Les plages
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a r m a n d
c o l in .
L a
p h o to c o p ie n o n
a u to ris é e e s t u n
d é lit.
L. L’adaptation à l’érosion des plages
Les travaux d’ingénierie pour protéger les plages font aujourd’hui l’objet d’une
réévaluation critique à la lumière des travaux des naturalistes. Il apparaît que la
solution qu’ils apportent au problème de l’érosion est, au mieux, seulement passagère. À terme, leurs effets sont souvent néfastes. Leur coût pose une question de
rentabilité mais aussi de moralité : faut-il mettre à la charge de la collectivité la
défense d’aménagements qui n’auraient jamais dû être créées si des enquêtes préalables avaient été menées, révélant une situation critique?
À la vérité, une nouvelle approche du problème de l’érosion des plages s’impose.
Elle doit se fonder sur la constatation que le démaigrissement et le recul de beaucoup de plages constituent des événements inéluctables dus à des phénomènes
naturels. La situation est aggravée par des interventions humaines. Il y aura moins
de déboires à essayer de s’adapter à cette évolution qu’à s’efforcer de la contrarier.
Cependant, deux cas de figure peuvent se présenter : celui d’une plage déjà
aménagée où les équipements son menacés de destruction par les vagues et celui
d’une plage restée à l’état de nature, mais dont les abords sont appelés à faire
l’objet d’un plan d’occupation. Dans la première situation, si les investissements le
justifient, il convient d’intervenir et, au barricadage par des enrochements dont on
a dit les multiples désavantages, il faut préférer l’alimentation artificielle de la
plage toutes les fois que le coût en est supportable. Dans la seconde situation, la
possibilité de prévoir la position du trait de côte dans les années à venir, par extrapolation de sa vitesse d’évolution dans un passé récent (Blanc, 1993), autorise
l’élaboration d’un zonage qui doit permettre de gérer rationnellement l’utilisation
d’un espace grignoté par l’érosion. On pourrait définir, à partir du rivage, trois
bandes de terrain délimitées par la position qu’il occupera à échéance de dix ans,
de trente ans et de soixante ans. Dans la première bande aucune construction de
quelque nature que ce soit ne serait autorisée. On ne tolérerait dans la seconde que
des installations mobiles et dans la troisième seulement des équipements légers à
durée de vie courte. Quant aux aménagements lourds, à amortissement long,
comme les immeubles et les routes, ils ne pourraient être implantés qu'au delà de
ce que sera la position supposée du rivage dans soixante ans. Ce zonage devra être
périodiquement révisé et réajusté en fonction du comportement réel de la plage. Il
présente l’énorme avantage d’éviter d’avoir à appliquer tôt ou tard une stratégie de
protection toujours coûteuse et, dans le cas d’un recours à des ouvrages lourds de
défense, de surcroît nuisible à la qualité de l’environnement.
Orientation bibliographique
Anthony E.J. — A brief review of morphodynamic parameters commonly employed in beach
characterization. Rev. Analyse Spatiale Quant. Appl., 1992, 31, 21-26.
Anthony E.J. — Beach-ridge development and sédiment supply : examples from West Africa.
Marine Geology, 1995, 729, 175-186.
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