Après le coucher du soleil, la plupart des invertébrés récifaux
nocturnes quittent leur retraite diurne pour se nourrir. Les
coraux mous semblent le lieu de rende/ tous favori des crabes,
crevettes et étoiles de mer. Certains de ces organismes se
distinguent facilement, comme le crabe de corail ocre ou
l’ophiure rouge (en haut). D'autres, comme la crevette rouge de
corail, de la taille d’un ongle, sont presque invisibles (ci-dessus).
PAGE 75 Les poissons sont si nombreux sur le récif que les
espèces nocturnes et diurnes partagent les mêmes cachettes.
vement des vagues. Ils réapparaissent soudain, pour disparaître encore. Comme toujours, je suis stupéfait par les techniques de camouflage développées par les organismes récifaux pour se protéger de leurs prédateurs naturels.
Les poissons les plus abondants sont sans doute les poissons-papillons. Quatorze espèces aux couleurs très proches vivent en mer Rouge, parmi lesquelles sept
sont endémiques. La plupart des poissons-papillons s’accouplent pour la vie, et
patrouillent dans des territoires distincts pour brouter les polypes coralliens.
J’essaie de m’approcher des poissons-papillons et des poissons-anges, mais
ils se montrent craintifs et filent se mettre à l’abri dans une anfractuosité du récif
dès que j’approche à une distance d’un mètre. Un labre (Thalassoma sp.') semble
très inquisiteur : il nage presque devant mon masque, m’inspecte, et soudain s’éloigne à toute allure. Il revient rapidement, cette fois avec un congénère. Ils m’accompagnent tous deux pendant quelques instants, pour se fondre ensuite dans la myriade
des autres habitants du récif.
Bientôt la scène change, les animaux diurnes se retirent et laissent place
aux prédateurs nocturnes. Il est temps de rentrer au bateau, et de préparer mon
matériel de plongée et de photo pour la plongée de demain.
C’EST UN NOUVEAU JOUR sans nuage, calme, sans vent et tranquille. Le soleil du
matin commence à poindre au-dessus des montagnes du désert, nous accueillant
pour notre première plongée sur ce site. Mon objectif aujourd’hui est simple, mais
il constitue une véritable gageure : trouver une image qui illustre l’essence même
de la mer Rouge, une image comme celles du grand jardin de coraux mous et des
formations à éperons de Belize, des lions de mers s’ébattant sur les hauts fonds
près des îles Galapagos, ou des prairies d’algues et d’éponges du lac Baïkal.
Le capitaine Freddy me recommande le site de Sting Ray sur le récif « Alternatives ». Freddy, Susan et moi descendons comme trois parachutistes à une profondeur de 12 mètres. La visibilité n’est pas très bonne, peut-être une quinzaine
de métrés, et le site semble assez dénudé. Seules quelques têtes de coraux reposent
sur le fond sableux. Etonné, je regarde Freddy. Il nous fait signe de le suivre.
Nous nageons trois minutes contre un léger courant, et soudain un gros
pinacle corallien apparaît lentement. Il mesure environ 9 mètres de diamètre sur
74
La MER ROUGE
nocturnes quittent leur retraite diurne pour se nourrir. Les
coraux mous semblent le lieu de rende/ tous favori des crabes,
crevettes et étoiles de mer. Certains de ces organismes se
distinguent facilement, comme le crabe de corail ocre ou
l’ophiure rouge (en haut). D'autres, comme la crevette rouge de
corail, de la taille d’un ongle, sont presque invisibles (ci-dessus).
PAGE 75 Les poissons sont si nombreux sur le récif que les
espèces nocturnes et diurnes partagent les mêmes cachettes.
vement des vagues. Ils réapparaissent soudain, pour disparaître encore. Comme toujours, je suis stupéfait par les techniques de camouflage développées par les organismes récifaux pour se protéger de leurs prédateurs naturels.
Les poissons les plus abondants sont sans doute les poissons-papillons. Quatorze espèces aux couleurs très proches vivent en mer Rouge, parmi lesquelles sept
sont endémiques. La plupart des poissons-papillons s’accouplent pour la vie, et
patrouillent dans des territoires distincts pour brouter les polypes coralliens.
J’essaie de m’approcher des poissons-papillons et des poissons-anges, mais
ils se montrent craintifs et filent se mettre à l’abri dans une anfractuosité du récif
dès que j’approche à une distance d’un mètre. Un labre (Thalassoma sp.') semble
très inquisiteur : il nage presque devant mon masque, m’inspecte, et soudain s’éloigne à toute allure. Il revient rapidement, cette fois avec un congénère. Ils m’accompagnent tous deux pendant quelques instants, pour se fondre ensuite dans la myriade
des autres habitants du récif.
Bientôt la scène change, les animaux diurnes se retirent et laissent place
aux prédateurs nocturnes. Il est temps de rentrer au bateau, et de préparer mon
matériel de plongée et de photo pour la plongée de demain.
C’EST UN NOUVEAU JOUR sans nuage, calme, sans vent et tranquille. Le soleil du
matin commence à poindre au-dessus des montagnes du désert, nous accueillant
pour notre première plongée sur ce site. Mon objectif aujourd’hui est simple, mais
il constitue une véritable gageure : trouver une image qui illustre l’essence même
de la mer Rouge, une image comme celles du grand jardin de coraux mous et des
formations à éperons de Belize, des lions de mers s’ébattant sur les hauts fonds
près des îles Galapagos, ou des prairies d’algues et d’éponges du lac Baïkal.
Le capitaine Freddy me recommande le site de Sting Ray sur le récif « Alternatives ». Freddy, Susan et moi descendons comme trois parachutistes à une profondeur de 12 mètres. La visibilité n’est pas très bonne, peut-être une quinzaine
de métrés, et le site semble assez dénudé. Seules quelques têtes de coraux reposent
sur le fond sableux. Etonné, je regarde Freddy. Il nous fait signe de le suivre.
Nous nageons trois minutes contre un léger courant, et soudain un gros
pinacle corallien apparaît lentement. Il mesure environ 9 mètres de diamètre sur
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La MER ROUGE
