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Les littoraux
constituent souvent un substrat pour le développement de marais. Les deltas de flot
prélèvent donc du matériel au détriment du transfert littoral et contribuent au
comblement des lagunes.
Les sables du domaine marin participent au colmatage des lagunes par d’autres
voies. Le débordement des vagues de tempête par dessus les ensellements des
flèches est responsable de l’existence de cônes de débordement ou washover fans,
accumulations de sable, et parfois de galets, en forme d’éventail. Quant au vent, il
est capable, dans les régions arides, de construire avec les sables prélevés sur les
estrans marins des dunes qui s’avancent dans les lagunes.
À propos du rôle du vent, il faut signaler que dans les régions semi-arides où les
lagunes sont souvent fermées, l’abaissement du plan d’eau après la saison
pluvieuse assèche les bordures argileuses : les efflorescences permettent la formation d’agrégats de sels et de particules fines qui sont balayés par la déflation et
accumulés en dunes d’argiles ou lunettes sur les rives sous le vent.
On trouve aussi sur les bords des lagunes des marais, là où le marnage est
sensible, et de petits deltas, là où débouchent des cours d’eau. Ces formes d’accumulation réduisent progressivement l’étendue des plans d’eau.
Il existe parfois des chenaux dans le fond des lagunes. Certains doivent leur
origine à d’anciens cours de rivières, creusés dans la roche en place pendant la
dernière grande régression marine et maintenus dégagés par les courants de marée
lorsque ceux-ci sont actifs. D’autres se situent juste en arrière du cordon littoral,
parallèlement à la côte, là où, par suite de la pente originelle de la plate-forme
continentale, la profondeur des lagunes est généralement plus grande. Lorsque la
sédimentation est importante, ces chenaux tendent à s’effacer.
E. L’évolution des lagunes
Les lagunes constituent un trait éphémère des côtes. Leur évolution est rapide à
l’échelle géologique du temps. Les lagunes actuelles sont apparues après que le
niveau de la mer s’est stabilisé près de sa position actuelle, il y a 5 ou 6 000 ans, à
la fin de la transgression postglaciaire.
Plusieurs générations de lagunes ont pu occuper le même emplacement. Ainsi,
sur les côtes de la mer des Tchouktches, aussi bien en Alaska qu’en Sibérie, les
cordons littoraux qui barrent les lagunes actuelles se situent au même endroit que
des cordons plus anciens construits entre 50 000 et 20 000 ans B.P. Il en va de
même sur la côte orientale de l’Afrique du Sud où la barrière qui isole les lagunes
du Natal, au Nord de Durban, se superpose à une barrière plus ancienne qui date du
Quaternaire supérieur ou du Quaternaire moyen.
Dans d autres cas, il existe différentes générations de barrières, édifiées les unes
en avant des autres. Ainsi, les grandes lagunes de la côte méridionale du Brésil
(lagune Dos Patos, lagune Mirim) appartiennent à un type particulier car elles sont
limitées par des cordons littoraux construits pendant la dernière période interglaciaire, il y a environ 120 000 ans, lorsque le niveau de la mer était légèrement plus
haut que celui d aujourd’hui. De fait, seules les lagunes alignées plus à l’est
(lagune Magueira et les petites lagunes situées au nord de Rio Grande) sont de
Les littoraux
constituent souvent un substrat pour le développement de marais. Les deltas de flot
prélèvent donc du matériel au détriment du transfert littoral et contribuent au
comblement des lagunes.
Les sables du domaine marin participent au colmatage des lagunes par d’autres
voies. Le débordement des vagues de tempête par dessus les ensellements des
flèches est responsable de l’existence de cônes de débordement ou washover fans,
accumulations de sable, et parfois de galets, en forme d’éventail. Quant au vent, il
est capable, dans les régions arides, de construire avec les sables prélevés sur les
estrans marins des dunes qui s’avancent dans les lagunes.
À propos du rôle du vent, il faut signaler que dans les régions semi-arides où les
lagunes sont souvent fermées, l’abaissement du plan d’eau après la saison
pluvieuse assèche les bordures argileuses : les efflorescences permettent la formation d’agrégats de sels et de particules fines qui sont balayés par la déflation et
accumulés en dunes d’argiles ou lunettes sur les rives sous le vent.
On trouve aussi sur les bords des lagunes des marais, là où le marnage est
sensible, et de petits deltas, là où débouchent des cours d’eau. Ces formes d’accumulation réduisent progressivement l’étendue des plans d’eau.
Il existe parfois des chenaux dans le fond des lagunes. Certains doivent leur
origine à d’anciens cours de rivières, creusés dans la roche en place pendant la
dernière grande régression marine et maintenus dégagés par les courants de marée
lorsque ceux-ci sont actifs. D’autres se situent juste en arrière du cordon littoral,
parallèlement à la côte, là où, par suite de la pente originelle de la plate-forme
continentale, la profondeur des lagunes est généralement plus grande. Lorsque la
sédimentation est importante, ces chenaux tendent à s’effacer.
E. L’évolution des lagunes
Les lagunes constituent un trait éphémère des côtes. Leur évolution est rapide à
l’échelle géologique du temps. Les lagunes actuelles sont apparues après que le
niveau de la mer s’est stabilisé près de sa position actuelle, il y a 5 ou 6 000 ans, à
la fin de la transgression postglaciaire.
Plusieurs générations de lagunes ont pu occuper le même emplacement. Ainsi,
sur les côtes de la mer des Tchouktches, aussi bien en Alaska qu’en Sibérie, les
cordons littoraux qui barrent les lagunes actuelles se situent au même endroit que
des cordons plus anciens construits entre 50 000 et 20 000 ans B.P. Il en va de
même sur la côte orientale de l’Afrique du Sud où la barrière qui isole les lagunes
du Natal, au Nord de Durban, se superpose à une barrière plus ancienne qui date du
Quaternaire supérieur ou du Quaternaire moyen.
Dans d autres cas, il existe différentes générations de barrières, édifiées les unes
en avant des autres. Ainsi, les grandes lagunes de la côte méridionale du Brésil
(lagune Dos Patos, lagune Mirim) appartiennent à un type particulier car elles sont
limitées par des cordons littoraux construits pendant la dernière période interglaciaire, il y a environ 120 000 ans, lorsque le niveau de la mer était légèrement plus
haut que celui d aujourd’hui. De fait, seules les lagunes alignées plus à l’est
(lagune Magueira et les petites lagunes situées au nord de Rio Grande) sont de
