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Les littoraux
importants et souvent prépondérants (cas de la Gironde et de la Loire). Ils sont liés
à l’érosion par les eaux courantes dans les bassins-versants, donc déterminés par
des conditions climatiques (contrastes, saisonniers et interannuels, thermiques et
surtout pluviométriques), géologiques (affleurements de roches tendres ou dures,
productrices en plus ou moins grandes quantités de débris fins ou grossiers), topographiques (valeur des pentes), biogéographiques (conservation ou dégradation du
couvert végétal plus ou moins dense originellement). Les éléments les plus grossiers, les galets déplacés par roulage, restent dans la partie amont de l’estuaire car
la diminution de la pente longitudinale amortit la vitesse du courant fluvial, donc
sa compétence. Les sables, mus par saltation dans les chenaux, vont plus à l’aval,
mais ils sont gênés dans leur progression par l’obstacle que représente, dans les
estuaires à coin salé, la circulation résiduelle de fond dirigée vers l’amont. Le
volume des matériaux ainsi charriés est difficile à évaluer. Cependant, il est inférieur à celui, mobilisé en suspension, qui intéresse les particules dont le diamètre
est plus petit que celui des sables, c’est-à-dire au-dessous de 0,02 mm (sablons,
limons, argiles, colloïdes, précolloïdes). On estime qu’en moyenne 2,5.106 de
tonnes de sédiments en suspension sont introduits chaque année dans la Gironde
par la Garonne et la Dordogne, tout spécialement lors des crues. Pour l’estuaire de
la Seine, le chiffre serait de quelque 5.105 tonnes.
Des matériaux pénètrent aussi dans les estuaires à partir de la plate forme continentale, apportés par les vagues et la dérive littorale qui sont ensuite relayées par
les courants dus à la marée. Dans le cas de la Gironde, on pense que seuls des
sables arrivent de la mer. La nature de leur fraction coquillière, des traces d’actions
marines sur leurs grains de quartz mises en évidence par l’examen morphoscopique et exoscopique démontrent cette provenance. Ces sables sont plus grossiers,
mais mieux classés, que ceux d’origine fluviatile. Ils restent cantonnés à l’aval de
l’estuaire : ils s’avancent jusqu’à 20 km de l’océan sur la rive gauche, longée
surtout par le flot, et seulement à 10 km sur la rive droite, balayée préférentiellement par le jusant. De fait, ils progressent par saltation et roulage, lorsque le coin
salé est net, grâce à la circulation résiduelle de fond tandis que les particules fines,
venues du continent, sont évacuées vers l’aval en surface.
Si pour la Gironde, et aussi pour l’estuaire de la Loire, il apparaît que l’essentiel
des sédiments en suspension est apporté par le fleuve, pour celui de la Seine, en
revanche, la prépondérance de la mer, en ce qui concerne la fourniture en matériaux solides, semble établie. La question de l’origine des matériaux qui transitent
et se déposent dans les estuaires a été soulevée depuis longtemps et a suscité des
controverses parce que l’on a voulu, à tort, généraliser trop rapidement à partir de
cas particuliers. En l’occurrence, il ne semble pas y avoir une règle applicable à
tous les estuaires.
