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Les littoraux
autant d’approches qui permettent une reconstitution, souvent précise, des transformations des deltas pendant l’époque historique.
La surface des deltas est très variable. Le delta du Gange-Brahmapoutre, avec
90 000 km2, est le plus grand du monde. Celui du Mississippi s’étend sur plus de
30 000 km2, dont 600 km2 pour le seul sous-delta actif de Balize, tandis que celui
du Rhône ne couvre au total que 1 700 km2. Quelle que soit leur taille, tous présentent des caractères amphibies très marqués : partout, la limite entre la terre et l’eau,
fluviale ou marine, est indécise. Aussi, la superficie indiquée pour un même delta
varie-t-elle selon les auteurs. On ne doit donc considérer les étendues qui viennent
d’être signalées que comme de simples ordres de grandeur.
L’aménagement des deltas par l’Homme implique une stricte maîtrise de cette
eau omniprésente. Une telle maîtrise est ancienne dans l’Asie des moussons où de
grands deltas supportent depuis longtemps de fortes densités de population. On
pourrait dire la même chose pour le delta du Nil. Ailleurs, la mise en valeur des
espaces deltaïques s’est faite surtout au cours de ce siècle. L’intervention anthropique perturbe profondément l’évolution morphologique des deltas.
La connaissance scientifique des deltas a considérablement progressé au cours
des dernières décennies parce que les anciennes embouchures de ce type recèlent
parfois de très importants gisements d’hydrocarbures. En effet, les espaces deltaïques sont caractérisés par la genèse de corps sableux à l’origine de rochesréservoirs bien développées, par une très forte productivité biologique et par une
sédimentation rapide qui piège la matière organique dans les dépôts, autant de
conditions favorables à la présence de pétrole et de gaz (Allen et Mercier, 1987).
Le Mississippi est aujourd’hui le delta le mieux connu du monde. Mais, d’autres
grands deltas, comme ceux du Niger, du Nil et Rhône, ont aussi fait l’objet
d’études approfondies qui permettent de nuancer les enseignements tirés du
modèle mississippien.
A. Deltas simples et deltas composés
► Les deltas simples correspondent en fait à des cônes de déjection littoraux
(fan deltas) construits par des torrents sur le piémont de montagnes qui dominent
la mer. Les alluvions s’accumulent là où la pente longitudinale des cours d’eau
diminue brusquement. Lors des crues, ces deltas sont balayés par des écoulements
lourdement chargés en matériaux grossiers (sables, galets, blocs) et gagnent sur la
mer du terrain qui sera ensuite, au moins partiellement, grignoté par les vagues. Un
bon exemple de ce type de delta se rencontre à l’embouchure de la rivière Samala,
sur la côte sud-ouest du Guatemala (fig. 81). Des périodes de progradation importante du delta sont liées à des phases d’activité des volcans Santa Maria et
Santiaguito situés dans le bassin-versant du cours d’eau. En Géorgie, sur le littoral
de mer Noire, d’Adler à Otchamchiré, les rivières torrentueuses descendues du
Caucase — Mzymta et Psou, Bzyb’, Gumitsa, Kodori — ont édifié des cônes
pentus qui ne progressent plus car les atterrissements ont atteint le bord du talus
qui limite la plate-forme continentale, ici très étroite. Des deltas simples du même
type ont été décrits sur la côte orientale sèche de la Basse-Californie et sur le
littoral aride du Chili, au nord d’Antofagasta. Mais, il s’agit ici, pour l’essentiel, de
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