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ne enfilade de 2 000 îles disséminées dans l’océan Indien, au sud-ouest du Sri-Lanka, qui se partagent entre
une végétation verdoyante et des plages de sable blanc : telles sont les Maldives. Lorsqu'on laisse derrière
soi le dernier atoll des Maldives en faisant route cap au sud, une fois dépassé le petit archipel des Chagos,
on ne trouve plus qu’un immense désert liquide jusqu à I Antarctique. Cette brève présentation ne donne
qu’une faible idée de l'intime relation qui unit ces îles à la mer dont elles ont émergé à une époque lointaine de I histoire de la Terre. A première vue, il semblerait absurde d établir la moindre comparaison entre I Himalaya et cet archipel corallien. Pourtant, l'un et l'autre ont la même origine : la migration vers
le nord de la plaque indienne, ce qui provoqua, en un peu plus de 20 millions d’années, sa collision avec l'Asie et le soulèvement de la chaîne himalayenne. Or, au cours de son passage à travers l’océan, cette même plaque
laissa derrière elle une séné d’îles volcaniques qui furent peu à peu colonisées par des coraux. Ces îles volcaniques devenues ensuite inactives commencèrent à s'enfoncer dans la mer, tandis que de nouveaux coraux
poussaient sur les restes fossilisés de leurs prédécesseurs, maintenant la partie vivante de ces récifs-barrières à proximité de la surface. De génération
en génération, les colonies de madrépores s'accumulèrent, recouvrant les
roches volcaniques, sous une couche de calcaire qui finit par entourer d’un
anneau plus ou moins continu chaque ancien cratère de volcan transformé
en lagon. Ainsi naquirent les atolls, dont le nom vient d'un mot maldivien :
atolu. Chaque atoll des Maldives est en fait formé de plusieurs petites îles
coralliennes (faru), séparées par des chenaux (kandu) qui font communiquer
l’océan avec le lagon. La principale différence entre un atoll et un faru ne tient
pas tellement à leurs dimensions respectives (il y a des atolls plus petits qu'un
faru et d'autnes qui sont énormes, comme ceux d’Huvadhoo ou de Suvadiva,
longs d'environ 75 kilomètres et large de 65), mais à la nature de leur souLe Plectorhinchut orientalit, aux rayures contrastées, est l’un des poissons les plus
communs de l’archipel des Maldives, bien que son aire de distribution s’étende des
côtes d'Afrique aux îles Samoa, au centre du Pacifique.
bassement : un atoll a pour base le
fond de l’océan, alors qu’un faru repose sur le fond d’un atoll. En observant
une carte des Maldives, on constate que les atolls se succèdent du nord au
sud, selon une forme qui, d'allongée, devient progressivement plus ou moins
circulaire. Ce phénomène est dû soit à un décalage dans le rythme de croissance des coraux d’un endroit à l'autre,
soit à l'action des moussons, les vents périodiques qui règlent le climat de ces régions, en soufflant du sud-ouest en
été et du nord-est en hiver. Ces alternances saisonnières ont déterminé le développement d'une double rangée
d’atolls, du fait que les régimes océaniques opposés favorisent la croissance de tous les coraux et non pas seulement,
comme cela se produit ailleurs, de ceux qui sont soumis aux vents dominants.
Mais les Maldives sont beaucoup plus que cela, et l’on manque de mots suffisamment évocateurs pour les décrire.
Reste qu'à propos de ces atolls aux couleurs étincelantes il importe au moins de faire comprendre au grand public
quelles en sont la valeur et l’importance : il s’agit d’un véritable laboratoire vivant, à l'équilibre fragile et dont la superficie n’atteint pas 300 kilomètres carrés. Or, selon certaines prévisions, ce même océan qui a fait naître l’archipel et
l’a maintenu en vie risque à présent de le faire disparaître, par élévation de son niveau en raison de l'effet de serre.
