est
e vastes étendues de fonds
marins, qui ressemblent à
des prairies ou à des
forêts, caractérisent chacune des mers du globe.
En Méditerranée, ce qui
dominant, ce sont les herbiers
de posidonies (Posidonia oceanica),
une plante verté - et non une algue
qui pousse sur des fonds sableux
ou détritiques pouvant atteindre
35 à 40 mètres de profondeur et qui
se développe jusqu'à la surface, où
elle forme un dense couvert. Aboutissement d'un long parcours évolutif, Posidonia oceanica a d’abord vécu
sur la terre ferme, avant d'entreprendre la conquête du milieu
marin, auquel elle s'est adaptée sans
perdre pour autant ses caractérisI
« 2
tiques de plante supérieure, avec
fleurs et fruits. Elle s'implante dans
les sédiments par des racines et des
rhizomes qui se développent soit à
l’honzontale, soit à la verticale, avec
un rythme de croissance de l’ordre
de I centimètre par an. Des rhizomes partent des feuilles rubanées
atteignant jusqu’à 1.50 m de long,
regroupées par faisceaux de cinq ou
six et capables de produire quotidiennement 14 litres d’oxygène au
mètre carré.
En dépit de sa ressemblance avec des arbres, le kelp n’est pas une plante
verte, mais une algue brune géante, incapable de vivre hors de l’eau, qui
lui sert d’élément nutritif et de support. Espèce relativement complexe,
Macrocystis pyrifera a substitué au simple thalle des autres algues des parties
diversement spécialisées, mais qui ne réalisent pas pour autant une réelle
répartition en tissus et en organes, comme chez les plantes supérieures.
Sa longue tige adhère solidement au fond au moyen d’expansions semblables
à des tentacules et se dresse vers le haut grâce au soutien de vésicules pleines
d’air qui font office de flotteurs (ci-dessus). De ces tiges partent de grandes
feuilles (à gauche), elles aussi soutenues par des vésicules flottantes qui leur
permettent de se déployer largement dans l’eau pour intercepter la lumière
solaire indispensable à la production d’énergie par photosynthèse. Cette
énergie est telle qu’elle permet au kelp de se développer jusqu’à 30 à
40 mètres de hauteur, à un rythme de 20 à 30 centimètres par jour.
Mais ce qui est plus fascinant
encore, c'est le monde qui gravite
autour de ces herbiers, qui constituent des milieux biologiques d’une
très grande vitalité. Depuis la surface
de la mer; leur étagement vers le
bas se traduit par une luminosité
décroissante et une hydrodynamique de moins en moins marquée,
avec pour conséquence des habitats
différents à chaque niveau.
Sur les feuilles s'implantent algues
microscopiques, foraminifères, bryoCi-dessus : A l'ombre d’une touffe de posidonies s’est développée une gorgone. La
présence de cette espèce, peu fréquente dans les herbiers, témoigne de la diversité
des milieux que cette biocénose est capable de créer à l’intérieur des zones qu’elle
occupe. Stade final d’une succession de peuplements qui prépare le fond à son
implantation et à son développement, l’herbier de Posidonia oceanica joue un rôle
fondamental dans les écosystèmes côtiers.
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