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Les littoraux
l’origine est souvent un escarpement de faille, comme par exemple sur la côte sud
de l’île de Malte. Les falaises plongeantes résistent bien à l’attaque mécanique des
houles car elles réfléchissent les vagues.
La hauteur des falaises est très variable. La dénivellation des microfalaises est
de l’ordre du décimètre, celle des hautes falaises se situe entre 100 et 500 m. Les
mégafalaises ont des élévations encore plus grandes. L'escarpement côtier de l’île
d’Achill, dans l’ouest de l’Irlande, qui atteint 666 m, détient le record de hauteur
en Europe. Celui du désert chilien, qui se suit sur 250 km au sud de la frontière
avec le Pérou, surplombe l’océan Pacifique de plus de 500 m et il lui arrive de
dépasser 1 000 m (Paskoff, 1978).
Une falaise est vive quand elle est régulièrement battue par la mer, au moins à
marée haute, d’où son aspect d’escarpement raide (fig. 97). Elle est stabilisée lorsqu’elle n’est plus atteinte par les vagues, sinon lors des tempêtes exceptionnelles :
son pied est caché sous un tablier de débris, incliné de 20 à 30° et souvent couvert
de végétation. Une falaise est morte quand le rivage s’en est éloigné par suite de
phénomènes d’alluvionnement ou d’une baisse du niveau marin : elle évolue alors
comme un versant continental empâté par des colluvions qui oblitèrent son profil
originel.
A. Formation et évolution des falaises
Les caractéristiques des falaises (hauteur, profil, vitesse de recul) dépendent des
conditions topographiques et structurales d’une part, des processus morphogéniques en jeu d’autre part.
1. Conditions topographiques et structurales
Une falaise apparaît lorsque la mer entaille, par enlèvement d’un prisme de
matériaux rocheux, un versant continental créé, suivant les cas, par l’érosion
subaérienne (falaises de la côte nord de la Tunisie), par l’activité éruptive (falaises
tronquant les volcans de l’île de Pâques), par des mouvements tectoniques (mégafalaise du nord du Chili dérivant d’escarpements de faille en échelons). La hauteur
de la falaise dépend évidemment du volume du relief ainsi attaqué. Plus il est
important, plus la dénivellation est forte, mais, toutes choses étant égales par
ailleurs, plus le recul est lent.
La nature des roches joue un rôle essentiel dans la morphologie des falaises. Le
recul est logiquement plus rapide et le profil souvent moins raide dans les formations meubles (sables, limons, argiles, marnes) que dans les matériaux cohérents
(calcaires, grès, roches volcaniques, granitiques, métamorphiques). Des roches
dures à l’origine peuvent devenir tendres lorsqu’elles sont sensibles aux phénomènes d altération, comme c’est le cas par exemple des granités. La karstification
alfaiblit les calcaires. Certaines falaises sont taillées sur toute leur hauteur dans un
même matériau au comportement homogène. D’autres le sont dans des roches
différentes par leur résistance et leurs propriétés mécaniques. L’allure des escarpements et les modalités de leur recul seront différents suivant les cas (fig. 98).
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