Agents et processus de l’évolution des littoraux
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marnage, pour déterminer la largeur de l’estran qui correspond à l’espace délimité
par la laisse des plus hautes mers et celle des plus basses mers.
Lorsque l’estran est peu étendu, l’énergie des vagues reste concentrée au même
niveau et leur action est plus efficace, en particulier là où elles attaquent des falaises.
Si l’estran est vaste, comme dans la baie du Mont-Saint-Michel, cette énergie se
dissipe au contraire à marée haute car les vagues sont freinées par frottement sur les
faibles profondeurs, ce qui favorise le dépôt, pendant l’étale, des particules fines en
suspension dans les eaux littorales, d’où l’existence de marais maritimes dans le fond
de la baie. On verra que la sédimentation vaseuse sur les côtes est étroitement liée au
phénomène de la marée. Sur les rivages des régions tropicales et subtropicales, les
alternances de submersion et d’émersion accompagnées d’un assèchement favorisent
des phénomènes de cimentation rapide de sable (beach rock) sur les estrans. Quant
aux variations du marnage d’une morte-eau à une vive-eau (revif) et d’une vive-eau à
une morte-eau (déchet), elles expliquent les modifications qui affectent le profil
transversal des plages selon un cycle d’une durée d’environ deux semaines.
Les oscillations du niveau de la mer qu’entraînent les marées s’accompagnent bien
évidemment de mouvements horizontaux de masses d’eau que l’on appelle des
courants de marée et dont le caractère original est la réversibilité. On reparlera du rôle
essentiel des courants de flot et de jusant dans l’hydrologie et la sédimentation des
estuaires comme dans celles des lagunes qui sont en communication avec la mer.
C’est dans les passages étroits et lorsque le marnage est important que de forts
courants peuvent se produire. Il en va également de la sorte, même lorsque le marnage
est faible, si la marée se manifeste à des heures différentes de part et d’autre d’un
resserrement. Dans de telles situations, des vitesses de l’ordre de 10 noeuds et parfois
plus ont été relevées, comme dans le raz Blanchard, entre Aurigny et le cap de la
Hague, à la pointe du Cotentin. Ces courants de marée qui affectent toute la tranche
d’eau sont capables d’éroder des plages, d’affouiller les fonds meubles et d’y creuser
des chenaux. On leur attribue aussi la formation de bancs sableux sous-marins, de
forme allongée ou parabolique, auxquels on donne le nom de dunes hydrauliques.
© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
E. Le vent
Les côtes sont toujours plus ventées que leur arrière-pays immédiat parce que les
vents qui les abordent en venant du large n’ont pas été freinés par des obstacles topographiques. Par leur fréquence et leur vitesse, les vents qui soufflent sur les littoraux
peuvent avoir des actions morphogéniques importantes. On a déjà dit qu'un vent
parallèle à un rivage est capable, suivant sa direction et sa force, d’accélérer ou de
ralentir, voire d’inverser, la dérive littorale. Un vent marin perpendiculaire à une
plage accroît la cambrure des vagues, d’où une agressivité accrue quand elles déferlent et un démaigrissement de la plage. S’il s’agit d’un vent de terre, il diminue la
hauteur des vagues, réduit leur cambrure, ralentit leur avancée, d’où un engraissement de la plage. On peut constater de tels phénomènes sur les plages du Languedoc
où se manifestent habituellement deux vents de direction opposée, le mistral et le
marin. On aura l’occasion de revenir sur les effets de météorisation sur les surfaces
rocheuses des embruns, gouttelettes d’eau de mer entraînées par le vent à partir des
vagues qui déferlent.
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marnage, pour déterminer la largeur de l’estran qui correspond à l’espace délimité
par la laisse des plus hautes mers et celle des plus basses mers.
Lorsque l’estran est peu étendu, l’énergie des vagues reste concentrée au même
niveau et leur action est plus efficace, en particulier là où elles attaquent des falaises.
Si l’estran est vaste, comme dans la baie du Mont-Saint-Michel, cette énergie se
dissipe au contraire à marée haute car les vagues sont freinées par frottement sur les
faibles profondeurs, ce qui favorise le dépôt, pendant l’étale, des particules fines en
suspension dans les eaux littorales, d’où l’existence de marais maritimes dans le fond
de la baie. On verra que la sédimentation vaseuse sur les côtes est étroitement liée au
phénomène de la marée. Sur les rivages des régions tropicales et subtropicales, les
alternances de submersion et d’émersion accompagnées d’un assèchement favorisent
des phénomènes de cimentation rapide de sable (beach rock) sur les estrans. Quant
aux variations du marnage d’une morte-eau à une vive-eau (revif) et d’une vive-eau à
une morte-eau (déchet), elles expliquent les modifications qui affectent le profil
transversal des plages selon un cycle d’une durée d’environ deux semaines.
Les oscillations du niveau de la mer qu’entraînent les marées s’accompagnent bien
évidemment de mouvements horizontaux de masses d’eau que l’on appelle des
courants de marée et dont le caractère original est la réversibilité. On reparlera du rôle
essentiel des courants de flot et de jusant dans l’hydrologie et la sédimentation des
estuaires comme dans celles des lagunes qui sont en communication avec la mer.
C’est dans les passages étroits et lorsque le marnage est important que de forts
courants peuvent se produire. Il en va également de la sorte, même lorsque le marnage
est faible, si la marée se manifeste à des heures différentes de part et d’autre d’un
resserrement. Dans de telles situations, des vitesses de l’ordre de 10 noeuds et parfois
plus ont été relevées, comme dans le raz Blanchard, entre Aurigny et le cap de la
Hague, à la pointe du Cotentin. Ces courants de marée qui affectent toute la tranche
d’eau sont capables d’éroder des plages, d’affouiller les fonds meubles et d’y creuser
des chenaux. On leur attribue aussi la formation de bancs sableux sous-marins, de
forme allongée ou parabolique, auxquels on donne le nom de dunes hydrauliques.
© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
E. Le vent
Les côtes sont toujours plus ventées que leur arrière-pays immédiat parce que les
vents qui les abordent en venant du large n’ont pas été freinés par des obstacles topographiques. Par leur fréquence et leur vitesse, les vents qui soufflent sur les littoraux
peuvent avoir des actions morphogéniques importantes. On a déjà dit qu'un vent
parallèle à un rivage est capable, suivant sa direction et sa force, d’accélérer ou de
ralentir, voire d’inverser, la dérive littorale. Un vent marin perpendiculaire à une
plage accroît la cambrure des vagues, d’où une agressivité accrue quand elles déferlent et un démaigrissement de la plage. S’il s’agit d’un vent de terre, il diminue la
hauteur des vagues, réduit leur cambrure, ralentit leur avancée, d’où un engraissement de la plage. On peut constater de tels phénomènes sur les plages du Languedoc
où se manifestent habituellement deux vents de direction opposée, le mistral et le
marin. On aura l’occasion de revenir sur les effets de météorisation sur les surfaces
rocheuses des embruns, gouttelettes d’eau de mer entraînées par le vent à partir des
vagues qui déferlent.
