I I y a une vingtaine d’années, se
rendre sur les plages de Hurghada
et de Charm el-Cheikh relevait
encore de l’aventure. D'abord, il fallait affronter l'incroyable pagaille qui
régnait à cette époque sur l'aéroport du Caire, où les avions partaient et arrivaient aux moments les
plus imprévisibles, n'étant jamais en
conformité avec les horaires prévus,
et où des milliers de personnes passaient leur temps à paresser ou à se
livrer à des occupations aussi
diverses que mystérieuses. Après
s'être extrait à grand-peine de cette
cohue, restait encore à trouver de la
place à bord d’un antique autocar
pour un trajet de sept à dix heures,
interrompu par de fréquents arrêts
à des postes militaires où des soldats semblaient avoir pour seule
distraction de contempler béatement pendant de longues minutes
les documents qu’ils nous demandaient de présenter
Amvé à Hurghada en pleine nuit,
on se retrouvait le matin sur le port sous un soleil accablant, à attendre que quelqu'un se décide à signer l'autorisation nécessaire pour faire sortir la felouque dont on s’était réservé les services. Et quand cette autorisation arrivait
enfin, le maître d'équipage, enveloppé dans un bumous qui, en d'autres temps, avait dû être blanc, se décidait à donner l’ordre à son mousse de larguer les amarres. Alors seulement, le bateau pouvait triomphalement sortir du port
pour affronter la mer et le méchant vent du nord qui souffle habituellement dans cette partie de la mer Rouge.
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