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Les littoraux
Les coraux se complaisent dans des eaux agitées parce que Voxygénation y est
bonne. Ils sont moins bien développés sur les côtes sous le vent ou dans les lagons
que sur les côtes au vent battues par les houles. Mais ici, parce que les coraux sont
des organismes fragiles, spécialement ceux qui sont branchus, ils peuvent être
brisés par les fortes vagues.
Lorsque les conditions de vie sont optimales, la croissance des coraux, latérale
si le niveau marin est stable, verticale aussi si celui-ci s’élève, se fait en moyenne à
une vitesse de l’ordre de quelques millimètres par an.
Les récifs coralliens peuvent être regroupés en deux grands ensembles géographiques. Il y a d’abord, parce que c’est le plus riche en formes, le domaine indo-pacifique
(Maldives, Madagascar, Afrique orientale, mer Rouge dans l’océan Indien; sud du
Japon, Philippines, Indonésie, nord de l’Australie, Mélanésie, Micronésie, Polynésie
dans l’océan Pacifique). Vient ensuite le domaine caraïbe (Antilles, Floride, nord-est
du Brésil). On remarquera l’absence de récifs coralliens sur la côte de l’Afrique occidentale, en particulier sur les rivages du golfe de Guinée où l’on s’attendrait à en
trouver car les conditions écologiques nécessaires à leur croissance y sont réunies. Les
causes de cette carence ne sont pas clairement établies. Quant au plus grandiose
édifice corallien du monde, c’est évidemment la Grande Barrière d’Australie qui se
situe en avant de la côte du Queensland où, entre le 10° et le 24° de latitude, elle forme
un rempart affleurant long de plus de 1 600 km et large de 200 à 1 800 m.
B. Les différentes parties d’un récif corallien
Une coupe transversale à travers un récif corallien fait apparaître différentes
parties (fig. 110).
La pente externe s’identifie avec le côté antérieur immergé du récif. Sa déclivité
est généralement bien marquée. Dans le cas des récifs qui bordent des îles océaniques, ce tombant plonge jusqu’à de grandes profondeurs avec une forte inclinaison
de l’ordre de 30°, voire plus. Seule sa partie supérieure est faite de corail vivant.
On y trouve des éboulis cimentés par des algues calcaires. Mais son trait le plus
caractéristique tient à l’existence d’encorbellements, de cavernes et de boyaux.
Le bord externe de certains récifs montre un modelé de crêtes ou d’éperons,
grossièrement perpendiculaires au front du récif, qui alternent avec des sillons,
longs de quelques dizaines de mètres, larges et profonds de quelques mètres. Ce
sont là des formes mixtes, à la fois d’érosion et de construction, qui représentent
probablement une adaptation aux mouvements de l’eau liés au déferlement des
vagues. Le bord externe est aussi caractérisé par l’existence d’une crête algale,
bien développée là où le récif est battu par la houle. Haute de quelques dizaines de
centimètres, large de quelques mètres, de couleur rougeâtre, cette crête édifiée
essentiellement par le genre Porolithon émerge nettement à marée basse.
Le platier récifal a en général une largeur de plusieurs centaines de mètres. H
affleure ou émerge à marée basse. Il est surtout constitué de corail mort. On trouve
souvent sur sa partie antérieure une levée ou rempart détritique de hauteur d ordre
métrique, faite de gros blocs de corail arrachés au front du récif par les vagues de
tempête, en particulier par celles associées au passage des cyclones ou à l’occurrence de tsunamis. Des mégablocs isolés et noircis par des algues perforantes,
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