Les marais maritimes
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brusques déplacements. D'une façon générale, il y a plus de chenaux à l’aval qu’à
l’amont de la slikke parce qu’ils sont progressivement colmatés dans leur partie
supérieure à mesure que progresse la sédimentation.
► La haute slikke n’existe pas là où une microfalaise, parfois appelée talard,
sépare la slikke du schorre. Cet abrupt de hauteur décimétrique, voire métrique, se
rencontre dans des parties battues par l’eau ou sapées par des chenaux de marée. Il
recule en s’éboulant par blocs.
La haute slikke (pente 10 à 20 %o) n’est pas inondée à chaque marée. Elle
correspond à l’étage des laisses des pleines mers les plus fréquentes, là où se fait la
sédimentation maximale (fig. 44). C’est donc, de ce point de vue, un secteur privilégié. Les chenaux y sont rares car ils sont effacés par l’accrétion progressive. La
végétation fait son apparition : pieds isolés de salicornes, touffes pionnières,
rondes ou annulaires, de spartines. Des périodes prolongées d’émersion donnent
naissance à des fentes de dessiccation sur la haute slikke.
► Le schorre (sait marsh en anglais), inondé seulement lors des grandes marées
de vives-eaux, est plus ferme et plus haut que la slikke, mais il ne correspond pas,
comme on l’a parfois soutenu, à un niveau marin holocène plus élevé que celui
d’aujourd’hui. Il représente une forme actuelle, associée à la slikke, aux dépens de
laquelle il se développe par accroissement latéral, tout en s’exhaussant, sauf là où
un talard indique qu’il est en cours d’érosion.
La pente du schorre, très faible puisqu’elle est inférieure à 1 %o, est généralement conforme, c’est-à-dire inclinée en direction de la mer. Mais, il existe aussi
des schorres contraires, qui se relèvent légèrement vers l’aval, lorsque, par suite de
l’agitation de l’eau et de la présence de sédiments moins fins que la vase, des
levées de tempête ont été édifiées sur leur bord externe.
En dehors des chenaux qui le traversent et des mares qui le trouent, le schorre
est couvert par une végétation, basse et dense, de plantes halophiles, annuelles et
vivaces. L’arbre en est exclu. C’est Lherbu dont les composantes sont des phanérogrames tolérantes vis-à-vis de la salure, résistantes aussi aux mouvements de flux
Fig. 44. — Extension latérale d'un schorre par avancée du talus supérieur
de la haute slikke parallèlement à lui-même (d’après F. Verger, 1968).
1 : schorre. 2 : marge externe du schorre. 3 : talus supérieur de la haute slikke. 4 . haute
slikke. a-b-c-d-e et a'-b'-c'-d'-e' : profils successifs.
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brusques déplacements. D'une façon générale, il y a plus de chenaux à l’aval qu’à
l’amont de la slikke parce qu’ils sont progressivement colmatés dans leur partie
supérieure à mesure que progresse la sédimentation.
► La haute slikke n’existe pas là où une microfalaise, parfois appelée talard,
sépare la slikke du schorre. Cet abrupt de hauteur décimétrique, voire métrique, se
rencontre dans des parties battues par l’eau ou sapées par des chenaux de marée. Il
recule en s’éboulant par blocs.
La haute slikke (pente 10 à 20 %o) n’est pas inondée à chaque marée. Elle
correspond à l’étage des laisses des pleines mers les plus fréquentes, là où se fait la
sédimentation maximale (fig. 44). C’est donc, de ce point de vue, un secteur privilégié. Les chenaux y sont rares car ils sont effacés par l’accrétion progressive. La
végétation fait son apparition : pieds isolés de salicornes, touffes pionnières,
rondes ou annulaires, de spartines. Des périodes prolongées d’émersion donnent
naissance à des fentes de dessiccation sur la haute slikke.
► Le schorre (sait marsh en anglais), inondé seulement lors des grandes marées
de vives-eaux, est plus ferme et plus haut que la slikke, mais il ne correspond pas,
comme on l’a parfois soutenu, à un niveau marin holocène plus élevé que celui
d’aujourd’hui. Il représente une forme actuelle, associée à la slikke, aux dépens de
laquelle il se développe par accroissement latéral, tout en s’exhaussant, sauf là où
un talard indique qu’il est en cours d’érosion.
La pente du schorre, très faible puisqu’elle est inférieure à 1 %o, est généralement conforme, c’est-à-dire inclinée en direction de la mer. Mais, il existe aussi
des schorres contraires, qui se relèvent légèrement vers l’aval, lorsque, par suite de
l’agitation de l’eau et de la présence de sédiments moins fins que la vase, des
levées de tempête ont été édifiées sur leur bord externe.
En dehors des chenaux qui le traversent et des mares qui le trouent, le schorre
est couvert par une végétation, basse et dense, de plantes halophiles, annuelles et
vivaces. L’arbre en est exclu. C’est Lherbu dont les composantes sont des phanérogrames tolérantes vis-à-vis de la salure, résistantes aussi aux mouvements de flux
Fig. 44. — Extension latérale d'un schorre par avancée du talus supérieur
de la haute slikke parallèlement à lui-même (d’après F. Verger, 1968).
1 : schorre. 2 : marge externe du schorre. 3 : talus supérieur de la haute slikke. 4 . haute
slikke. a-b-c-d-e et a'-b'-c'-d'-e' : profils successifs.
