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Les littoraux
__le pouvoir fixateur de sédiments des joncs et des roseaux est beaucoup moins
efficace que celui des palétuviers des mangroves tropicales;
__une légère tendance à la subsidence contrarie une évolution vers le colmatage
des estuaires; elle s’explique par des causes isostatiques à l’échelle du globe :
elle représente la contrepartie du soulèvement en cours des hautes latitudes
continentales, libérées du poids des épais inlandsis qui les couvraient pendant la
dernière époque glaciaire.
C. La dynamique hydrologique des estuaires
Différentes forces se manifestent dans les estuaires. La dérive littorale est
sensible à l’aval où elle est parfois responsable de la construction de flèches
sableuses à pointe libre. La houle et les ondes de tempête pénètrent dans les
estuaires par leur ouverture évasée. Les vagues s’y amortissent rapidement, mais
elles sont capables de tailler des falaises là où elles frappent de plein fouet les rives
avant de perdre leur énergie. Le vent peut faire naître des vagues sur le plan d’eau
des estuaires et, suivant la direction d’où il souffle, il est susceptible de renforcer
ou, au contraire, de freiner la vitesse des courants de marée.
Cependant, les deux forces essentielles qui commandent la dynamique des
estuaires sont, d’une part celle liée au fleuve, d’autre part celle liée à la marée.
Le courant fluvial s’amortit dans un estuaire par diminution de la pente et il finit
par s’annuler. Il est contrarié par le courant de la marée montante, mais il renforce
celui de la marée descendante qui le relaie vers l’aval lorsqu’il disparaît. Le
volume d’eau douce qu’il apporte joue un rôle important dans l’hydrologie de
l’estuaire dont les caractères changent suivant les périodes d’étiage, de débit
moyen ou de crue.
La marée provoque dans un estuaire un mouvement alternatif de la masse d’eau
qu’il contient. La pénétration de l’eau de mer pendant le flot refoule l’eau douce
vers l’amont jusqu’au point à partir duquel on retrouve un courant fluvial dirigé
vers l'aval. C’est ce que l’on appelle la marée dynamique dont l’ampleur dépend
du marnage, de la pente du lit submergé, de la largeur et de la profondeur de
l’estuaire, du débit fluvial. Elle n’a donc pas la même importance en vives-eaux et
en mortes-eaux, en étiage, en eaux moyennes et en crue. Sur la Gironde, en période
d’étiage, la marée dynamique est encore sensible à 165 km de l’océan et sur
1 Amazone, où jusqu’à huit ondes de marée successives peuvent coexister selon
F. Ottmann, elle remonte sur plusieurs centaines de kilomètres. Parfois, en période
de marées de fort coefficient, le flot est précédé par une vague déferlante de
plusieurs dizaines de centimètres de haut qui reçoit le nom de mascaret (photo 31).
Dans un estuaire, parce que sa profondeur et sa largeur diminuent vers l’amont,
1 onde de marée subit des modifications au fur et mesure qu’elle se propage. D une
part, le marnage commence souvent par augmenter (en Gironde, il est de 4,5 m à
Royan, de 6 m à Bordeaux), pour ensuite s’amortir et finir par disparaître avec le
relèvement de la pente du lit. D’autre part, la courbe de marée perd son aspect de
sinusoïde légulière. Elle prend une forme de plus en plus dissymétrique en s’éloignant de la mer parce que le flot devient de plus en plus rapide et court par rapport
au jusant.
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