Autrefois, à cet endroit on ne rencontrait jamais personne. Aujourd'hui, c'est un va-et vient continuel d'embarcations
diverses (j'en ai compté plus de quarante en quelques heures) qui déversent quotidiennement des centaines de plongeurs. Dans la mer, les innombrables câbles d'ancres ressemblent à un filet où les poissons risquent de se faire pie
ger Et pourtant les épaves demeurent aussi belles, aussi grouillantes de vie.
Non loin de là se trouve Charm el-Cheikh. considéré comme la perle du Smaï. Entre plongeurs, les avis sont parti
gés quant aux méntes comparés de Hurghada et de Charm el-Cheikh. Pour ma part je préfère ne pas avoir de position tranchée : je me souviens seulement des grandes émotions éprouvées à l'époque où le tounsme ne s était pas
encore développé. La plupart des immersions se faisaient alors à partir de la plage, en parcourant des dizaines de
mètres, avec tout notre équipement, sur des récifs affleurant la surface (les plongeurs d'aujourd'hui vont peut être se
récrier, mais je tiens à souligner qu'à l'époque nous
n'avions pas le choix), risquant constamment de
glisser et de tomber, avant de pouvoir enfin se
laisser aller dans une mer aux richesses encore
totalement inexplorées.
Il y a là Ras Mohammed, le paradis absolu, le rêve
de tout plongeur qui se respecte : une paroi se
précipitant à perte de vue dans le bleu d'une eau
extrêmement limpide, hérissée d'énormes gorgones atteignant plus de 2 mètres d'envergure,
qu'entourent des coraux mous et multicolores :
rouges, fuchsia, blancs, jaunes.
Chaque relief est animé par un indescnptible et
multiforme foisonnement de vie : superbes poissons-papillons jaune et bleu, mérous d'un rose
orangé vif moucheté d’azur, poissons-soldats,
énormes rascasses, raies tachetées.
Plus loin, surtout là où les courants se font davantage sentir c'est le domaine des grands bancs et
des rencontres inattendues : ombrines, dentés,
carangidés, squales gns et parfois même requinsmarteaux, mourines. mantes, barracudas.
A gauche : un petit poisson-clown (Amphiprion bifatciatut) observe craintivement le plongeur, protégé par le foisonnement des
tentacules de l’anémone de mer (Heteroctii magnifico) qui l'héberge. Ci-dessus : grâce a son camouflage, un tout petit
gastéropode passe presque inaperçu sur la gorgone qui lui procure un habitat idéal, puisqu'il y trouve a la fois un refuge et de
quoi se nourrir.
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