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Les littoraux
et de reflux de l’eau. Elles amortissent les courants, piègent les particules fines en
suspension et les fixent avec leurs racines. Elles participent ainsi activement à la
sédimentation verticale sur le schorre, ajoutant aussi à la fraction minérale un
apport organique non négligeable.
Certaines plantes, comme Obione portulacoides, constituent parfois des peuplements purs; d’autres, très souples dans leurs exigences écologiques, telle
Puccinellia maritima, s’observent à tous les niveaux, depuis la haute slikke jusqu’à
l’intérieur des schorres. Mais, le plus souvent, les espèces sont mélangées et, en
fonction d’une adaptation variable à la salinité et à une submersion plus ou moins
prolongée, elles montrent un étagement.
Dans les marais de l’Europe occidentale, en partant du bord externe du schorre,
on retrouve d’abord des plantes déjà rencontrées sur la haute slikke — Salicornia
herbacea, Spartina stricta, Spartina townsendii — auxquelles s’ajoutent Puccinellia maritima, bonne fixatrice de la vase et fourrage apprécié, Suaeda maritima,
Aster tripolium et, en particulier sur les levées des chenaux de marée, Obione portulacoides. Plus à l’intérieur, là où la salure est moindre et où les submersions sont
plus rares, le relais est pris par Statice limonium, Plantago maritima, Armeria maritima, Triglochin maritimum. Sur la marge interne où l’eau est moins abondante et
moins saumâtre apparaissent Agropyrum pungens, Festuca rubra, Juncus gerardi,
Beta maritima. Beaucoup de ces halophytes débordent la zone tempérée pour
atteindre des latitudes froides. On retrouve des espèces appartenant aux mêmes
genres en Amérique du Nord. Sur la côte atlantique, en Nouvelle-Angleterre, les
plantes caractéristiques des marais sont Spartina alterniflora, Spartina patens,
Juncus roemerianus. Sur la côte pacifique, en Basse-Californie, on observe Salicornia virginica, Spartina foliosa, Suaeda californica.
Le schorre est parcouru par des chenaux encaissés, ramifiés vers l’amont, qui
constituent un réseau hiérarchisé et qui se répartissent en deux groupes. Certains
chenaux recueillent et évacuent les eaux continentales dont la salinité s’accroît vers
l’aval. D’autres, qui peuvent être connectés avec les premiers, sont empruntés par
des courants de marée et dessinent souvent des méandre prononcés (photo 25). Leur
origine tient à l’irrégularité de la sédimentation et de l’installation de la végétation
sur le schorre au fur et à mesure que ce dernier se développe. Cette irrégularité
permet la concentration de l’eau marine montante et descendante le long d’itinéraires sinueux qui échappent à la colonisation par les plantes et se perpétuent en se
calibrant. Si les chenaux principaux paraissent stables, les chenaux secondaires,
moins larges et moins profonds, évoluent en migrant latéralement. Les berges
concaves des méandres, sapées par les courants et minées par des terriers de crabes
(Corophium volutator), reculent en s’éboulant tandis que les rives convexes
s engraissent par dépôt de sédiments. Les chenaux du schorre sont souvent accompagnés de levées, parfois dissymétriques, hautes de quelques décimètres et
constituées par du matériel moins fin que celui qui s’accumule sur les interfluves.
Un schorre montre aussi, isolées ou groupées, de petites dépressions fermées, de
diamètre d ordre métrique et de profondeur décimétrique, aux bords raides quand
elles ont tendance à s’agrandir. Ces cuvettes ont une forme plus ou moins régulière, ronde, ovale ou allongée (photo 26). À l’occasion de la submersion du
schorre, elles se remplissent d’eau dont la teneur en sel se concentre avec l’évaporation. Elles peuvent s assécher. Leur fond est dépourvu de végétation. Elles sont
parfois capturées par des chenaux au cours de la migration de ces derniers.
