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Les littoraux
freinent les courants et les vagues, ce qui favorise les phénomènes de dépôt. La
végétation des marécages (phragmites) et des marais (salicornes, palétuviers) piège
les particules fines. Les débris animaux et végétaux fournissent une grande quantité
de matière organique qui s’incorpore à la vase. Certains organismes ingèrent des
particules en suspension et excrètent ce qu’ils ne peuvent assimiler sous la forme
d’agrégats qui tombent par gravité. D’autres qui fouillent la vase perturbent la disposition originelle des sédiments accumulés sur le fond des lagunes (bioturbation).
Ces sédiments fins, épais de plusieurs mètres, recouvrent des matériaux plus
grossiers, des sables déposés par la mer lorsque vers la fin de la transgression
postglaciaire elle s’est approchée de son niveau actuel, qui eux-mêmes succèdent à
des cailloutis continentaux épandus pendant la régression glaciaire. Les affleurements de roche en place sont exceptionnels dans le fond des lagunes. Des
carottages dans les formations meubles permettent de reconstituer, par l’étude en
laboratoire des sédiments, l’histoire des lagunes au cours des derniers millénaires
(fig. 62). D’une façon générale, les lagunes ont vu leur profondeur diminuer (d’une
dizaine de mètres pour l’étang de Canet-Saint-Nazaire, sur la côte du Languedoc,
au cours des 5 000 dernières années) et leur surface se réduire (d’environ 900 à
300 km2 pour la lagune St. Lucia, sur la côte du Natal, en Afrique du Sud, au cours
des 5 000 dernières années).
1 . substratum pliocène. 2 : sables. 3 : vase. Les nombres indiquent des âges B.R
Cependant, toutes les lagunes n’évoluent pas par simple comblement progressif
conduisant à leur disparition. Des lagunes, à l’origine étroites et allongées, peuvent
dans un premier temps se subdiviser en un groupe de lagunes qui tendent à prendre
une forme elliptique (fig. 63). Les étapes de cette fragmentation ont été expliquées
parV.P. Zenkovich. Lorsque des vents dominants soufflent parallèlement au grand
axe de la lagune initiale, ils donnent naissance à des vagues et à des courants qui se
propagent dans la même direction. De petites irrégularités dans le tracé des rives
provoquent la formation de flèches nourries par la dérive qu’engendre la houle.
Ces flèches s’avancent dans la lagune obliquement ou perpendiculairement par 1
Fig. 62. — Sédimentation holocène dans la lagune de Canet-Saint-Nazaire (Roussillon)
(d’après C. Duboul-Razavet et R. Martin, 1981).
Les littoraux
freinent les courants et les vagues, ce qui favorise les phénomènes de dépôt. La
végétation des marécages (phragmites) et des marais (salicornes, palétuviers) piège
les particules fines. Les débris animaux et végétaux fournissent une grande quantité
de matière organique qui s’incorpore à la vase. Certains organismes ingèrent des
particules en suspension et excrètent ce qu’ils ne peuvent assimiler sous la forme
d’agrégats qui tombent par gravité. D’autres qui fouillent la vase perturbent la disposition originelle des sédiments accumulés sur le fond des lagunes (bioturbation).
Ces sédiments fins, épais de plusieurs mètres, recouvrent des matériaux plus
grossiers, des sables déposés par la mer lorsque vers la fin de la transgression
postglaciaire elle s’est approchée de son niveau actuel, qui eux-mêmes succèdent à
des cailloutis continentaux épandus pendant la régression glaciaire. Les affleurements de roche en place sont exceptionnels dans le fond des lagunes. Des
carottages dans les formations meubles permettent de reconstituer, par l’étude en
laboratoire des sédiments, l’histoire des lagunes au cours des derniers millénaires
(fig. 62). D’une façon générale, les lagunes ont vu leur profondeur diminuer (d’une
dizaine de mètres pour l’étang de Canet-Saint-Nazaire, sur la côte du Languedoc,
au cours des 5 000 dernières années) et leur surface se réduire (d’environ 900 à
300 km2 pour la lagune St. Lucia, sur la côte du Natal, en Afrique du Sud, au cours
des 5 000 dernières années).
1 . substratum pliocène. 2 : sables. 3 : vase. Les nombres indiquent des âges B.R
Cependant, toutes les lagunes n’évoluent pas par simple comblement progressif
conduisant à leur disparition. Des lagunes, à l’origine étroites et allongées, peuvent
dans un premier temps se subdiviser en un groupe de lagunes qui tendent à prendre
une forme elliptique (fig. 63). Les étapes de cette fragmentation ont été expliquées
parV.P. Zenkovich. Lorsque des vents dominants soufflent parallèlement au grand
axe de la lagune initiale, ils donnent naissance à des vagues et à des courants qui se
propagent dans la même direction. De petites irrégularités dans le tracé des rives
provoquent la formation de flèches nourries par la dérive qu’engendre la houle.
Ces flèches s’avancent dans la lagune obliquement ou perpendiculairement par 1
Fig. 62. — Sédimentation holocène dans la lagune de Canet-Saint-Nazaire (Roussillon)
(d’après C. Duboul-Razavet et R. Martin, 1981).
