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Les littoraux
C. Les caractéristiques de l’eau dans les lagunes
L’alimentation en eau des lagunes procède de diverses origines qui se combinent dans des proportions variables : eau de mer, eau d’écoulement continental,
eau de pluie, eau de nappe phréatique. En l’absence d’une infiltration importante,
la perte en eau se fait essentiellement par évaporation.
Les lagunes qui sont en communication avec la mer ne connaissent que des
variations de niveau d’amplitude réduite, dues au phénomène de la marée, à la
variation de la pression atmosphérique, à l’impulsion du vent. Même si l’apport
d’eau douce par les cours d’eau tributaires est appréciable, le mélange avec l’eau
salée, sous l’effet des courants de vent ou de marée, se fait généralement bien à
cause des faibles profondeurs. Aussi, à la différence de ce qui se passe dans les
estuaires, ne se produit-il pas de stratification, sauf dans certaines lagunes étendues
et assez profondes pour que deux masses d’eau puissent coexister avec un gradient
de salinité qui donne naissance à une circulation de densité. Lorsque la contribution des cours d’eau et de la pluie est supérieure au prélèvement par l’évaporation,
il s’établit un courant en direction de la mer qui se heurte à celui de la marée au
moment du flot. Si, au contraire, le bilan alimentation en eau douce-évaporation
est déficitaire, de l'eau salée pénètre dans les lagunes en renforçant le flot. Une
même lagune peut voir alterner ces deux types d’échange au gré des saisons.
Le niveau des lagunes fermées est plus variable que celui des lagunes ouvertes.
Suivant que le budget hydrologique est positif ou négatif, le plan d’eau est plus
élevé — mais pas trop, car un déversement par-dessus la barrière ouvrirait une
brèche qui établirait une communication avec la mer — ou moins élevé que celui
de la mer. Des échanges avec cette dernière sont possibles. De l’eau plus ou moins
saumâtre des lagunes peut percoler à basse mer à travers les cordons littoraux, audessus de la nappe d’eau salée, et sourdre sur les estrans (fig. 56). Inversement,
lors des tempêtes, les vagues arrivent à franchir par endroits les cordons et à
projeter de l’eau de mer dans les lagunes.
Une salinité variable dans l’espace et dans le temps caractérise les lagunes.
Suivant les lieux et suivant les époques, l’eau peut être douce, saumâtre, salée ou
Fig. 56.
Infiltration de I eau d une lagune fermée à travers un cordon littoral
(d’après F. Ottmann, 1965).
1 : nappe d’eau salée. 2 : nappe d’eau saumâtre.
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