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Les littoraux
glissements. Ce qui s’est passé il y a quelques années à Barton, dans le Hampshire,
en Angleterre, doit inciter à la prudence. Ici aussi, on avait conforté sur une
longueur de 1 800 m, par un ensemble d’ouvrages, une falaise qui évoluait sous
l’effet de mouvements de masse. On y voyait un exemple de stabilisation réussie
d’un escarpement côtier et la confiance dans le résultat de l’entreprise incita
imprudemment à densifier les constructions jusqu’au bord même de la falaise. Une
longue période de pluies exceptionnellement abondantes pendant l’automne 1974
et l’hiver de 1975 déclencha une reprise de grande ampleur des glissements qui
entraînèrent des dégâts considérables (Clark et al., 1976).
On peut donc à la rigueur retarder les mouvements d’une falaise à évolution
rapide en y mettant le prix, mais on n’est pas pour autant à l’abri d’un retour de son
instabilité. À la confiance fallacieuse que donnent trop souvent les travaux d’ingénierie s’ajoutent deux autres inconvénients. Il s’agit d’abord de l’altération d’un
site par la dénaturation d’un paysage. Tous les travaux dont on a parlé portent
atteinte à l’identité d’une falaise. Imagine-t-on celle d’Etretat artificialisée?
Ensuite, il convient de ne pas oublier que le recul d’une falaise alimente en matériaux la dérive littorale nourricière des rivages sur lesquels s’accumulent des sables
et des galets. Arrêter ce recul a pour conséquence de mettre en situation de déséquilibre sédimentaire les plages voisines qui, à leur tour, pourront voir apparaître
ou s’aggraver des phénomènes d’érosion.
Ainsi, là où des projets d’aménagement existent à proximité de falaises à évolution rapide, la minoration du risque que représente leur érosion passe par la
prévention. Elle implique une connaissance correcte de la vitesse de recul et
l’acceptation d’une occupation du sol suffisamment éloignée du bord de l’escarpement pour que les constructions ne soient pas menacées de destruction pendant
leur durée de vie ou le temps d’amortissement de leur coût. On a un exemple d’une
telle politique à La Rochelle, dans le quartier des Minimes, où le retrait de la
falaise est accepté et intégré dans la logique de l’aménagement de l’espace : les
opérations d’urbanisme y sont menées de pair avec la transformation en parcs et en
espaces verts des terrains situés en bordure immédiate de la falaise. Partout où la
chose est possible, les pouvoirs publics et les collectivités locales devraient privilégier l’indemnisation des biens menacés par le recul des falaises plutôt que la
défense obstinée contre l’avancée de la mer qui, en contrariant une évolution naturelle, introduit dans les systèmes côtiers des dysfonctionnements préjudiciables à
la durabilité des établissements humains.
Orientation bibliographique
Albinei V. — La gestion des falaises à recul rapide en France. Hommes et Terres du Nord,
1995, 7-2,65-72.
Alveirinho Dias J.M. et Neal W.J. — Sea cliff retreat in Southern Portugal : profiles, processes
and problems. Journal of Coastal Research, 1992, 3, 641-654.
Aramaki M.
Coastal érosion accompanying the building of Coastal structures : the Iwaki
coast, Fukushima préfecture, Japan. Abstracts 24th International Geosraphical Congress,
Tokyo, 1980, 7, 150-151.
Les littoraux
glissements. Ce qui s’est passé il y a quelques années à Barton, dans le Hampshire,
en Angleterre, doit inciter à la prudence. Ici aussi, on avait conforté sur une
longueur de 1 800 m, par un ensemble d’ouvrages, une falaise qui évoluait sous
l’effet de mouvements de masse. On y voyait un exemple de stabilisation réussie
d’un escarpement côtier et la confiance dans le résultat de l’entreprise incita
imprudemment à densifier les constructions jusqu’au bord même de la falaise. Une
longue période de pluies exceptionnellement abondantes pendant l’automne 1974
et l’hiver de 1975 déclencha une reprise de grande ampleur des glissements qui
entraînèrent des dégâts considérables (Clark et al., 1976).
On peut donc à la rigueur retarder les mouvements d’une falaise à évolution
rapide en y mettant le prix, mais on n’est pas pour autant à l’abri d’un retour de son
instabilité. À la confiance fallacieuse que donnent trop souvent les travaux d’ingénierie s’ajoutent deux autres inconvénients. Il s’agit d’abord de l’altération d’un
site par la dénaturation d’un paysage. Tous les travaux dont on a parlé portent
atteinte à l’identité d’une falaise. Imagine-t-on celle d’Etretat artificialisée?
Ensuite, il convient de ne pas oublier que le recul d’une falaise alimente en matériaux la dérive littorale nourricière des rivages sur lesquels s’accumulent des sables
et des galets. Arrêter ce recul a pour conséquence de mettre en situation de déséquilibre sédimentaire les plages voisines qui, à leur tour, pourront voir apparaître
ou s’aggraver des phénomènes d’érosion.
Ainsi, là où des projets d’aménagement existent à proximité de falaises à évolution rapide, la minoration du risque que représente leur érosion passe par la
prévention. Elle implique une connaissance correcte de la vitesse de recul et
l’acceptation d’une occupation du sol suffisamment éloignée du bord de l’escarpement pour que les constructions ne soient pas menacées de destruction pendant
leur durée de vie ou le temps d’amortissement de leur coût. On a un exemple d’une
telle politique à La Rochelle, dans le quartier des Minimes, où le retrait de la
falaise est accepté et intégré dans la logique de l’aménagement de l’espace : les
opérations d’urbanisme y sont menées de pair avec la transformation en parcs et en
espaces verts des terrains situés en bordure immédiate de la falaise. Partout où la
chose est possible, les pouvoirs publics et les collectivités locales devraient privilégier l’indemnisation des biens menacés par le recul des falaises plutôt que la
défense obstinée contre l’avancée de la mer qui, en contrariant une évolution naturelle, introduit dans les systèmes côtiers des dysfonctionnements préjudiciables à
la durabilité des établissements humains.
Orientation bibliographique
Albinei V. — La gestion des falaises à recul rapide en France. Hommes et Terres du Nord,
1995, 7-2,65-72.
Alveirinho Dias J.M. et Neal W.J. — Sea cliff retreat in Southern Portugal : profiles, processes
and problems. Journal of Coastal Research, 1992, 3, 641-654.
Aramaki M.
Coastal érosion accompanying the building of Coastal structures : the Iwaki
coast, Fukushima préfecture, Japan. Abstracts 24th International Geosraphical Congress,
Tokyo, 1980, 7, 150-151.