► Dans la plupart des estuaires, il existe une zone où les sédiments fins en
suspension sont fortement concentrés. Cette zone de turbidité maximale a été
appelée bouchon vaseux par L. Glangeaud auquel revient le mérite de l’avoir identifiée à 1 occasion des ses recherche sur la Gironde. Elle se situe généralement dans
la zone centrale de 1 estuaire, à l’amont de l’intrusion saline, au niveau du point
nodal qu elle suit dans ses migrations longitudinales, au gré des variations du débit
fluvial et de la marée (fig. 72). Le bouchon vaseux repose sur le fond de l’estuaire
et c’est pendant les périodes d’étiage qu’il est le plus dense et le plus volumineux
(fig. 73). La concentration en sédiments y est forte, 10 à 100 fois supérieure à celle
Les littoraux
importants et souvent prépondérants (cas de la Gironde et de la Loire). Ils sont liés
à l’érosion par les eaux courantes dans les bassins-versants, donc déterminés par
des conditions climatiques (contrastes, saisonniers et interannuels, thermiques et
surtout pluviométriques), géologiques (affleurements de roches tendres ou dures,
productrices en plus ou moins grandes quantités de débris fins ou grossiers), topographiques (valeur des pentes), biogéographiques (conservation ou dégradation du
couvert végétal plus ou moins dense originellement). Les éléments les plus grossiers, les galets déplacés par roulage, restent dans la partie amont de l’estuaire car
la diminution de la pente longitudinale amortit la vitesse du courant fluvial, donc
sa compétence. Les sables, mus par saltation dans les chenaux, vont plus à l’aval,
mais ils sont gênés dans leur progression par l’obstacle que représente, dans les
estuaires à coin salé, la circulation résiduelle de fond dirigée vers l’amont. Le
volume des matériaux ainsi charriés est difficile à évaluer. Cependant, il est inférieur à celui, mobilisé en suspension, qui intéresse les particules dont le diamètre
est plus petit que celui des sables, c’est-à-dire au-dessous de 0,02 mm (sablons,
limons, argiles, colloïdes, précolloïdes). On estime qu’en moyenne 2,5.106 de
tonnes de sédiments en suspension sont introduits chaque année dans la Gironde
par la Garonne et la Dordogne, tout spécialement lors des crues. Pour l’estuaire de
la Seine, le chiffre serait de quelque 5.105 tonnes.
Des matériaux pénètrent aussi dans les estuaires à partir de la plate forme continentale, apportés par les vagues et la dérive littorale qui sont ensuite relayées par
les courants dus à la marée. Dans le cas de la Gironde, on pense que seuls des
sables arrivent de la mer. La nature de leur fraction coquillière, des traces d’actions
marines sur leurs grains de quartz mises en évidence par l’examen morphoscopique et exoscopique démontrent cette provenance. Ces sables sont plus grossiers,
mais mieux classés, que ceux d’origine fluviatile. Ils restent cantonnés à l’aval de
l’estuaire : ils s’avancent jusqu’à 20 km de l’océan sur la rive gauche, longée
surtout par le flot, et seulement à 10 km sur la rive droite, balayée préférentiellement par le jusant. De fait, ils progressent par saltation et roulage, lorsque le coin
salé est net, grâce à la circulation résiduelle de fond tandis que les particules fines,
venues du continent, sont évacuées vers l’aval en surface.
Si pour la Gironde, et aussi pour l’estuaire de la Loire, il apparaît que l’essentiel
des sédiments en suspension est apporté par le fleuve, pour celui de la Seine, en
revanche, la prépondérance de la mer, en ce qui concerne la fourniture en matériaux solides, semble établie. La question de l’origine des matériaux qui transitent
et se déposent dans les estuaires a été soulevée depuis longtemps et a suscité des
controverses parce que l’on a voulu, à tort, généraliser trop rapidement à partir de
cas particuliers. En l’occurrence, il ne semble pas y avoir une règle applicable à
tous les estuaires.
► Dans la plupart des estuaires, il existe une zone où les sédiments fins en
suspension sont fortement concentrés. Cette zone de turbidité maximale a été
appelée bouchon vaseux par L. Glangeaud auquel revient le mérite de l’avoir identifiée à 1 occasion des ses recherche sur la Gironde. Elle se situe généralement dans
la zone centrale de 1 estuaire, à l’amont de l’intrusion saline, au niveau du point
nodal qu elle suit dans ses migrations longitudinales, au gré des variations du débit
fluvial et de la marée (fig. 72). Le bouchon vaseux repose sur le fond de l’estuaire
et c’est pendant les périodes d’étiage qu’il est le plus dense et le plus volumineux
(fig. 73). La concentration en sédiments y est forte, 10 à 100 fois supérieure à celle
