constate que, là où la végétation joue un rôle dans le
dépôt, l’inclinaison des lits montre des angles plus faibles (10-15°) que dans le cas
de dunes d’accumulation libre (25-35°). La pénétration des racines et l’imbibition
par l’eau de pluie perturbent aussi l’ordonnance régulière du litage.
3. Le rôle de la végétation
Si l’on excepte les côtes des régions arides, partout ailleurs la végétation prend
une part décisive dans l’édification et la stabilisation des dunes littorales.
Des plantes halonitrophiles annuelles de haut de plage, comme Cakile maritima
et Salsola kali en Europe occidentale, représentent des obstacles qui sont à l’origine
de petits tas de sable accumulé par le vent, à l’existence éphémère. En arrière de
l’estran, mais encore dans la zone des embruns, apparaissent des espèces végétales
vivaces qui freinent la vitesse du vent, en augmentant la rugosité de la surface sur
laquelle il souffle, et qui jouent un rôle pionnier dans le dépôt et la fixation du sable.
Elles contribuent à édifier ce qu’il est convenu d’appeler ï’avant-dune. Ce sont des
plantes psammophiles qui ont besoin d’apports de sable pour se développer et qui
sont très bien adaptées à un substrat dunaire : certaines d’entre elles ont des
rhizomes, d’autres des stolons; parfois leurs racines sont verticales et profondes
pour atteindre la nappe phréatique; parfois, au contraire, elles sont superficielles et
traçantes pour tirer avantage de l’humidité de surface. En Europe occidentale,
Elymus farctus est l’espèce la plus tolérante au sel. Ammophila arenaria (oyat,
appelé aussi gourbet sur la côte aquitaine) dont les touffes croissent vers le haut au
fur et à mesure que le sable s’accumule est la plus connue car elle a été introduite
sur les rivages tempérés de tous les continents, là où l’on a voulu fixer des sables
mobiles. Elle présente une grande fragilité au piétinement. À ses côtés, on rencontre
encore Elymus arenarius et Eryngium maritimum. Hors d’Europe, il existe d’autres
espèces psammophiles qui fixent le sable en arrière des plages ; Ammophila breviligulata, Uniola paniculata et Spartina païens sur la côte orientale des U.S.A.;
Ambrosia chamissonis sur la côte occidentale des U.S.A. et Abronia maritima sur
celle de la Basse-Californie; Spinifex hirsutus en Australasie; Ipomoea biloba et
Canavalia sp. sur les rivages des latitudes tropicales.
Pour en revenir aux littoraux de l’Europe occidentale, en arrière des plantes
pionnières fixatrices du sable frais et au fur et à mesure que celui-ci s’immobilise,
la richesse en espèces s’accroît et le tapis végétal devient plus dense (fig- 32).
Les littoraux
Les traits sédimentologiques des dunes littorales mettent en évidence le caractère sélectif de l’action du vent. Les sables sont généralement fins à moyens et leur
médiane est logiquement inférieure à celle du matériel de la plage où ils ont été
prélevés. Leur classement est aussi meilleur et les courbes granulométriques, de
type sygmoïde, sont très redressées. Les grains de quartz sont peu ou pas éolisés
car le transport a été trop court pour leur permettre d’acquérir les marques de
l’empreinte éolienne. Lorsque la plage contient des particules biodétritiques, on les
retrouve dans les dunes, mais avec des tailles qui diminuent au fur et à mesure que
l’on s’éloigne de la côte, par suite d’une usure au cours du transport. Les dunes
incluent parfois des coquilles de gastéropodes terrestres, en particulier des Hélix,
et des fourreaux de racines, plus ou moins grésifiés, appelés rhizolithes. Le litage
est fin, oblique, souvent entrecroisé. Cette disposition interne originale s’explique
par des sautes dans la direction des vents et par des alternances d’érosion et
d’accumulation du sable. On constate que, là où la végétation joue un rôle dans le
dépôt, l’inclinaison des lits montre des angles plus faibles (10-15°) que dans le cas
de dunes d’accumulation libre (25-35°). La pénétration des racines et l’imbibition
par l’eau de pluie perturbent aussi l’ordonnance régulière du litage.
3. Le rôle de la végétation
Si l’on excepte les côtes des régions arides, partout ailleurs la végétation prend
une part décisive dans l’édification et la stabilisation des dunes littorales.
Des plantes halonitrophiles annuelles de haut de plage, comme Cakile maritima
et Salsola kali en Europe occidentale, représentent des obstacles qui sont à l’origine
de petits tas de sable accumulé par le vent, à l’existence éphémère. En arrière de
l’estran, mais encore dans la zone des embruns, apparaissent des espèces végétales
vivaces qui freinent la vitesse du vent, en augmentant la rugosité de la surface sur
laquelle il souffle, et qui jouent un rôle pionnier dans le dépôt et la fixation du sable.
Elles contribuent à édifier ce qu’il est convenu d’appeler ï’avant-dune. Ce sont des
plantes psammophiles qui ont besoin d’apports de sable pour se développer et qui
sont très bien adaptées à un substrat dunaire : certaines d’entre elles ont des
rhizomes, d’autres des stolons; parfois leurs racines sont verticales et profondes
pour atteindre la nappe phréatique; parfois, au contraire, elles sont superficielles et
traçantes pour tirer avantage de l’humidité de surface. En Europe occidentale,
Elymus farctus est l’espèce la plus tolérante au sel. Ammophila arenaria (oyat,
appelé aussi gourbet sur la côte aquitaine) dont les touffes croissent vers le haut au
fur et à mesure que le sable s’accumule est la plus connue car elle a été introduite
sur les rivages tempérés de tous les continents, là où l’on a voulu fixer des sables
mobiles. Elle présente une grande fragilité au piétinement. À ses côtés, on rencontre
encore Elymus arenarius et Eryngium maritimum. Hors d’Europe, il existe d’autres
espèces psammophiles qui fixent le sable en arrière des plages ; Ammophila breviligulata, Uniola paniculata et Spartina païens sur la côte orientale des U.S.A.;
Ambrosia chamissonis sur la côte occidentale des U.S.A. et Abronia maritima sur
celle de la Basse-Californie; Spinifex hirsutus en Australasie; Ipomoea biloba et
Canavalia sp. sur les rivages des latitudes tropicales.
Pour en revenir aux littoraux de l’Europe occidentale, en arrière des plantes
pionnières fixatrices du sable frais et au fur et à mesure que celui-ci s’immobilise,
la richesse en espèces s’accroît et le tapis végétal devient plus dense (fig- 32).
