Sur les restes d'un cargo, le Jolanda (sa cargaison est encore visible aujourd’hui. éparpillée autour de l’épave), régnait un énorme poisson-napoléon,
avide des œufs que les plongeurs avaient pns la mauvaise habitude de lui
apporter II accompagnait donc toutes nos évolutions, tournant autour de
nous pour voir si nous n’allions pas lui tendre un sac rempli de ses friandises
favorites. Aujourd’hui, il n'y est plus. Certains disent qu’il s'est étouffé en avalant un sac en plastique rempli d'œufs qu'il avait arraché à un plongeur et
d'autres pensent qu’il a dû finir par mourir d’indigestion.
Ayant eu récemment l’occasion de retourner plonger dans le secteur de Ras
Mohammed, j’ai pu constater que les couleurs y sont toujours aussi belles.
Ce qui reste du Jolanda est même orné d’un plus grand foisonnement
d’alcyonaires qu'autrefois. A l'évidence, cela tient en partie aux mesures de
protection qui ont été prises par le gouvernement égyptien depuis quelques
années, devant la vogue sans cesse accrue des activités subaquatiques dans
cette région. Il me faut ajouter cependant que j’y ai vu beaucoup moins de
poissons qu'autrefois. C'est notamment vrai des grands prédateurs, qui ne
se laissent désormais plus approcher
Certes, une seule immersion ne suffit pas pour tirer des conclusions définitives. Mais, compte tenu de mon expérience, les différences que j’ai notées
n’en sont pas moins évidentes. A présent, tout est devenu plus facile, les activités subaquatiques se sont largement popularisées, et toutes sortes de sites,
jadis inaccessibles, s’offrent désormais aux regards d’un nombre grandissant
de visiteurs. Mais il faut en payer le prix. Espérons seulement que celui-ci ne
se révélera pas trop élevé.
Reste que l’Egypte n’a pas l'exclusivité de la mer Rouge : il y a aussi le
Soudan, et là encore c'est l'aventure. Les services aériens continuent d'y être très aléatoires, les vols pouvant avoir
jusqu’à un ou deux jours de retard, et les formalités administratives sont souvent interminables. Mais, en compensation, une semaine de bateau en compagnie d’un de ces courageux skippers qui ont fait de la mer leur raison de vivre
je pense notamment à Gianm Mandarino - est l'une des expériences les plus intenses que puisse vivre un plongeur
Au Soudan, on peut s'immerger dans l'histoire même de l'aventure subaquatique, avec le légendaire Shaab Roumi, à
bord duquel le commandant Cousteau réalisa, en 1963, la première expérience de « vie sous la mer ». On peut
encore voir les traces de cette opération, avec les coupoles submergées où quelques chercheurs sont restés plusieurs jours à une dizaine de mètres de profondeur Légèrement au sud de ce site, devant un promontoire où les
courants sont parfois si violents qu'ils retournent les palmes des plongeurs, il est possible d'apercevoir certaines des
plus fortes concentrations de grands poissons pélagiques que l'on puisse imaginer : carangidés et barracudas à l'abri
des parois rocheuses, et. un peu plus au large, un constant va-et-vient de requins, notamment de requins-marteaux.
Ci-dessus : l'élégante pirouette exécutée par ce poisson-chauve-souris (Platax orbicularis) met en évidence la forme triangulaire
et les longues nageoires qui caractérisent les jeunes de cette espèce. A droite : les complexes entrelacs d’une éponge servent
de support aux polypes de couleur nettement contrastée d’un madrépore dendrophylle.
avide des œufs que les plongeurs avaient pns la mauvaise habitude de lui
apporter II accompagnait donc toutes nos évolutions, tournant autour de
nous pour voir si nous n’allions pas lui tendre un sac rempli de ses friandises
favorites. Aujourd’hui, il n'y est plus. Certains disent qu’il s'est étouffé en avalant un sac en plastique rempli d'œufs qu'il avait arraché à un plongeur et
d'autres pensent qu’il a dû finir par mourir d’indigestion.
Ayant eu récemment l’occasion de retourner plonger dans le secteur de Ras
Mohammed, j’ai pu constater que les couleurs y sont toujours aussi belles.
Ce qui reste du Jolanda est même orné d’un plus grand foisonnement
d’alcyonaires qu'autrefois. A l'évidence, cela tient en partie aux mesures de
protection qui ont été prises par le gouvernement égyptien depuis quelques
années, devant la vogue sans cesse accrue des activités subaquatiques dans
cette région. Il me faut ajouter cependant que j’y ai vu beaucoup moins de
poissons qu'autrefois. C'est notamment vrai des grands prédateurs, qui ne
se laissent désormais plus approcher
Certes, une seule immersion ne suffit pas pour tirer des conclusions définitives. Mais, compte tenu de mon expérience, les différences que j’ai notées
n’en sont pas moins évidentes. A présent, tout est devenu plus facile, les activités subaquatiques se sont largement popularisées, et toutes sortes de sites,
jadis inaccessibles, s’offrent désormais aux regards d’un nombre grandissant
de visiteurs. Mais il faut en payer le prix. Espérons seulement que celui-ci ne
se révélera pas trop élevé.
Reste que l’Egypte n’a pas l'exclusivité de la mer Rouge : il y a aussi le
Soudan, et là encore c'est l'aventure. Les services aériens continuent d'y être très aléatoires, les vols pouvant avoir
jusqu’à un ou deux jours de retard, et les formalités administratives sont souvent interminables. Mais, en compensation, une semaine de bateau en compagnie d’un de ces courageux skippers qui ont fait de la mer leur raison de vivre
je pense notamment à Gianm Mandarino - est l'une des expériences les plus intenses que puisse vivre un plongeur
Au Soudan, on peut s'immerger dans l'histoire même de l'aventure subaquatique, avec le légendaire Shaab Roumi, à
bord duquel le commandant Cousteau réalisa, en 1963, la première expérience de « vie sous la mer ». On peut
encore voir les traces de cette opération, avec les coupoles submergées où quelques chercheurs sont restés plusieurs jours à une dizaine de mètres de profondeur Légèrement au sud de ce site, devant un promontoire où les
courants sont parfois si violents qu'ils retournent les palmes des plongeurs, il est possible d'apercevoir certaines des
plus fortes concentrations de grands poissons pélagiques que l'on puisse imaginer : carangidés et barracudas à l'abri
des parois rocheuses, et. un peu plus au large, un constant va-et-vient de requins, notamment de requins-marteaux.
Ci-dessus : l'élégante pirouette exécutée par ce poisson-chauve-souris (Platax orbicularis) met en évidence la forme triangulaire
et les longues nageoires qui caractérisent les jeunes de cette espèce. A droite : les complexes entrelacs d’une éponge servent
de support aux polypes de couleur nettement contrastée d’un madrépore dendrophylle.
