Variations sur les estrans des côtes atlantiques • 59
Laminaria hyperborea
et son mantelet; noter
l'étranglement entre
l'ancienne lame,
à gauche, et la nouvelle
lame en formation,
à droite (cliché JYF).
le bas du thalle, et vient nourrir en partie la nouvelle lame en croissance
en passant par l'étranglement évoqué plus haut. Un tel transport orienté,
à longue distance, de substances carbonées et phosphorées, sorte de sève
élaborée, a été mis en évidence, chez toutes les Laminariales et chez la
plupart des Fucales testées, à l'aide de marquages au 14C et au 32P.
Dans le cas de Laminaria hyperborea, le rétrécissement situé entre l'ancienne et la nouvelle lame en formation, devenu une région de grande
fragilité, finit par se briser sous l'effet des mouvements de l'eau. L'ancienne lame se détache alors et part à la dérive : ce sont ces épaves qui
viennent s'accumuler sur les plages aux mois d'avril et de mai. Cet arrivage massif ne doit pas être confondu avec une quelconque maladie des
Algues ou attribué à une pollution (évoquée quelquefois, à tort, lors de
certains échouages de pétroliers): il s'agit d'un phénomène cyclique
naturel qui ponctue le développement annuel de Laminaria hyperborea
sur les côtes atlantiques européennes. En certaines régions, d'autres
espèces, telles que L. saccharina, peuvent également présenter de manière
habituelle un développement discontinu.
Comment reconnaître les Laminaires fertiles
Le cycle de développement des Laminaires comporte la succession de
deux générations très dissemblables tant par leur taille que par leur
morphologie. Les grands thalles que l'on observe dans la nature sont des
sporophytes qui produisent des spores nageuses. Celles-ci se développent
en gamétophytes mâles et en gamétophytes femelles microscopiques,
réduits à quelques cellules, et donc pas observables sur le terrain. Les
sporophytes sont généralement fertiles pendant la saison froide et en
toutes saisons pour certaines espèces. Chez les Laminaria, ils présentent
alors des taches ou des marbrures foncées à la surface de la lame. Ce sont
des sores de sporocystes. Chez d'autres Laminariales telles Alaria, Undaria,
les sores sont produits par des lames spécialisées appelées sporophylles
(fig. 58), apparaissant au moment de la reproduction.
Laminaria hyperborea
et son mantelet; noter
l'étranglement entre
l'ancienne lame,
à gauche, et la nouvelle
lame en formation,
à droite (cliché JYF).
le bas du thalle, et vient nourrir en partie la nouvelle lame en croissance
en passant par l'étranglement évoqué plus haut. Un tel transport orienté,
à longue distance, de substances carbonées et phosphorées, sorte de sève
élaborée, a été mis en évidence, chez toutes les Laminariales et chez la
plupart des Fucales testées, à l'aide de marquages au 14C et au 32P.
Dans le cas de Laminaria hyperborea, le rétrécissement situé entre l'ancienne et la nouvelle lame en formation, devenu une région de grande
fragilité, finit par se briser sous l'effet des mouvements de l'eau. L'ancienne lame se détache alors et part à la dérive : ce sont ces épaves qui
viennent s'accumuler sur les plages aux mois d'avril et de mai. Cet arrivage massif ne doit pas être confondu avec une quelconque maladie des
Algues ou attribué à une pollution (évoquée quelquefois, à tort, lors de
certains échouages de pétroliers): il s'agit d'un phénomène cyclique
naturel qui ponctue le développement annuel de Laminaria hyperborea
sur les côtes atlantiques européennes. En certaines régions, d'autres
espèces, telles que L. saccharina, peuvent également présenter de manière
habituelle un développement discontinu.
Comment reconnaître les Laminaires fertiles
Le cycle de développement des Laminaires comporte la succession de
deux générations très dissemblables tant par leur taille que par leur
morphologie. Les grands thalles que l'on observe dans la nature sont des
sporophytes qui produisent des spores nageuses. Celles-ci se développent
en gamétophytes mâles et en gamétophytes femelles microscopiques,
réduits à quelques cellules, et donc pas observables sur le terrain. Les
sporophytes sont généralement fertiles pendant la saison froide et en
toutes saisons pour certaines espèces. Chez les Laminaria, ils présentent
alors des taches ou des marbrures foncées à la surface de la lame. Ce sont
des sores de sporocystes. Chez d'autres Laminariales telles Alaria, Undaria,
les sores sont produits par des lames spécialisées appelées sporophylles
(fig. 58), apparaissant au moment de la reproduction.
