Les lagunes
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Fig. 58. — Types de passes.
La flèche indique la direction de
la dérive littorale dominante.
a r m a n d
c o l in .
L a
p h o to c o p ie n o n
a u to ris é e
e s t u n
d é lit.
Lorsque l’existence d’une passe tient essentiellement à l’occurrence d’un
courant fluvial de décharge, toute baisse importante du débit du cours d’eau pour
des raisons climatiques, saisonnières ou accidentelles, peut provoquer une fermeture passagère. La fermeture devient définitive dans le cas d’un fleuve qui, par
suite d’un changement de tracé, à l’occasion d’une crue, cesse d’être tributaire
d’une lagune. Le cas n’est pas rare dans les plaines deltaïques. Il a fallu maintenir
artificiellement une passe à travers le cordon littoral qui isole la lagune de Ghar el
Melh (Porto Farina), en Tunisie nord-orientale, depuis que la Medjerda a cessé de
se jeter dans cette lagune à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle. Avant cet
événement, l’effet de chasse maintenait sans peine une ouverture naturelle.
Des passes nouvelles peuvent apparaître. Pendant les tempêtes, de hautes
vagues créent des brèches dans les ensellements des barrières. Des vents violents
soufflant vers la terre, à l’occasion du passage d’un hurricane par exemple, poussent l’eau de mer à s’engouffrer dans une lagune par les passes existantes, ce qui
élève anormalement le niveau du plan d’eau. L’éloignement du cyclone provoque
un changement dans le sens des vents qui se dirigent alors vers le large, d où des
déversements d’eau par-dessus la flèche à l’origine d’ouvertures (fig. 59). On
comprend aisément ce phénomène si l’on sait qu’en 1961 le hurricane Caila a
surélevé de 8 m le niveau de la lagune située en arrière de la barrière de Padre
Island au Texas.
Il arrive aussi que, sur des flèches dont le sable est saturé d eau, des ébranlements dus au déferlement des vagues créent des brèches par thixotropie.
Lorsque la dérive littorale chargée en sédiments a une résultante nette, les
passes ont tendance à migrer dans le même sens, à une vitesse de quelques mètres
à plusieurs dizaines de mètres par an, parfois sur de longues distances. Ainsi, la
passe de Fire Island, dans l’État de New York, aux U.S.A., s est déplacée d une
dizaine de kilomètres entre 1825 et 1940. Cette migration est le résultat de l’addition de sédiments par la dérive littorale sur le côté amont de la passe qui s allonge
par adjonction de crochets successifs, formant ainsi un pouliei, tandis que le cote
aval ou musoir recule sous l’effet de l’érosion des courants de marée. Quand une
passe se déplace de cette sorte sur une longue distance, il arrive qu elle finisse pai
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Fig. 58. — Types de passes.
La flèche indique la direction de
la dérive littorale dominante.
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Lorsque l’existence d’une passe tient essentiellement à l’occurrence d’un
courant fluvial de décharge, toute baisse importante du débit du cours d’eau pour
des raisons climatiques, saisonnières ou accidentelles, peut provoquer une fermeture passagère. La fermeture devient définitive dans le cas d’un fleuve qui, par
suite d’un changement de tracé, à l’occasion d’une crue, cesse d’être tributaire
d’une lagune. Le cas n’est pas rare dans les plaines deltaïques. Il a fallu maintenir
artificiellement une passe à travers le cordon littoral qui isole la lagune de Ghar el
Melh (Porto Farina), en Tunisie nord-orientale, depuis que la Medjerda a cessé de
se jeter dans cette lagune à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle. Avant cet
événement, l’effet de chasse maintenait sans peine une ouverture naturelle.
Des passes nouvelles peuvent apparaître. Pendant les tempêtes, de hautes
vagues créent des brèches dans les ensellements des barrières. Des vents violents
soufflant vers la terre, à l’occasion du passage d’un hurricane par exemple, poussent l’eau de mer à s’engouffrer dans une lagune par les passes existantes, ce qui
élève anormalement le niveau du plan d’eau. L’éloignement du cyclone provoque
un changement dans le sens des vents qui se dirigent alors vers le large, d où des
déversements d’eau par-dessus la flèche à l’origine d’ouvertures (fig. 59). On
comprend aisément ce phénomène si l’on sait qu’en 1961 le hurricane Caila a
surélevé de 8 m le niveau de la lagune située en arrière de la barrière de Padre
Island au Texas.
Il arrive aussi que, sur des flèches dont le sable est saturé d eau, des ébranlements dus au déferlement des vagues créent des brèches par thixotropie.
Lorsque la dérive littorale chargée en sédiments a une résultante nette, les
passes ont tendance à migrer dans le même sens, à une vitesse de quelques mètres
à plusieurs dizaines de mètres par an, parfois sur de longues distances. Ainsi, la
passe de Fire Island, dans l’État de New York, aux U.S.A., s est déplacée d une
dizaine de kilomètres entre 1825 et 1940. Cette migration est le résultat de l’addition de sédiments par la dérive littorale sur le côté amont de la passe qui s allonge
par adjonction de crochets successifs, formant ainsi un pouliei, tandis que le cote
aval ou musoir recule sous l’effet de l’érosion des courants de marée. Quand une
passe se déplace de cette sorte sur une longue distance, il arrive qu elle finisse pai
