Photo 11. — Recul de la plage au Cap-Ferret, côte des Landes.
Des blockhaus du mur de l’Atlantique, édifiés pendant la Deuxième Guerre mondiale, gisent
basculés sur l’estran. Leur position témoigne du recul du rivage.
Un régime d’équilibre a ensuite prévalu qui, en beaucoup d’endroits, a cédé la
place à un état de récession depuis plus ou moins longtemps.
De nombreuses plages de France sont menacées par l’érosion. Les blockhaus du
mur de l’Atlantique, construits en arrière des estrans pendant la Deuxième Guerre
mondiale, constituent d’excellents points de repère pour apprécier la vitesse du
recul car beaucoup d’entre eux se trouvent aujourd’hui basculés sur le bas de plage
(photo 11), voire partiellement immergés sur l’avant-plage. En Bretagne, dans le
sud de la baie d’Audieme, le repli du rivage de la commune de Tréguennec a été de
150 m entre 1952 et 1969. En Charente, la plage de Chatelaillon a perdu 160 m de
largeur dans sa partie nord et 250 m dans sa partie sud entre le début du XVIIIe siècle
et nos jours. En Aquitaine, le recul de la côte est considérable. Il affecte pratiquement tout le littoral entre les embouchures de la Gironde et de l’Adour. Il semble
avoir été de plus de 10 km depuis le VIe siècle de notre ère dans le Médoc. Il s’est
accéléré à partir du XVIIIe siècle et il est devenu catastrophique au XXe siècle : 260 m
à l’Amélie-les-Bains (fig. 24), près de la pointe de Grave, entre 1888 et 1985; 700 à
800 m à Capbreton entre 1881 et 1922; 33 m à Anglet entre 1952 et 1963. Sur les
plages languedociennes, des taux de retrait de 1,5 à 4 m/an ont été mesurés.
Au Danemark, le littoral meuble de Klim, dans le nord du Jutland, s’est replié
de 5 m/an entre 1968 et 1978, ce qui représente une perte annuelle de 16 m3 de
sédiments par mètre linéaire de côte. En Italie, beaucoup de plages dont le bilan
sédimentaire était encore excédentaire jusqu’au début du XXe siècle manquent
maintenant de matériaux. C’est en particulier le cas de celles d’Emilie-Romagne et
Des blockhaus du mur de l’Atlantique, édifiés pendant la Deuxième Guerre mondiale, gisent
basculés sur l’estran. Leur position témoigne du recul du rivage.
Un régime d’équilibre a ensuite prévalu qui, en beaucoup d’endroits, a cédé la
place à un état de récession depuis plus ou moins longtemps.
De nombreuses plages de France sont menacées par l’érosion. Les blockhaus du
mur de l’Atlantique, construits en arrière des estrans pendant la Deuxième Guerre
mondiale, constituent d’excellents points de repère pour apprécier la vitesse du
recul car beaucoup d’entre eux se trouvent aujourd’hui basculés sur le bas de plage
(photo 11), voire partiellement immergés sur l’avant-plage. En Bretagne, dans le
sud de la baie d’Audieme, le repli du rivage de la commune de Tréguennec a été de
150 m entre 1952 et 1969. En Charente, la plage de Chatelaillon a perdu 160 m de
largeur dans sa partie nord et 250 m dans sa partie sud entre le début du XVIIIe siècle
et nos jours. En Aquitaine, le recul de la côte est considérable. Il affecte pratiquement tout le littoral entre les embouchures de la Gironde et de l’Adour. Il semble
avoir été de plus de 10 km depuis le VIe siècle de notre ère dans le Médoc. Il s’est
accéléré à partir du XVIIIe siècle et il est devenu catastrophique au XXe siècle : 260 m
à l’Amélie-les-Bains (fig. 24), près de la pointe de Grave, entre 1888 et 1985; 700 à
800 m à Capbreton entre 1881 et 1922; 33 m à Anglet entre 1952 et 1963. Sur les
plages languedociennes, des taux de retrait de 1,5 à 4 m/an ont été mesurés.
Au Danemark, le littoral meuble de Klim, dans le nord du Jutland, s’est replié
de 5 m/an entre 1968 et 1978, ce qui représente une perte annuelle de 16 m3 de
sédiments par mètre linéaire de côte. En Italie, beaucoup de plages dont le bilan
sédimentaire était encore excédentaire jusqu’au début du XXe siècle manquent
maintenant de matériaux. C’est en particulier le cas de celles d’Emilie-Romagne et
