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Les littoraux
Mais, en général, ce sont de grandes algues à croissance rapide qui prennent la
place des coraux. À cet égard, le cas de la baie de Kanohe, dans File d’Oahu, à
Hawaii, est bien connu : après trente ans d’arrivées d’eaux usées non traitées, les
coraux ont connu une mortalité qui, par endroits, a atteint 100 % et ils sont recouverts par une algue verte, Dictiosphaeria cavernosa, qui atteint ici une taille
gigantesque inhabituelle. Beaucoup d’aéroports d’îles tropicales ont été construits
sur des remblayages opérés aux dépens de récifs coralliens. Enfin, centrales énergétiques et usines de dessalement de l’eau de mer, en modifiant les conditions de
température et de salinité des eaux littorales, peuvent rendre le milieu côtier hostile
à la croissance des coraux.
Le développement du tourisme est dommageable à plusieurs titres pour les récifs
coralliens. L’environnement de rêve qu’ils offrent pour les loisirs des habitants à
haut niveau de vie des pays développés explique l’afflux des visiteurs. Plus de deux
millions de personnes se rendent chaque année sur la Grande Barrière d’Australie
où il a fallu, dans le cadre de la création d’un vaste parc marin de 350 000 km2,
mettre en place un zonage qui permet de contrôler et de limiter la fréquentation. Les
activités de récréation les plus communes comprennent la marche sur les platiers à
marée basse, le ramassage de coraux et de coquillages, la navigation de plaisance,
l’achat de souvenirs coralliens dans les boutiques. Toutes contribuent à la détérioration des récifs. Les promeneurs écrasent sous leurs pieds les coraux fragiles. Les
plongeurs à la recherche d’échantillons abîment avec leurs marteaux et leurs pinces
les colonies de madréporaires branchus qui sont les plus recherchés. Les ancres des
bateaux labourent les récifs et occasionnent des destructions étendues. Quant au
corail et aux coquillages qui lui sont associés, matières premières d’objets de bijouterie et d’ornement, ils n’alimentent pas que les magasins locaux fréquentés par les
touristes. Ils font aussi l’objet d’un commerce à longue distance. Malgré des pressions internationales pour la mise en place et l’application d’une réglementation
sévère destinée à en limiter les effets, en 1986 ce commerce portait encore sur
1 200 tonnes de corail (Salvat, 1990), l’exportation se faisant pour l’essentiel à
partir des Philippines (625 tonnes) et de l’Indonésie (300 tonnes), l’importation
étant surtout le fait des États-Unis (1 000 tonnes).
On a signalé depuis une quinzaine d’années, un peu partout dans les mers
tropicales, des phénomènes de blanchissement de coraux qui menacent de dégénérescence les récifs. Ils sont inquiétants par leur soudaineté, leur extension, leur
sévérité. On les a d’abord remarqués en 1983 dans le golfe de Chiriqui, sur la côte
pacifique du Panama où ils ont entraîné une forte mortalité qui a surtout affecté
les hydrocoralliaires, en particulier le genre Millepora. Ils se sont aussi manifestés à la fin des années quatre-vingt dans les Caraïbes et en 1991 ils ont fait leur
apparition dans les îles de la Société, dans l’océan Pacifique (Salvat, 1992). Ici la
dépigmentation a surtout touché les scléractiniaires, tout spécialement les genre
Acropora et Pocillipora parmi lesquels la mortalité a été élevée, et aussi les genre
Porites et Montipora qui, eux, ont mieux survécu.
Ces poussées de blanchissement sont liées à une expulsion massive des zooxanthelles symbiotiques. Même si elles peuvent être dues à d’autres causes (infections
bactériennes, accroissement de la sédimentation fine terrigène), elles sont le plus
souvent expliquées par une augmentation des températures des eaux océaniques.
Ainsi on a établi une corrélation entre le dépérissement des coraux dans le golfe de
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