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Les littoraux
Les passes qui donnent accès aux lagunes sont caractérisées par leur instabilité.
Suivant les cas, elles ont tendance à migrer ou à se boucher tandis que de nouvelles
passes peuvent apparaître. L’homme intervient pour les stabiliser, pour les fermer
et aussi pour en ouvrir d’autres.
La stabilisation d’une passe naturelle ou artificielle s’obtient par la construction
de deux jetées, une de chaque côté de l’ouverture, s’avançant dans la mer. Cet
aménagement est généralement accompagné par un calibrage de l’entrée et le creusement d’un chenal dans le delta de marée, opérations qui ont pour but d’assurer
un autodragage par les courants de flot et de jusant du passage ainsi transformé(Le
résultat est de contraindre la dérive littorale à déposer sa charge contre la jetée
qu’elle heurte en premier, tandis qu’au-delà de l’autre jetée le déficit en matériaux
déclenche une érosion de la flèche qui peut aboutir à sa rupture. C’est ce qui s’est
produit sur le cordon littoral de la lagune de Ghar el Melh, en Tunisie nord-orientale, à la suite de l’édification en 1975 de deux jetées destinées à protéger l’entrée
d’un port de pêche creusé dans la lagune. Le système dit du by-pass permet de
remédier à un tel inconvénient. On prélève à l’aide d’une conduite d’aspiration le
matériel à l’endroit où il s’accumule et on le fait passer au-delà du chenal par un
tuyau de refoulement pour rétablir le transit littoral. On évite ainsi à la fois le
démaigrissement du cordon littoral à l’aval des jetées et le comblement de l’entrée
du chenal.
On peut aussi décider de fermer une passe parce que sa migration met en danger
des constructions édifiées sur une flèche ou parce qu’elle représente un obstacle à
la circulation le long de cette flèche. L’exemple de Moore’s Inlet, passe qui séparait Wrightsville Beach de Shell Island (Caroline du Nord, U.S.A.) avant d’être
obstruée en 1965, peut être cité à cet égard (fig. 64). L’ouverture fut bouchée par
du sable extrait dans le delta de flot qui disparut ainsi presque entièrement.
L’espace gagné fit imprudemment l’objet d’un lotissement sur lequel on bâtit des
villas. Celles-ci sont aujourd’hui menacées par deux dangers : d’une part,0ne
réouverture brutale de la passe par le retour de l’eau accumulée dans la lagune à
l’occasion du passage d’un hurricane puisque la protection naturelle qu’offrait le
delta de flot a disparu; d’autre part, une érosion en cours de la flèche depuis que le
delta de jusant s’est naturellement effacé avec la suppression des courants de
marée qui naguère empruntaient la passe et l’avaient construit? Il y a là incontestablement une erreur d’aménagement due à une méconnaissance des processus
géomorphologiques littoraux.
L ouverture de passes artificielles pour améliorer les conditions d’accès dans les
lagunes des bateaux de mer perturbe également les phénomènes naturels. Il y a
d abord, si le transfert littoral est actif, un risque d’ensablement rapide. Ainsi, dans
le Nouveau-Brunswick, au Canada, on aménagea une passe dans la barrière de
Tabusintac en août 1972. Environ l,7.104m3 de sables furent extraits pour
aménager un chenal de 240 m de long, de 50 m de large et profond de 4 m dans
son axe. Moins d un an plus tard, en juillet 1973, le chenal était presque complètement bouché. Pour le protéger d’un sort semblable, le canal de Vridi, qui depuis
1950 connecte la lagune d Abidjan avec la mer, a été équipé successivement, du
côté de 1 ouest, de deux digues, la première ayant été contournée après une vingtaine d années de fonctionnement. Le but recherché est d’arrêter et aussi de dévier
vers le Tiou Sans Fond, canyon sous-marin dont la tête s’approche à moins d’un
kilomètie du rivage, la charge, estimée à 8.105 m3 par an, transportée par la dérive
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