Les littoraux
et de reflux de l’eau. Elles amortissent les courants, piègent les particules fines en
suspension et les fixent avec leurs racines. Elles participent ainsi activement à la
sédimentation verticale sur le schorre, ajoutant aussi à la fraction minérale un
apport organique non négligeable.
Certaines plantes, comme Obione portulacoides, constituent parfois des peuplements purs; d’autres, très souples dans leurs exigences écologiques, telle
Puccinellia maritima, s’observent à tous les niveaux, depuis la haute slikke jusqu’à
l’intérieur des schorres. Mais, le plus souvent, les espèces sont mélangées et, en
fonction d’une adaptation variable à la salinité et à une submersion plus ou moins
prolongée, elles montrent un étagement.
Dans les marais de l’Europe occidentale, en partant du bord externe du schorre,
on retrouve d’abord des plantes déjà rencontrées sur la haute slikke — Salicornia
herbacea, Spartina stricta, Spartina townsendii — auxquelles s’ajoutent Puccinellia maritima, bonne fixatrice de la vase et fourrage apprécié, Suaeda maritima,
Aster tripolium et, en particulier sur les levées des chenaux de marée, Obione portulacoides. Plus à l’intérieur, là où la salure est moindre et où les submersions sont
plus rares, le relais est pris par Statice limonium, Plantago maritima, Armeria maritima, Triglochin maritimum. Sur la marge interne où l’eau est moins abondante et
moins saumâtre apparaissent Agropyrum pungens, Festuca rubra, Juncus gerardi,
Beta maritima. Beaucoup de ces halophytes débordent la zone tempérée pour
atteindre des latitudes froides. On retrouve des espèces appartenant aux mêmes
genres en Amérique du Nord. Sur la côte atlantique, en Nouvelle-Angleterre, les
plantes caractéristiques des marais sont Spartina alterniflora, Spartina patens,
Juncus roemerianus. Sur la côte pacifique, en Basse-Californie, on observe Salicornia virginica, Spartina foliosa, Suaeda californica.
Le schorre est parcouru par des chenaux encaissés, ramifiés vers l’amont, qui
constituent un réseau hiérarchisé et qui se répartissent en deux groupes. Certains
chenaux recueillent et évacuent les eaux continentales dont la salinité s’accroît vers
l’aval. D’autres, qui peuvent être connectés avec les premiers, sont empruntés par
des courants de marée et dessinent souvent des méandre prononcés (photo 25). Leur
origine tient à l’irrégularité de la sédimentation et de l’installation de la végétation
sur le schorre au fur et à mesure que ce dernier se développe. Cette irrégularité
permet la concentration de l’eau marine montante et descendante le long d’itinéraires sinueux qui échappent à la colonisation par les plantes et se perpétuent en se
calibrant. Si les chenaux principaux paraissent stables, les chenaux secondaires,
moins larges et moins profonds, évoluent en migrant latéralement. Les berges
concaves des méandres, sapées par les courants et minées par des terriers de crabes
(Corophium volutator), reculent en s’éboulant tandis que les rives convexes
s engraissent par dépôt de sédiments. Les chenaux du schorre sont souvent accompagnés de levées, parfois dissymétriques, hautes de quelques décimètres et
constituées par du matériel moins fin que celui qui s’accumule sur les interfluves.
Un schorre montre aussi, isolées ou groupées, de petites dépressions fermées, de
diamètre d ordre métrique et de profondeur décimétrique, aux bords raides quand
elles ont tendance à s’agrandir. Ces cuvettes ont une forme plus ou moins régulière, ronde, ovale ou allongée (photo 26). À l’occasion de la submersion du
schorre, elles se remplissent d’eau dont la teneur en sel se concentre avec l’évaporation. Elles peuvent s assécher. Leur fond est dépourvu de végétation. Elles sont
parfois capturées par des chenaux au cours de la migration de ces derniers.
