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Les littoraux
mer, l’intrusion saline se termine par un coin, limité par la courbe isohaline de
0,5 %c qui est intersectée par le lit de l’estuaire et dont la position varie, d’une part
avec le coefficient de la marée, d’autre part avec l’importance du débit fluvial. Le
mélange entre les deux masses liquides n’est pas immédiat et leur stratification
engendre des courants de densité. Il existe ainsi une circulation hydrologique originale qui s’ajoute à celle liée aux courants de marée et qui donne sa spécificité à la
dynamique estuarienne.
Là où pendant le flot, lorsque la stratification est bien marquée, les poussées
antagonistes de l’eau marine et de l’eau fluviale s’équilibrent, il se forme dans le
fond de l’estuaire, comme L. Berthois l’a montré pour la Loire, une lentille d’eau
immobile. Cette lentille a tendance à se maintenir même après l’étale de pleine
mer car le courant de jusant est souvent lent à s’établir.
Les modalités de pénétration de la marée de salinité ainsi que le degré de mélange
des eaux marines et fluviales permettent de répartir les estuaires en deux grandes
catégories, selon la classification, ici simplifiée, de D. W. Pritchard (fig. 70).
La première catégorie est celle des estuaires à coin salé dans lesquels le rapport
entre le débit fluvial et le volume du prisme d’eau salé introduit par la marée est
élevé. L’eau douce fluviale s’écoule au-dessus de l’intrusion saline, mais, aux
processus diffusifs qui se produisent à l’interface, le va-et-vient de la marée ajoute
des échanges verticaux à double sens. La conséquence est que la salinité du niveau
supérieur fluvial augmente vers l’aval tandis que celle du niveau inférieur marin
diminue vers l’amont. Ces échanges ne perturbent pas fondamentalement la stratification et le gradient de salinité reste suffisamment élevé pour donner naissance à
des courants de densité. Il en résulte une circulation résiduelle étagée qui représente le mouvement des masses d’eau, abstraction faite des allées et venues liées
aux courants de flot et de jusant. L’écoulement se fait vers l’amont au fond, sur
Fig. 70. — Types d’estuaires.
A : estuaire à coin salé. B : estuaire partiellement mélangé.
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