La reproduction
oute l’histoire des organismes vivants se fonde
sur leur aptitude à se
reproduire. Depuis l'origine de la vie. d'innombrables individus ont ainsi
remplacé ceux qui mouraient et cela
selon des procédés que l’évolution a
rendus de plus en plus complexes et
perfectionnés. Certains sont aptes à
se reproduire en quelques dizaines
de minutes, alors que d'autres doivent attendre des dizaines d'années
avant d’en être capables, et de nombreux mois avant de voir l’aboutissement de leurs efforts.
La fonction de reproduction est si
impérative qu’elle peut se manifester
parfois au détriment de la vie ellemême. C'est ce qui se passe chez les
poulpes. Les femelles se consacrent
exclusivement aux soins et à la protection de leurs œufs, sans jamais
s'en éloigner ce qui les empêche de
se nourrir : au moment de l'éclosion,
la plupart sont tellement affaiblies
quelles finissent par mourir
Mais, dans la plupart des cas, la naissance d'une nouvelle génération ne
requiert pas le sacrifice de la précédente. Merlus, flets, maquereaux,
harengs et bien d’autres poissons
pondent des millions d'œufs à
chaque période de reproduction et
pendant de nombreuses années. Il en
va de même pour des myriades d’invertébrés, dont les phases reproductives sont d’une telle intensité quelles
peuvent en arriver à modifier la couleur de la mer comme c'est le cas au
moment de la reproduction des
madrépores le long de le Grande
Barrière de corail australienne.
Chez certains poissons, l’implication
dans la fonction reproductrice est,
pour ainsi dire, totale. Il s’agit des
espèces dont chaque individu passe
successivement par le stade mâle et
par le stade femelle, ou vice versa.
Sous l’eau comme ailleurs, la sexualité est une affaire assez compliquée,
aux contingences diverses. Dans le
cas des poissons territoriaux, chez
lesquels les mâles doivent se constituer un « harem », ceux-ci doivent
se battre et mieux vaut donc qu’ils
soient de grande taille. Chez d’autres
espèces, en revanche, il se révèle
plus avantageux que les mâles soient
plus petits que les femelles, lorsque
Ci-dessus : certaines petites espèces ont besoin de posséder un territoire pour
pouvoir se reproduire dans de bonnes conditions. Le mâle de Oxycirrhites
typui, qui vit généralement prés de gorgones d'une couleur analogue à la
sienne, attire un certain nombre de femelles qui l’accompagnent sur son
territoire. La période de reproduction donne lieu à une danse nuptiale
intermittente, qui se termine par l'émission d’oeufs que le mile féconde.
Ci-dessus :cet insolite mollusque (Umbraculum mediterraneum), surmonté
d’une coquille plate plus petite que lui, émet une sorte de ruban jaune : c’est
l’enveloppe protectrice de milliers d’œufs qui donneront naissance à des
larves. A gauche : œufs de calmar pris dans les tubes gélatineux et translucides
que la femelle fixe aux parois d’une grotte pour les protéger. A leur éclosion,
ces œufs libéreront de minuscules calmars, identiques à des adultes.
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