I
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'• -v,
En haut : la partie avant de la coque a été déchiquetée par une explosion et, par
prudence, nous préférons ne pas y pénétrer. A droite : gros plan sur une rambarde ;
la mer semble avoir voulu prendre sa revanche sur ce bateau qui avait menacé son
équilibré biologique. Des castagnoles évoluent paisiblement dans un foisonnement
de crinoïdes et d’organismes encroûtants d'espèces diverses.
A moins 56 mètres, le spectacle était encore plus impressionnant : énormes
tubulures, treuils, tôles déchiquetées, sabords arrachés, et tout cela couvert
d’éponges, d’alcyonaires et surtout de millions, peut-être même de milliards,
de cnnoïdes blancs, orange, rouges, roses, jaunes, dont les longs bras plumeux
ondulaient doucement dans les courants. Derrière le château, nous trouvâmes la piscine, où quelques langoustes étaient tapies au milieu des crinoïdes. Nous nous penchâmes par-dessus le bastingage pour tenter
d’apercevoir le fond, recouvert d’une épaisse couche de goudron. Autour
de nous explosait la vie, mais là, en bas, c était le désert
Comment expliquer que l’épave d’un pétrolier soit aujourd'hui devenue cet
extraordinaire foisonnement de vie ? Sans doute est-ce dû à l’incendie qui
en a nettoyé les surfaces, permettant ainsi aux organismes marins de les coloniser rapidement. Les premiers arrivés y ont occupé les meilleures places, en
tenant à l’écart d’autres formes de vie. Tel est notamment le cas des comatules, qui ont été les premières à s’implanter et ont proliféré dans des proportions exceptionnelles. Les autres espèces, plus tardives, ont dû s'adapter
lutter pour survivre et se ménager de petits territoires. Mais la mer n'est pas
pressée. La conquête de nouveaux espaces par des organismes marins se
fait à long terme, selon des processus qui impliquent des luttes acharnées et
des alliances durables ou épisodiques. Pour nous autres, plongeurs, peu
importe quelle en sera l'évolution. Le Haven a désormais mis un point final à
ses voyages, ancien ennemi de la mer devenu l’expression même de sa vitalité.
(VP)
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En haut : la partie avant de la coque a été déchiquetée par une explosion et, par
prudence, nous préférons ne pas y pénétrer. A droite : gros plan sur une rambarde ;
la mer semble avoir voulu prendre sa revanche sur ce bateau qui avait menacé son
équilibré biologique. Des castagnoles évoluent paisiblement dans un foisonnement
de crinoïdes et d’organismes encroûtants d'espèces diverses.
A moins 56 mètres, le spectacle était encore plus impressionnant : énormes
tubulures, treuils, tôles déchiquetées, sabords arrachés, et tout cela couvert
d’éponges, d’alcyonaires et surtout de millions, peut-être même de milliards,
de cnnoïdes blancs, orange, rouges, roses, jaunes, dont les longs bras plumeux
ondulaient doucement dans les courants. Derrière le château, nous trouvâmes la piscine, où quelques langoustes étaient tapies au milieu des crinoïdes. Nous nous penchâmes par-dessus le bastingage pour tenter
d’apercevoir le fond, recouvert d’une épaisse couche de goudron. Autour
de nous explosait la vie, mais là, en bas, c était le désert
Comment expliquer que l’épave d’un pétrolier soit aujourd'hui devenue cet
extraordinaire foisonnement de vie ? Sans doute est-ce dû à l’incendie qui
en a nettoyé les surfaces, permettant ainsi aux organismes marins de les coloniser rapidement. Les premiers arrivés y ont occupé les meilleures places, en
tenant à l’écart d’autres formes de vie. Tel est notamment le cas des comatules, qui ont été les premières à s’implanter et ont proliféré dans des proportions exceptionnelles. Les autres espèces, plus tardives, ont dû s'adapter
lutter pour survivre et se ménager de petits territoires. Mais la mer n'est pas
pressée. La conquête de nouveaux espaces par des organismes marins se
fait à long terme, selon des processus qui impliquent des luttes acharnées et
des alliances durables ou épisodiques. Pour nous autres, plongeurs, peu
importe quelle en sera l'évolution. Le Haven a désormais mis un point final à
ses voyages, ancien ennemi de la mer devenu l’expression même de sa vitalité.
(VP)
