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Les littoraux
Fig. 86. — Sédimentation deltaïque (d’après G.P. Allen et al., 1979).
1 : sables limoneux fluviatiles (lits et levées). 2 : sables marins de marge deltaïque (barres
d’embouchure). 3 : limons et argiles de plaine deltaïque (cuvettes). 4 : argiles prodeltaïques.
Les flèches noires indiquent le tassement des argiles prodeltaïques sous le poids des dépôts susjacents.
delta du Mississippi, qui au cours des 4 000 dernières années a vu sa superficie
s’étendre et ses contours se régulariser.
Par le jeu continu des défluviations et de la subsidence, on conçoit aisément
qu’un lit puisse se construire au-dessus d’une cuvette, elle-même ayant succédé à
une ancienne barre d’embouchure, et qu’une fois ce lit abandonné son affaissement permette l’apparition d’une nouvelle cuvette, tous ces changements se
faisant sur le même emplacement. On comprend alors la complexité de la sédimentation deltaïque dans laquelle les variations latérales et verticales de faciès sont la
règle (fig. 86).
2. La marge deltaïque
L’intervention de forces d’origine marine — vagues et marées — caractérise la
marge deltaïque dont l’étendue dépend essentiellement du marnage. Dans le delta
du Niger où l’amplitude de la marée varie entre 1 et 2 m, elle est large de 30 à
40 km et elle représente environ 11 000 km2, soit une superficie plus grande que la
plaine deltaïque proprement dite qui couvre seulement 8 400 km2.
Les vagues trient et, par l’intermédiaire des courants côtiers auxquels elles
donnent naissance, dispersent une partie des sédiments apportés par le fleuve. La
dérive littorale prend en charge les sables et construit au-delà de l’embouchure des
rides d’avant-plage qui finissent par émerger en formant des crêtes de plage au
tracé courbe, convexe ou concave suivant les endroits, rehaussées en bourrelets
lorsqu elles sont dunifiées. Sur le rivage d’un sous-delta abondamment alimenté en
apports terrigènes, il peut s’en construire une série, les unes en avant des autres,
chacune matérialisant une position temporaire du trait de côte en progression.
Dans le delta du Danube, comme dans celui du Rhône, on rencontre des crêtes de
plage loin en arrière du rivage actuel; elles permettent de reconstituer les étapes de
la progression de ces deltas. Dans le delta du Mississippi, on appelle cheniers des
crêtes de plage, faites de sable coquillier, colonisées par la végétation, en particulier des chênes, édifiées par des vagues de tempête sur des terrains vaseux. Dans le
Les littoraux
Fig. 86. — Sédimentation deltaïque (d’après G.P. Allen et al., 1979).
1 : sables limoneux fluviatiles (lits et levées). 2 : sables marins de marge deltaïque (barres
d’embouchure). 3 : limons et argiles de plaine deltaïque (cuvettes). 4 : argiles prodeltaïques.
Les flèches noires indiquent le tassement des argiles prodeltaïques sous le poids des dépôts susjacents.
delta du Mississippi, qui au cours des 4 000 dernières années a vu sa superficie
s’étendre et ses contours se régulariser.
Par le jeu continu des défluviations et de la subsidence, on conçoit aisément
qu’un lit puisse se construire au-dessus d’une cuvette, elle-même ayant succédé à
une ancienne barre d’embouchure, et qu’une fois ce lit abandonné son affaissement permette l’apparition d’une nouvelle cuvette, tous ces changements se
faisant sur le même emplacement. On comprend alors la complexité de la sédimentation deltaïque dans laquelle les variations latérales et verticales de faciès sont la
règle (fig. 86).
2. La marge deltaïque
L’intervention de forces d’origine marine — vagues et marées — caractérise la
marge deltaïque dont l’étendue dépend essentiellement du marnage. Dans le delta
du Niger où l’amplitude de la marée varie entre 1 et 2 m, elle est large de 30 à
40 km et elle représente environ 11 000 km2, soit une superficie plus grande que la
plaine deltaïque proprement dite qui couvre seulement 8 400 km2.
Les vagues trient et, par l’intermédiaire des courants côtiers auxquels elles
donnent naissance, dispersent une partie des sédiments apportés par le fleuve. La
dérive littorale prend en charge les sables et construit au-delà de l’embouchure des
rides d’avant-plage qui finissent par émerger en formant des crêtes de plage au
tracé courbe, convexe ou concave suivant les endroits, rehaussées en bourrelets
lorsqu elles sont dunifiées. Sur le rivage d’un sous-delta abondamment alimenté en
apports terrigènes, il peut s’en construire une série, les unes en avant des autres,
chacune matérialisant une position temporaire du trait de côte en progression.
Dans le delta du Danube, comme dans celui du Rhône, on rencontre des crêtes de
plage loin en arrière du rivage actuel; elles permettent de reconstituer les étapes de
la progression de ces deltas. Dans le delta du Mississippi, on appelle cheniers des
crêtes de plage, faites de sable coquillier, colonisées par la végétation, en particulier des chênes, édifiées par des vagues de tempête sur des terrains vaseux. Dans le
