© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
Photo 10. — Démaigrissement et recul d’une plage sur la côte du delta du Seman, Albanie.
L’érosion de la plage et la destruction corrélative d’établissements humains s’explique par une
défluviation du Seman qui n’alimente plus en sédiments cette partie de son delta.
G. La crise érosîve des plages : démaigrissement et recul
À l’heure actuelle, nombreuses sont les plages, un peu partout dans le monde, en
état de récession et il apparaît qu’elles constituent une majorité. Certes, il existe des
littoraux sableux ou graveleux qui sont stables ou même montrent des signes de
progradation. Mais, ce dernier cas n’est illustré que par des exemples localisés. Des
deltas continuent à gagner sur la mer. Des flèches à pointe libre poursuivent leur
croissance, surtout si, à proximité, de hautes falaises meubles attaquées par les
vagues alimentent abondamment en matériaux la dérive littorale. Mais quand ce sont
des plages en cours d’érosion qui nourrissent des flèches, comme cela se passe pour
la pointe de la Coubre, la surface gagnée ici est inférieure à celle perdue là parce
qu’il existe une profondeur d’eau plus ou moins grande à colmater avant que les
atterrissements n’émergent. Le soulèvement isostatique des côtes du Canada et de la
Fennoscandie favorise le dépôt de matériaux sur les plages : en exhaussant progressivement l’avant-côte, il met à la portée des vagues des sédiments immergés
d'origine terrigène qui, autrement, seraient restés hors de leur atteinte.
Cependant, la règle générale est la régression des plages (photo 10). Celles-ci
étant par définition des formes littorales d'accumulation, un renversement de
tendance s’est donc produit dans leur évolution. Il apparaît, à la lumière de recherches archéologiques et de datations radiométriques, que de gros volumes de
matériaux meubles ont été accumulés sur les côtes dans les premiers millénaires
qui ont suivi la stabilisation du niveau de la mer intervenue il y a 5 ou 6 000 ans.
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