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Les littoraux
2 m, sur une plage de sable de diamètre moyen de 0,3 mm, engendrera un transit
sédimentaire estimé à 1 520 m3 pour une période d’un jour. Mais il peut arriver
que la dérive littorale soit sous-saturée en matériaux par suite d’un déficit sédimentaire et l’estimation ainsi obtenue est fausse. Une meilleure approche est
atteinte à partir du calcul du volume de sable ou de galets déposé pendant une
année contre un obstacle artificiel, par exemple une jetée, que heurte la dérive
littorale ou de celui des produits des dragages périodiques, nécessaires à l’entretien de la passe d’entrée d’un port.
> Quant à la direction du transit sédimentaire dominant, elle peut être connue
au moyen de l’utilisation de traceurs. Il en est de naturels, comme certains minéraux pour les sables ou certaines roches pour les galets lorsque les uns et les autres
dérivent d’une source unique dont la localisation est connue. On peut aussi recourir
à des traceurs artificiels, comme des éléments fluorescents ou radioactifs dont le
repérage est aisé. Il existe également des critères géomorphologiques et sédimentologiques qui sont utiles pour mettre en évidence le sens du transit sédimentaire
dominant (Taggart et Schwartz, 1988). La déviation d’un cours d’eau à son embouchure, la migration d’une passe mettant en communication une lagune avec la mer
constituent des indices significatifs, tout comme peuvent l’être parfois l’élargissement progressif d’une plage et la diminution corrélative de sa pente transversale.
Souvent les sédiments deviennent moins grossiers et mieux classés dans le sens du
transit dominant, mais ce n’est pas une règle générale (McLaren et Bowles, 1985).
Lorsqu’il existe des épis sur un rivage, le côté contre lequel ont tendance à s’accumuler sur le long terme les sables ou les galets signale aisément la direction d’où
vient la dérive littorale prépondérante.
2. Les courants de retour
L’apport d’eau à la côte, dû au déferlement qui transforme les vagues d’oscillation en vagues de translation, doit logiquement être compensé par un retour d’eau
vers le large. Bien que son existence ait été mise en doute par de nombreux chercheurs, il semble bien que puisse parfois se produire un courant qui se manifeste
au ras du fond dans l’espace infralittoral et auquel on donne parfois en anglais le
nom & undertow, encore que ce terme fasse l’objet de controverses par suite d’une
caractérisation imprécise du phénomène qu’il est censé désigner. L’occurrence de
ce courant de fond intervient en avant des plages par forte houle, lorsque les
vagues sont cambrées et que leurs crêtes sont parallèles au tracé du rivage, donc
que leur déferlement n’entraîne pas de dérive littorale appréciable.
J.-P. Pinot pense aussi que l’eau déferlante qui tend à s’accumuler sur une côte
peut s’y refroidir, par exemple en hiver dans les latitudes tempérées, si bien que,
lorsqu’elle repart vers le large, elle colle au fond parce qu’elle est devenue plus
dense que celle qui arrive.
Mais, le plus souvent, la compensation de l’apport d’eau à la côte par les vagues
qui déferlent se fait par des courants d’arrachement, qualifiés parfois aussi de sagittaux, qui peuvent être perpendiculaires ou obliques par rapport au rivage suivant les
cas (fig. 11). Ils sont toujours bien individualisés, étroits puisque leur largeur
moyenne va de 15 à 30 m, et ils intéressent toute la colonne d’eau. Ils vont bien audelà des lignes de déferlement des vagues qu’ils traversent en les interrompant, d’où
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