Les lagunes
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mal traités, sont à l’origine d’une pollution très élevée de la lagune dans laquelle
prolifèrent les ulves et les entéromorphes. La vase noire qui se dépose actuellement exprime cette contamination (Harbridge et al., 1976) par une forte proportion
de matière organique (jusqu’à 30 %) et la présence de métaux qui n’existent pas
dans le bassin-versant de la lagune (plomb, chrome, cadmium, zinc, cuivre). Une
serpule, Merceriella enigmatica, originaire de l’océan Indien, entrée en Méditerranée depuis l’ouverture du canal de Suez, s’est mise à proliférer dans la lagune à
partir des années trente. Elle construit des récifs étendus qui affleurent et entravent
les mouvements de l’eau, surtout dans le bassin nord.
Pollution et mauvaise circulation contribuent à l’eutrophisation de la lagune
(Thomton et al., 1980). En été, avec la chaleur, la température de l’eau augmente
ainsi que sa salinité, par suite de l’évaporation et de la mauvaise communication
avec la mer. Les algues foisonnent alors, mettant à profit la fertilisation de la
lagune par les effluents riches en éléments nutritifs. L’oxygène s’épuise surtout s’il
n’y a pas de vent, et, dans un milieu anaérobie, des bactéries sulfhydriques se
développent, donnant à l’eau une couleur rose et dégageant une forte odeur
nauséabonde d’H2S. C’est alors que les poissons — anguilles, muges, daurades,
loups — périssent en masse par asphyxie et que leurs squelettes s’incorporent à la
vase. Des travaux d’assainissement récents ont amélioré une situation qui était
devenue critique.
► La lagune de Venise
Dans la lagune de Venise, l’influence anthropique est plus récente que dans celle
de Tunis. Elle n’a pris de l’importance qu’à partir du Xe siècle de note ère, avec le
développement de la République de Venise. Les transformations apportées par
l’Homme à la géométrie de la lagune ont profondément modifié son évolution
géomorphologique naturelle (Gatto et Carbognin, 1981).
La lagune avait de nombreux tributaires (Adige, Bacchiglione, Brenta, Sile,
Piave) qui contribuaient à son colmatage rapide. Les atterrissements menaçaient de
rattacher à la terre ferme des îlots sur lesquels était construite la ville et qui, par
leur isolement au milieu de l’eau, constituaient un site défensif. Aussi, du
XVe siècle au xvnie siècle, les Vénitiens s’acharnèrent-ils à détourner les fleuves
qui débouchaient dans la lagune pour arrêter son remblaiement. Ces travaux de
5 dérivation eurent aussi pour effet d’augmenter la salinité des eaux et, par voie de
ç conséquence, d’accroître la compaction des sédiments déposés sur le fond, la vase
» se tassant davantage en présence d’eau salée qu’en présence d’eau douce. Ainsi, la
j profondeur de la lagune cessa de diminuer et se stabilisa autour d une valeur
o moyenne de 1 m.
: Depuis le début du xixe siècle et jusqu’à nos jours, les travaux entrepris ont eu
» Pour but de gagner de l’espace au détriment de la lagune d’une part, d ame rorer
o accessibilité et la navigabilité de la lagune d’autre part (fig. 67).
o On estime qu’au cours de cette période la lagune a perdu quelque 187 km , soit
o env*ron 32 % de sa superficie initiale (586 km2), qui se répartissent ainsi . , m
? concluis par endiguement à des fins agricoles; 32 km* remblayés et destines; aun
g Usage urbain et industriel (implantation d’un port et d’usines à Marg era)’
z coturés pour aménager des salines et surtout des viviers à poissons (va i), en in
; ■ km- de terres intertidales sur lesquelles le jeu de la marée est entrave par es
Q 0UVrages d’utilité publique (routes) et des décharges. Une partie de ces gains s est
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mal traités, sont à l’origine d’une pollution très élevée de la lagune dans laquelle
prolifèrent les ulves et les entéromorphes. La vase noire qui se dépose actuellement exprime cette contamination (Harbridge et al., 1976) par une forte proportion
de matière organique (jusqu’à 30 %) et la présence de métaux qui n’existent pas
dans le bassin-versant de la lagune (plomb, chrome, cadmium, zinc, cuivre). Une
serpule, Merceriella enigmatica, originaire de l’océan Indien, entrée en Méditerranée depuis l’ouverture du canal de Suez, s’est mise à proliférer dans la lagune à
partir des années trente. Elle construit des récifs étendus qui affleurent et entravent
les mouvements de l’eau, surtout dans le bassin nord.
Pollution et mauvaise circulation contribuent à l’eutrophisation de la lagune
(Thomton et al., 1980). En été, avec la chaleur, la température de l’eau augmente
ainsi que sa salinité, par suite de l’évaporation et de la mauvaise communication
avec la mer. Les algues foisonnent alors, mettant à profit la fertilisation de la
lagune par les effluents riches en éléments nutritifs. L’oxygène s’épuise surtout s’il
n’y a pas de vent, et, dans un milieu anaérobie, des bactéries sulfhydriques se
développent, donnant à l’eau une couleur rose et dégageant une forte odeur
nauséabonde d’H2S. C’est alors que les poissons — anguilles, muges, daurades,
loups — périssent en masse par asphyxie et que leurs squelettes s’incorporent à la
vase. Des travaux d’assainissement récents ont amélioré une situation qui était
devenue critique.
► La lagune de Venise
Dans la lagune de Venise, l’influence anthropique est plus récente que dans celle
de Tunis. Elle n’a pris de l’importance qu’à partir du Xe siècle de note ère, avec le
développement de la République de Venise. Les transformations apportées par
l’Homme à la géométrie de la lagune ont profondément modifié son évolution
géomorphologique naturelle (Gatto et Carbognin, 1981).
La lagune avait de nombreux tributaires (Adige, Bacchiglione, Brenta, Sile,
Piave) qui contribuaient à son colmatage rapide. Les atterrissements menaçaient de
rattacher à la terre ferme des îlots sur lesquels était construite la ville et qui, par
leur isolement au milieu de l’eau, constituaient un site défensif. Aussi, du
XVe siècle au xvnie siècle, les Vénitiens s’acharnèrent-ils à détourner les fleuves
qui débouchaient dans la lagune pour arrêter son remblaiement. Ces travaux de
5 dérivation eurent aussi pour effet d’augmenter la salinité des eaux et, par voie de
ç conséquence, d’accroître la compaction des sédiments déposés sur le fond, la vase
» se tassant davantage en présence d’eau salée qu’en présence d’eau douce. Ainsi, la
j profondeur de la lagune cessa de diminuer et se stabilisa autour d une valeur
o moyenne de 1 m.
: Depuis le début du xixe siècle et jusqu’à nos jours, les travaux entrepris ont eu
» Pour but de gagner de l’espace au détriment de la lagune d’une part, d ame rorer
o accessibilité et la navigabilité de la lagune d’autre part (fig. 67).
o On estime qu’au cours de cette période la lagune a perdu quelque 187 km , soit
o env*ron 32 % de sa superficie initiale (586 km2), qui se répartissent ainsi . , m
? concluis par endiguement à des fins agricoles; 32 km* remblayés et destines; aun
g Usage urbain et industriel (implantation d’un port et d’usines à Marg era)’
z coturés pour aménager des salines et surtout des viviers à poissons (va i), en in
; ■ km- de terres intertidales sur lesquelles le jeu de la marée est entrave par es
Q 0UVrages d’utilité publique (routes) et des décharges. Une partie de ces gains s est
