Agents et processus de l’évolution des littoraux
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© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
déferlement, de type déversant (spilling breaker), est caractérisé par de l’eau dont
les mouvements turbulents sont particulièrement appréciés par les amateurs de
surfing. Il est lié à de hautes vagues s’avançant sur une avant-plage à très faible
pente. Le coefficient de réflexion des vagues (Sunamura et Okazaki, 1996) est lié au
type de leur déferlement : il diminue, du type gonflant au type déversant, en passant
par le type plongeant.
Il peut arriver que, même par grosse houle, le déferlement soit fortement atténué
si le fond se relève très lentement vers la terre. L’effet continu de freinage entraîne
une dissipation progressive de l’énergie qui se traduit par la baisse régulière de la
hauteur des vagues à l’approche de la côte. Ainsi, en Tunisie orientale, les vagues
sont naturellement amorties sur les îles Kerkennah par les hauts-fonds sablovaseux qui les entourent.
On appelle jet de rive (swash, uprush), la projection sur le rivage de l’eau de la
vague qui vient de déferler. Parce que cette eau a reçu une impulsion brutale, son
mouvement en avant est doté d’une forte turbulence qui la rend capable de mobiliser et de déplacer en suspension, par saltation ou roulage, des sables, des
graviers et des galets. Sur une plage, elle monte une pente et sa vitesse se ralentit
car elle est affaiblie par les frottements et la pesanteur, parfois aussi par le vent
lorsque celui-ci souffle de la terre ou quand, à marée montante, elle recouvre des
sédiments secs dans lesquels elle peut partiellement s’infiltrer. Ensuite, après
l’arrêt du mouvement, c’est le retour de l’eau sous la forme d’une nappe de retrait
(backwash), moins turbulente que le jet de rive, qui redescend la pente en roulant
du matériel. Une interférence se produit avec le jet de rive de la vague suivante, ce
qui provoque un freinage et éventuellement un déplacement latéral accompagné
de mouvements tournants. Ainsi, tout l’espace affecté par le déferlement des
vagues est caractérisé par une libération d’énergie à l’origine du déplacement par
charriage, saltation et suspension de galets et de sables d’une part, d’actions
érosives d’autre part.
► La puissance d’attaque des vagues peut s’exercer partout, aussi bien sur les
plages que sur les côtes rocheuses (photo 4), mais c’est surtout au pied des
falaises, lors des grandes tempêtes, qu’elle revêt un caractère spectaculaire.
L’impact des vagues sur une paroi se traduit par une action mécanique. Les coups
de boutoir répétés déclenchent des vibrations qui, accrues par le phénomène de
résonance, fragilisent les roches en les fissurant. L’air que les vagues déferlantes
compriment dans les fractures agrandit et élargit ces dernières. Un phénomène
inverse de succion se produit lors du retrait de l’eau, entraînant parfois le délogement de blocs.
Lorsque les vagues ont à leur disposition du matériel, leur puissance d’attaque
est renforcée. Le bombardement à l’aide de galets peut affecter les abrupts littoraux sur plusieurs dizaines de mètres de hauteur dans le cas de lames jaillissantes.
Mais il est surtout efficace au pied des falaises où il est souvent responsable
d’encoches. Celles-ci mettent en porte-à-faux la partie supérieure des falaises qui
finissent par s’écrouler. Sur les plates-formes rocheuses, le mouvement turbulent
de l’eau après le déferlement engendre des tourbillons à axe vertical. Ceux-ci
entraînent des galets qui creusent des cavités grossièrement circulaires dont les
parois se recoupent par élargissement. Ailleurs, sables et graviers constamment
remués agissent sur la roche par abrasion et s’usent eux-mêmes par attrition. Aussi
les galets et les graviers marins présentent-ils souvent un indice d’émoussé et un
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© armand
colin.
La
photocopie non
autorisée est un
délit.
déferlement, de type déversant (spilling breaker), est caractérisé par de l’eau dont
les mouvements turbulents sont particulièrement appréciés par les amateurs de
surfing. Il est lié à de hautes vagues s’avançant sur une avant-plage à très faible
pente. Le coefficient de réflexion des vagues (Sunamura et Okazaki, 1996) est lié au
type de leur déferlement : il diminue, du type gonflant au type déversant, en passant
par le type plongeant.
Il peut arriver que, même par grosse houle, le déferlement soit fortement atténué
si le fond se relève très lentement vers la terre. L’effet continu de freinage entraîne
une dissipation progressive de l’énergie qui se traduit par la baisse régulière de la
hauteur des vagues à l’approche de la côte. Ainsi, en Tunisie orientale, les vagues
sont naturellement amorties sur les îles Kerkennah par les hauts-fonds sablovaseux qui les entourent.
On appelle jet de rive (swash, uprush), la projection sur le rivage de l’eau de la
vague qui vient de déferler. Parce que cette eau a reçu une impulsion brutale, son
mouvement en avant est doté d’une forte turbulence qui la rend capable de mobiliser et de déplacer en suspension, par saltation ou roulage, des sables, des
graviers et des galets. Sur une plage, elle monte une pente et sa vitesse se ralentit
car elle est affaiblie par les frottements et la pesanteur, parfois aussi par le vent
lorsque celui-ci souffle de la terre ou quand, à marée montante, elle recouvre des
sédiments secs dans lesquels elle peut partiellement s’infiltrer. Ensuite, après
l’arrêt du mouvement, c’est le retour de l’eau sous la forme d’une nappe de retrait
(backwash), moins turbulente que le jet de rive, qui redescend la pente en roulant
du matériel. Une interférence se produit avec le jet de rive de la vague suivante, ce
qui provoque un freinage et éventuellement un déplacement latéral accompagné
de mouvements tournants. Ainsi, tout l’espace affecté par le déferlement des
vagues est caractérisé par une libération d’énergie à l’origine du déplacement par
charriage, saltation et suspension de galets et de sables d’une part, d’actions
érosives d’autre part.
► La puissance d’attaque des vagues peut s’exercer partout, aussi bien sur les
plages que sur les côtes rocheuses (photo 4), mais c’est surtout au pied des
falaises, lors des grandes tempêtes, qu’elle revêt un caractère spectaculaire.
L’impact des vagues sur une paroi se traduit par une action mécanique. Les coups
de boutoir répétés déclenchent des vibrations qui, accrues par le phénomène de
résonance, fragilisent les roches en les fissurant. L’air que les vagues déferlantes
compriment dans les fractures agrandit et élargit ces dernières. Un phénomène
inverse de succion se produit lors du retrait de l’eau, entraînant parfois le délogement de blocs.
Lorsque les vagues ont à leur disposition du matériel, leur puissance d’attaque
est renforcée. Le bombardement à l’aide de galets peut affecter les abrupts littoraux sur plusieurs dizaines de mètres de hauteur dans le cas de lames jaillissantes.
Mais il est surtout efficace au pied des falaises où il est souvent responsable
d’encoches. Celles-ci mettent en porte-à-faux la partie supérieure des falaises qui
finissent par s’écrouler. Sur les plates-formes rocheuses, le mouvement turbulent
de l’eau après le déferlement engendre des tourbillons à axe vertical. Ceux-ci
entraînent des galets qui creusent des cavités grossièrement circulaires dont les
parois se recoupent par élargissement. Ailleurs, sables et graviers constamment
remués agissent sur la roche par abrasion et s’usent eux-mêmes par attrition. Aussi
les galets et les graviers marins présentent-ils souvent un indice d’émoussé et un
