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Les littoraux
Fig. 47. — Étalement classique de la végétation dans une vasière d’une région tropicale
sans saison sèche (d’après A. Guilcher, 1979).
BMVE : basses mers de vives-eaux
HMVE : hautes mers de vives-eaux
1 : Rhizophora. 2 : Avicennia. 3 : Palmiers. 4 : forêt continentale.
Nouvelle-Calédonie, il existe sur les vasières maritimes, en arrière de la mangrove, un
espace sans végétation auquel on donne quelquefois le nom de tanne. Cet espace nu est
atteint par l’eau de mer lors des marées de vives-eaux et une forte évaporation s’y
produit pendant la saison sèche en période de mortes-eaux, ce qui entraîne un abaissement de la nappe phréatique et des précipitations salines (halite, gypse). La sursalure
explique l’absence de végétation (fig. 48).
Pour certains auteurs, la mangrove ne favoriserait pas la sédimentation : elle se
limiterait à suivre l’envasement en le colonisant progressivement. D’autres, au
contraire, pensent qu’elle l’aide en freinant les mouvements de l’eau de mer, en
arrêtant des particules fines avec ses pneumatophores, en ancrant la boue avec ses
racines. Avicennia, en particulier, semble jouer un rôle important dans l’accrétion.
De fait, on manque de données quantitatives à cet égard. La forte bioturbation ne
permet pas d’utiliser la méthode classique des semis de sable. Près de Townsville,
dans le Queensland (Australie), une expérience a été tentée à partir de piquets
espacés simulant des pneumatophores (Spenceley, 1977). Elle a fait apparaître un
dépôt de vase pendant la saison sèche et une érosion pendant la saison pluvieuse
qui est aussi celle du vent et des vagues. Le rôle stabilisateur du fin réseau de radicelles associées aux grosses racines des palétuviers a été également mis en
évidence. Dans la baie de Caims, toujours dans le Queensland, où Avicennia est
l’arbre pionnier, on a noté une avancée de la vasière de 140 m en 28 ans, avec des
hauteurs verticales de sédimentation allant de 5 à 10 cm en dix ans, les valeurs les
plus fortes se situant, comme il fallait s’y attendre, près des chenaux de marée.
Sur la côte de la Guyane française, les vasières à siriubal, nom local donné à
une mangrove dans laquelle le palétuvier prédominant est Avicennia, connaissent,
par secteurs, des alternances d’avancées spectaculaires, de l’ordre de 100 à 200 m/
an, suivies de reculs non moins impressionnants. Ce phénomène est lié à l’existence de bancs de vase espacés, d’origine amazonienne, longs de 20 à 40 km, qui
sont entraînés vers le nord-ouest par le courant des Guyanes à une vitesse de
1 ordre de 900 m/an. L envasement correspond au passage d’un banc, le dévasement à son éloignement.
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