La pâle lumière de l'aube filtrait à travers un ndeau de brume qui tardait à se lever sur une nouvelle journée.
Après une nuit de navigation, nous aunons dû être en vue de San Clemente, une île de I archipel des Channel Islands,
qui s'étire à une soixantaine de milles au large de la Californie, au sud de Los Angeles. La surface de I océan semblait
lisse et immobile, seulement parcourue par une longue houle à peine perceptible.
Ce furent des odeurs de varech et le bruissement du ressac sur des rochers qui nous avertirent de la proximité de
la côte, avant même que* celle-ci fût visible. La proue de notre bateau labourait un épais tapis d énormes feuilles qui
recouvraient la mer de façon presque homogène. Il s'agissait du sommet de très longues algues lamineuses, enracinées à plus d'une quinzaine de mètres de profondeur et qui se dressaient jusqu'à la surface, soutenues par des vésicules gazeuses faisant office de flotteurs. A travers la brume du matin, I*î1e apparut enfin, aride, rocailleuse, auréolée
de nuages blancs ébounffés par le vent
Un couple de lions de mer se laissait ballotter par les vagues entre les récifs.
Noir, letâmc, l'ancre dans une baie au fond sablonneux. L'eau était d'une belle couleur bleue et d’une limpidité qui permettait de distinguer nettement le haut de l'ancre émergeant du sable, à une dizaine de mètres au-dessous de nous.
La forêt de kelp n'était pas une expérience nouvelle pour moi. Je me souvenais de cette ambiance de clair-obscur
des mouvements lents et rythmés, presque solennels, des longues tiges des algues, du jeu de la lumière filtrant entre
les larges feuilles étalées à la surface. Mais à San Clemente, ce n'était pas tout à fait pareil, comme je ne tardai pas à
m'en rendre compte en nageant au-dessus de la plate-forme sableuse en direction de la forêt sous-marine.
Ici. l'eau était limpide et bleue, sans cette tonalité gris-vert que l'on trouve aux latitudes plus extrêmes, où les eaux
sont chargées de plancton. Ici, c'était le bleu du Pacifique de mes rêves qui dominait Et, sans un instant d'hésitation,
je m'enfonçai dans la forêt, en gardant tous mes sens en éveil.
Comme d'habitude dans ce genre de situation, ce qui retint en premier lieu mon attention, ce fut l’ambiance générale
de l’endroit où je me trouvais. D'emblée, je fus fasciné par l’impression de paix, de sérénité, qui émanait de la forêt
dans la lumière du petit matin. Je me déplaçais lentement en sinuant entre les tiges mouvantes de ces arbres appartenant au royaume de
Neptune. Comme cela
m'était déjà arrivé quelques
fois depuis le début de ma
carrière de globe-trotter
subaquatique, je me sentis
véritablement plongé dans
un « monde du silence ».
Ce fut donc silencieusement, discrètement, comme
sur la pointe des pieds, que
j'entrepris de parcourir
cette forêt magique.
Après une nuit de navigation, nous aunons dû être en vue de San Clemente, une île de I archipel des Channel Islands,
qui s'étire à une soixantaine de milles au large de la Californie, au sud de Los Angeles. La surface de I océan semblait
lisse et immobile, seulement parcourue par une longue houle à peine perceptible.
Ce furent des odeurs de varech et le bruissement du ressac sur des rochers qui nous avertirent de la proximité de
la côte, avant même que* celle-ci fût visible. La proue de notre bateau labourait un épais tapis d énormes feuilles qui
recouvraient la mer de façon presque homogène. Il s'agissait du sommet de très longues algues lamineuses, enracinées à plus d'une quinzaine de mètres de profondeur et qui se dressaient jusqu'à la surface, soutenues par des vésicules gazeuses faisant office de flotteurs. A travers la brume du matin, I*î1e apparut enfin, aride, rocailleuse, auréolée
de nuages blancs ébounffés par le vent
Un couple de lions de mer se laissait ballotter par les vagues entre les récifs.
Noir, letâmc, l'ancre dans une baie au fond sablonneux. L'eau était d'une belle couleur bleue et d’une limpidité qui permettait de distinguer nettement le haut de l'ancre émergeant du sable, à une dizaine de mètres au-dessous de nous.
La forêt de kelp n'était pas une expérience nouvelle pour moi. Je me souvenais de cette ambiance de clair-obscur
des mouvements lents et rythmés, presque solennels, des longues tiges des algues, du jeu de la lumière filtrant entre
les larges feuilles étalées à la surface. Mais à San Clemente, ce n'était pas tout à fait pareil, comme je ne tardai pas à
m'en rendre compte en nageant au-dessus de la plate-forme sableuse en direction de la forêt sous-marine.
Ici. l'eau était limpide et bleue, sans cette tonalité gris-vert que l'on trouve aux latitudes plus extrêmes, où les eaux
sont chargées de plancton. Ici, c'était le bleu du Pacifique de mes rêves qui dominait Et, sans un instant d'hésitation,
je m'enfonçai dans la forêt, en gardant tous mes sens en éveil.
Comme d'habitude dans ce genre de situation, ce qui retint en premier lieu mon attention, ce fut l’ambiance générale
de l’endroit où je me trouvais. D'emblée, je fus fasciné par l’impression de paix, de sérénité, qui émanait de la forêt
dans la lumière du petit matin. Je me déplaçais lentement en sinuant entre les tiges mouvantes de ces arbres appartenant au royaume de
Neptune. Comme cela
m'était déjà arrivé quelques
fois depuis le début de ma
carrière de globe-trotter
subaquatique, je me sentis
véritablement plongé dans
un « monde du silence ».
Ce fut donc silencieusement, discrètement, comme
sur la pointe des pieds, que
j'entrepris de parcourir
cette forêt magique.
