Les lagunes
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© a r m a n d
c o l in .
L a
p h o to c o p ie n o n
a u to ris é e e s t u n
d é lit.
B. Les forces en jeu dans l’évolution des lagunes
Elles sont liées à l’agitation de l’eau de mer (houle, marée), à l’écoulement de
l’eau continentale, au mouvement de l’air.
► La houle, lorsqu’elle arrive obliquement par rapport au tracé du rivage, donne
naissance à un transit côtier de sable et de galets qui nourrit les flèches en arrière
desquelles se situent les lagunes. Ce transfert sédimentaire lié à la dérive littorale joue
un rôle essentiel dans le maintien des cordons et dans l’évolution des passes quand il
en existe. Là où ces cordons qui barrent les lagunes sont étroits et peu élevés, les
vagues de tempête peuvent les franchir et déverser dans les lagunes de l’eau de mer
chargée de sable. Ce phénomène de débordement (overwash) participe au colmatage
des lagunes, mais aussi à la migration des flèches en direction de la terre.
La marée intervient d’autant plus que le marnage est plus grand et que les passes
sont plus nombreuses et plus larges. Au fur et à mesure qu’elle pénètre plus avant
dans l’intérieur des lagunes, elle connaît une diminution d’amplitude et un retard
dans sa propagation. D’une façon générale, le flot est plus court, plus rapide aussi,
que le jusant. Dans les grandes lagunes qui communiquent avec la mer par des
passes multiples, le niveau peut ne pas varier de façon identique et synchrone sur
toute l’étendue du plan d’eau. Les courants de marée qui atteignent leur vitesse
maximale dans les passes, parfois plusieurs mètres par seconde, s’amortissent vers
l’intérieur où ils sont canalisés par des chenaux. La marée est capable de provoquer
des échanges d’eau considérables entre la mer et les lagunes. J. Larras estime à
3,7.108 m3 le prisme de marée en période de vives-eaux pour le bassin d’Arcachon.
► Les rivières qui se jettent dans les lagunes créent des courants de décharge
vers la mer dont l’effet de chasse contribue, avec le va-et-vient des courants de
marée, au maintien des passes. Ces courants de décharge renforcent les courants de
jusant. Lors des crues importantes, surtout si le marnage est faible, ils peuvent
empêcher l’entrée dans les lagunes des courants de flot et expulser en mer des
sédiments fins d’origine terrigène.
► Le vent se manifeste diversement. Lorsqu’il souffle vers la terre et que sa
vitesse est suffisante, il transporte, par saltation et par roulage, des sables depuis
les cordons littoraux jusque dans les lagunes situées en arrière, contribuant ainsi,
en particulier dans les régions arides, à leur remblaiement. Quand le vent est très
fort, comme c’est le cas lors des passages des cyclones tropicaux, il augmente la
hauteur des vagues et, surtout, il surélève pendant quelques heures, parfois de
plusieurs mètres, le niveau de la mer, ce qui généralise les phénomènes de débordement par-dessus les cordons littoraux.
Sur les lagunes assez vastes, quelle que soit sa direction, le vent crée des vagues
qui peuvent éroder les berges et faire naître, d’une part, les profondeurs étant faibles,
des turbulences responsables de la remise en suspension de sédiments fins, d autre
part des courants générateurs d’une nouvelle répartition de ces matériaux. Dans les
régions où les marées sont médiocres et les apports d’eau fluviale peu importants, le
vent joue un rôle primordial dans l’agitation de l’eau des lagunes. Ainsi, dans les
étangs côtiers du Languedoc-Roussillon, les conditions hydrodynamiques sont dans
la dépendance étroite des vents dominants, la tramontane et le marin.
Par déflation, le vent peut mettre en mouvement, sur les bords asséchés des
lagunes, pendant la saison sans pluie, des grains adaptés à sa compétence et les
accumuler en dunes après un transfert plus ou moins long.
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