Le Pacifique, lui aussi, a dû céder
de la place aux terres émergées,
quand les glaciers recouvrirent la
planète. Mais il eut ensuite sa
revanche, quand le réchauffement
du climat fit fondre les glaces et
qu'il put envahir les terres.
Cet océan, je l'ai parcouru pendant
de nombreuses années. J'ai connu
ses sautes d'humeur j'ai été ballotté
par la puissante houle des latitudes
les plus froides. Je me suis émerveillé devant la pureté cristalline
des eaux entourant les îles des
mers du Sud, ces îles de rêve bordées par des barrières coralliennes
qui délimitent des lagons couleur
émeraude. Mais, une fois seulement, j'ai débarqué sur une île qui,
par son seul aspect, a été capable
de me raconter toute l’histoire,
tous les événements dont elle a été
le témoin au cours de cette dernière ère géologique.
Il s’agit de Me des Pins, une île intimement liée à la mer et aux coraux
qui l'ont fait surgir, à une époque
lointaine, à l'extrémité méridionale
de la Nouvelle-Calédonie, cet
archipel français situé à l'autre bout
du monde, entre l'Australie et les
îles Fidji.
Grande Terre, la principale île de ce
territoire d'outre-mer, a l'aspect
d’une bande étroite qui s’étire sur
environ 400 kilomètres de long et
que domine, d’un bout à l'autre,
une abrupte chaîne montagneuse.
En haut : on croit souvent que plus on remonte vers le nord, plus la vie sous-marine perd en richesse. Les couleurs éclatantes de
ces gorgones et de ces anthoxoaires photographiés aux Channel Islands témoignent du contraire. Ci-dessus : la structure labyrinthique de ce corail cerveau de Nouvelle-Caledonie est formée par la juxtaposition d'innombrables polypes gainés de calcaire.
A droite : les feuilles du kelp sont soutenues par des petites vésicules qui leur permettent de se rapprocher de la lumière.
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