Ce phénomène peut paraître paradoxal, si l’on ne tient pas compte du fait que certaines lois naturelles ne peuvent
être enfreintes impunément
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ne enfilade de 2 000 îles disséminées dans l’océan Indien, au sud-ouest du Sri-Lanka, qui se partagent entre
une végétation verdoyante et des plages de sable blanc : telles sont les Maldives. Lorsqu'on laisse derrière
soi le dernier atoll des Maldives en faisant route cap au sud, une fois dépassé le petit archipel des Chagos,
on ne trouve plus qu’un immense désert liquide jusqu à I Antarctique. Cette brève présentation ne donne
qu’une faible idée de l'intime relation qui unit ces îles à la mer dont elles ont émergé à une époque lointaine de I histoire de la Terre. A première vue, il semblerait absurde d établir la moindre comparaison entre I Himalaya et cet archipel corallien. Pourtant, l'un et l'autre ont la même origine : la migration vers
le nord de la plaque indienne, ce qui provoqua, en un peu plus de 20 millions d’années, sa collision avec l'Asie et le soulèvement de la chaîne himalayenne. Or, au cours de son passage à travers l’océan, cette même plaque
laissa derrière elle une séné d’îles volcaniques qui furent peu à peu colonisées par des coraux. Ces îles volcaniques devenues ensuite inactives commencèrent à s'enfoncer dans la mer, tandis que de nouveaux coraux
poussaient sur les restes fossilisés de leurs prédécesseurs, maintenant la partie vivante de ces récifs-barrières à proximité de la surface. De génération
en génération, les colonies de madrépores s'accumulèrent, recouvrant les
roches volcaniques, sous une couche de calcaire qui finit par entourer d’un
anneau plus ou moins continu chaque ancien cratère de volcan transformé
en lagon. Ainsi naquirent les atolls, dont le nom vient d'un mot maldivien :
atolu. Chaque atoll des Maldives est en fait formé de plusieurs petites îles
coralliennes (faru), séparées par des chenaux (kandu) qui font communiquer
l’océan avec le lagon. La principale différence entre un atoll et un faru ne tient
pas tellement à leurs dimensions respectives (il y a des atolls plus petits qu'un
faru et d'autnes qui sont énormes, comme ceux d’Huvadhoo ou de Suvadiva,
longs d'environ 75 kilomètres et large de 65), mais à la nature de leur souLe Plectorhinchut orientalit, aux rayures contrastées, est l’un des poissons les plus
communs de l’archipel des Maldives, bien que son aire de distribution s’étende des
côtes d'Afrique aux îles Samoa, au centre du Pacifique.
bassement : un atoll a pour base le
fond de l’océan, alors qu’un faru repose sur le fond d’un atoll. En observant
une carte des Maldives, on constate que les atolls se succèdent du nord au
sud, selon une forme qui, d'allongée, devient progressivement plus ou moins
circulaire. Ce phénomène est dû soit à un décalage dans le rythme de croissance des coraux d’un endroit à l'autre,
soit à l'action des moussons, les vents périodiques qui règlent le climat de ces régions, en soufflant du sud-ouest en
été et du nord-est en hiver. Ces alternances saisonnières ont déterminé le développement d'une double rangée
d’atolls, du fait que les régimes océaniques opposés favorisent la croissance de tous les coraux et non pas seulement,
comme cela se produit ailleurs, de ceux qui sont soumis aux vents dominants.
Mais les Maldives sont beaucoup plus que cela, et l’on manque de mots suffisamment évocateurs pour les décrire.
Reste qu'à propos de ces atolls aux couleurs étincelantes il importe au moins de faire comprendre au grand public
quelles en sont la valeur et l’importance : il s’agit d’un véritable laboratoire vivant, à l'équilibre fragile et dont la superficie n’atteint pas 300 kilomètres carrés. Or, selon certaines prévisions, ce même océan qui a fait naître l’archipel et
l’a maintenu en vie risque à présent de le faire disparaître, par élévation de son niveau en raison de l'effet de serre.
Ce phénomène peut paraître paradoxal, si l’on ne tient pas compte du fait que certaines lois naturelles ne peuvent
être enfreintes impunément
